PIRANESI Giambattista
PIRANESI Giambattista. Architecte et faveur vénitien. Né à Moïano di Mestre le 4 octobre 1720, mort à Rome le 9 novembre 1778. Fils d’un tailleur de pierres, il étudia l’architecture à Venise avec Matteo Lucchesi et Carlo Zucchi. En 1740, il fit partie de la suite de l’ambassadeur vénitien qui se rendait à Rome. Dans cette ville, Giuseppe Vasi et Felice Polanzani l’initièrent à la gravure et, en 1743, il publia la Première Partie d'Architecture et de perspective. Après avoir séjourné, peu de temps semble-t-il, à Venise, puis à Naples et à Arcolano (1743-1744), il ouvrit à Rome un atelier sur le Corso, face à l’Académie de France. Renouant avec ses études archéologiques, il y vécut en savante compagnie ses années les plus fécondes. De 1740 datent Les Prisons (première édition) rééditées en 1760 sous le titre Prisons imaginaires . Il donna ensuite Antiquités romaines du temps de la République et des premiers Empereurs (1748), les Trophées d’Octavien Auguste [1753], les quatre volumes des Antiquités romaines (1756), le Champ de Mars de la Rome antique [1761-02], les Lapides Capitolini (1762) et Description et dessin du réservoir du lac Albano. Outre ces ouvrages fondamentaux Piranesi composa, à partir de 1746, les grandes Vues de Rome : soit cent trente-sept feuillets et un frontispice gravés à la gloire des plus fameux vestiges de l’Antiquité et des monuments de la Rome des papes, remarquables par la variété des tons et la violence des clairs-obscurs. Là ne se borne pas l’activité de Piranesi. Son nom reste attaché à des monuments comme le prieuré de Malte, sur l’Aventin, et il a créé un véritable style qui lui est propre; de ce style la beauté se fait particulièrement sentir dans les Diverses manières d’orner les cheminées [1769]. On lui doit encore Magnificence et architecture des Romains (1771), les Vases, candélabres, cippes, sarcophages [ 1768-78], le Trophée [1770], ainsi que quelques livres posthumes publiés par ses fils Francesco (mort en 1810) et Angelo. Les deux frères se rendirent ensuite à Paris où ils fondèrent une entreprise de chalcographie. Les gravures de Piranesi, après avoir été la propriété de l’imprimeur parisien Firmin-Didot, furent acquises en 1839 par la chalcographie nationale italienne.