Pitt, William [le « Second Pitt »] (Hayes, Kent, 1759-Putney, Londres, 1806); homme politique anglais.
Pitt, William [le « Second Pitt »] (Hayes, Kent, 1759-Putney, Londres, 1806); homme politique anglais.
Après des études à Cambridge, il devient avocat en 1780. Fils du «Premier Pitt», il entre aux Communes en 1781 comme « whig indépendant », et débute sa carrière par un coup d'éclat : bien qu'encore totalement inconnu un an auparavant sur la scène parlementaire, il ose déclarer en 1782 qu'en cas de changement de gouvernement, il ne se contentera pas d'une position subalterne. Et lorsque Rockingham lui propose peu après quelques fonctions lucratives, mais insignifiantes dans son ministère, P. les refuse sans hésiter. Ce n'est que lorsque Fox et Burke refusent de soutenir le ministère Shelburne (1782) qu'il accepte la fonction de chancelier de l'Echiquier, et devient dès lors l'adversaire déclaré de Fox et de sa politique. Il dirige l'opposition contre le ministre de coalition Fox-North en 1783 et est, après la chute de celui-ci, nommé Premier ministre par le roi à l'âge de 24 ans. Les élections de 1784 sont une éclatante démonstration de confiance envers le roi et P. Ses premières mesures visent à effacer les conséquences de la guerre d'indépendance américaine. La lourde dette de l'État est remboursée. En bon élève d'Adam Smith, il se prononce en faveur de l'abolition de toutes les barrières douanières entre l'Angleterre et l'Irlande (1785), mais ses projets sont mal reçus à la Chambre des communes. Pourtant, un traité de commerce très favorable signé avec la France vient compléter les mesures fiscales qu'il a prises à l'intérieur du pays (1786). A propos de la Compagnie des Indes orientales, il obtient, contre la résistance des partisans de Fox, que la compagnie soit contrôlée politiquement par le gouvernement. Dans le conflit qui l'oppose également à Fox au sujet de la régence rendue nécessaire du fait de l'incapacité du roi George III, atteint de folie, il peut imposer son point de vue à la Chambre des communes et empêcher que le prince de Galles soit investi des pleins pouvoirs royaux. L'essentiel de son séjour à la tête du ministère est placé sous le signe de la Révolution française et de ses conséquences. Après avoir d'abord vu d'un assez bon oeil les troubles qui ébranlent la puissance française, il adopte, de même que Burke et d'autres whigs, une attitude conservatrice à partir de 1791. Les mesures aboutissant à l'instauration d'un statut particulier pour les étrangers, à la limitation du droit de réunion et à la suspension de l'Habeas corpus sont dictées par la peur d'une extension des idées révolutionnaires ; elles rencontrent néanmoins l'opposition violente des cercles libéraux et radicaux. Même si, au début de l'année 1792, P. ne tient pas encore la paix pour compromise, il est cependant contraint d'entrer en guerre quand les Pays-Bas sont menacés par les armées de la Révolution : l'Angleterre ne peut tolérer de voir Anvers et les bouches de l'Escaut tomber aux mains des Français. Dès ce moment, P. est à la tête des coalitions dirigées contre la France. Alors qu'il a jusque-là mené envers l'Irlande une politique prudente et conciliatrice, la peur d'une invasion française l'amène à réprimer dans le sang la rébellion irlandaise de 1797-1798. Il réussit à faire voter par le Parlement irlandais sa propre dissolution, et réalise l'intégration politique de l'île dans le Royaume-Uni par l'Acte d'union (1800). Mais George III s'étant formellement opposé à l'octroi aux catholiques irlandais des mêmes droits civiques que ceux des anglicans, P. démissionne en 1801. Après quelques années passées dans l'opposition à combattre le faible ministère d'Addington, il revient une seconde fois au gouvernement pour une brève période (1804-1806). Il met alors sur pied avec la Russie et l'Autriche la troisième coalition européenne, et meurt prématurément, âgé de 47 ans. Ses compétences politiques éminentes, la confiance que le roi, la majorité du Parlement et les électeurs lui accordent expliquent la position dominante qu'il occupe au gouvernement. Du point de vue de l'histoire des institutions, il a contribué à développer et à renforcer la fonction de Premier ministre ; celui-ci allait devenir de plus en plus l'héritier de la plupart des prérogatives du monarque anglais.
