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PIOVENE Guido, comte

PIOVENE Guido, comte. Écrivain et journaliste italien. Né à Vicence le 27 juillet 1907, mort à Milan le 9 novembre 1974. Issu d’une vieille famille de la Vénétie, il reçoit son éducation principalement dans des institutions scolaires, tenues par les Jésuites, formation dont il gardera dans toute son œuvre la marque, avec un goût accentué de la casuistique et de la confession sentimentale, qui s’affirment dès le livre de ses débuts, La Veuve joyeuse [1931]. Adopté de bonne heure par la revue Pan, que dirige le célèbre journaliste Ugo Ojetti, il ne tarde pas à entrer au grand quotidien Corriere della Sera et y élargit sa vue des événements : il va en résulter des chroniques feutrées et pénétrantes, une activité de rumeur d’idées, de plus en plus attentif aux levains de son temps (les Russes, Freud, l’existentialisme)... L’intelligentsia italienne reconnaîtra chez lui une autorité tendancieuse — on l’appellera, après la libération de l’Italie, le « Comte Rouge », d’après le sobriquet fameux d’un prince ancien de la dynastie. Parallèlement, son œuvre spécifiquement littéraire se développe, et sur de tout autres bases, dans une thématique pourtant complémentaire. Typique d’une Venétie toujours habitée dans ses tréfonds par un esprit à la fois dévot et séditieux, hérité des XVIIIe et XIXe siècles, elle se manifeste par des formes autobiographiques déguisées (les monologues du journal intime, des lettres, de la confession); et c’est un « Mauriac à l’italienne » que révèlent La Novice (1941), La Gazette noire (1943), Pitié contre pitié (1946), Les Faux Rédempteurs [I falsi redentori, 1949]. Son œuvre romanesque interrompue par un engagement à l’U. N. E. S. C. O. et de longs séjours à Paris et à Londres, Piove ne parvient à la maîtrise dans la considération des réalités de son temps, dont témoignent le grand reportage De America (1953) et surtout le bilan de son Voyage en Italie [1957], — — d’après des causeries télévisées — qui reste fondamental pour toute étude sur la Péninsule. Au filon littéraire délaissé, Piovene retournera par Une journée de visions [Un giorno di visioni, 1962] et surtout par le roman Les Furies (1963), retrouvant aisément la densité succulente de sa prose ancienne, prose d’un moraliste se laissant tenter par quelque immoralisme sournois... Chez qui, au demeurant, on décèle la fidélité inconsciente aux ferments de son terreau originel, qui est tout à la fois celui des « petits mondes anciens » de Fogazzo et celui des châteaux romantiques de Nievo.

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