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PIXERECOURT René-Charles Guilbert de

PIXERECOURT René-Charles Guilbert de. Auteur dramatique français. Né à Nancy le 22 janvier 1773, mort dans la même ville le 27 juillet 1844. Fils d’un ancien officier qui était loin d’être indulgent, il fit ses études au collège de sa ville natale où il obtint de brillants succès. Après la prise de la Bastille, son père ayant choisi d’émigrer à Cologne (1791), il fut contraint de l’y suivre et d’entrer dans l’armée de Condé comme officier pour combattre la Révolution (1792). Ayant déserté peu après, il se rendit en Lorraine pour épouser la jeune fille qu’il aimait, et s’en fut avec elle se fixer à Paris. Pour vivre, il comptait avant tout sur sa vocation de dramaturge. Il devait vite déchanter : ayant écrit plusieurs pièces sous un pseudonyme, il se fit éconduire partout, à telle enseigne qu’il dut se résoudre à se faire enlumineur chez un marchand de colifichets de la rue Saint-Martin. Après des mois de misère noire, il put enfin parvenir à faire jouer quelque chose à l’Ambigu : La Petite Auvergnate (1797). Ayant mis ainsi le pied à l’étrier, il donna quelques semaines plus tard La Forêt de Sicile, et, l’année suivante, Victor ou l’enfant de la forêt. Il obtint alors un tel succès qu’il vit s’ouvrir aussitôt toutes les portes des théâtres de Paris. Se faisant d’emblée le champion du mélodrame, il produisit sans relâche, pendant plus d’un quart de siècle, plus d’une centaine d’ouvrages (dont soixante-dix seulement ont été imprimés). Citons : Le Château des Apennins (1799), Coelina ou l’enfant du mystère (1800), Pizarre ou la conquête du Pérou (1802), Les Maures d’Espagne (1804), Robinson Crusoé (1805), Le Solitaire de la Roche noire (1806), Les Ruines de Babylone (1810), Le Chien de Montargis (1814), Valentine ou la séduction (1821), Masers de Latude ou trente-cinq ans de captivité (1834). Sans être a proprement parler l’inventeur du mélodrame, il sut du moins le perfectionner dans une très large mesure, et par là même s’acquit le surnom de « Corneille des boulevards ». On sait que sa vogue inouïe ne subit jamais la moindre éclipse. Ce ne fut qu’à partir de 1830 qu’il s’associa des collaborateurs (dont les principaux furent Mélesville, Ducange et Anicet Bourgeois). Signalons qu’ayant toujours eu le goût des livres, il fut le fondateur de la Société des bibliophiles français.

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