PITT, Willian, dit le Second Pitt (Hayes, Kent, 1759-Putney, près de Londres, 1806). Homme politique anglais. Fils du Premier Pitt, ministre à 23 ans, il s'attacha à redresser l'économie et les finances anglaises et mena avec ténacité la guerre contre la France révolutionnaire. Après des études à Cambridge, avocat à 21 ans, il entra aux Communes (1781) comme whig indépendant, où il s'imposa rapidement, ne cessant de s'opposer à la guerre d'Amérique. Chancelier de l'Échiquier dans le cabinet de lord Shelburne (1782-1783), Premier ministre en 1783 avec les charges de premier lord de la Trésorerie et chancelier de l'Échiquier, il garda ce poste jusqu'en 1801 malgré les espoirs que fit naître chez ses adversaires la folie du roi George III. Rénovateur du parti tory (alors que son père avait été whig), Pitt rétablit, après les tentatives de gouvernement personnel du roi, l'équilibre entre les droits du Parlement et la fonction royale. Financier et administrateur expert, Pitt s'attacha tout d'abord à rétablir la situation économique de l'Angleterre compromise par les dépenses et la perte des débouchés dues à la guerre d'indépendance américaine. Influencé par les idées libérales de l'économiste Adam Smith, il conclut un traité de commerce avec la France (1786), favorisant ainsi les intérêts de la City, et pratiqua une politique financière (lutte contre la corruption, amortissement de la dette publique) qui lui permit d'assainir la vie politique. Cependant, de grands projets comme l'abolition de la traite des Noirs ou la réforme du système électoral qui prévoyait une augmentation des sièges de Londres et des comtés les plus peuplés par la suppression des « bourgs pourris » ne purent aboutir. Son attitude à l'égard de la Révolution française passa d'une bienveillante neutralité - l'Angleterre pouvant tirer profit de l'affaiblissement de sa grande rivale - à une hostilité déclarée (1793) après la prise d'Anvers, « pistolet braqué au coeur de l'Angleterre ». Craignant aussi la contagion révolutionnaire pour son propre pays, Pitt décida des mesures draconiennes : surveillance des étrangers, suspension de l'Habeas Corpus, censure et peines sévères contre les réunions séditieuses (1799). La guerre fut extrêmement coûteuse pour l'Angleterre. Aux tentatives d'encerclement de la France succéda le duel acharné avec Bonaparte, Pitt devant en même temps affronter de graves difficultés économiques. Contraint de démissionner (1801) à propos de la question d'Irlande, le roi ayant refusé l'entrée des catholiques irlandais au Parlement après l'Acte d'Union (1800), Pitt fut rappelé après la paix d'Amiens et la reprise de la guerre. Son second ministère fut difficile (1804-1806). La victoire de Trafalgar compensa en partie la défaite d'Austerlitz. Pitt mourut à 47 ans ; l'Angleterre avait résisté mais la France de Napoléon Ier restait toujours maîtresse d'une grande partie de l'Europe. Voir Fox (Charles James), North (Frederik).
Liens utiles
- William Pitt dit le Second Pitt Deuxième fils du célèbre homme d'État William Pitt, Premier comte de Chatham, William Pitt naquit à Hayes (Kent).
- William Pitt Ier1708-1778William Pitt, plus tard comte de Chatham fut l'homme d'État anglais le plus original, leplus théâtral et le plus perspicace du XVIIIe siècle.
- Sackville Thomas , vers 1530-1608, né à Buckhurst, écrivain et homme politique anglais.
- William Pitt dit le Second Pitt par François Crouzet
- RICHELIEU, Armand Emmanuel du Plessis, duc de (1766-1822)Homme politique, il émigre en Russie pendant la révolution et devient Premier ministre sous la Restauration : il signe le second traité de Paris et obtient la libération du territoire national en 1818.