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PILNIAK Boris Andreevitch

PILNIAK Boris Andreevitch. (pseud. de Wogaw). Ecrivain russe. Né le 11 octobre 1894 à Mojaisk, mort en prison en 1937. Fils d’un Allemand de la Volga exerçant la profession de vétérinaire et d’une mère d’origine russo-tartare, il a fait ses études à l'institut de commerce de Moscou jusqu’en 1920 et a commencé à publier des œuvres régulièrement à partir de 1915. Après deux recueils de récits sur la vie provinciale de la Russie révolutionnaire (1918 et 1920), il a donné son roman L’Année nue [1921], la première représentation littéraire, dans un style neuf, de la nouvelle Russie, avec ses tensions créées par l’opposition du rationnel et de l’élémentaire, de la tradition et de l’anarchisme. En 1922-1923, Pilniak a fait des voyages en Allemagne et en Angleterre, dont 1 un des résultats fut son livre, Récits anglais [1924] qui traduit avec art et précision la couleur locale du pays et le caractère national de ses habitants. Le Roman de la Lune non éteinte [1926] fut la cible d’attaques officielles implacables (pour des raisons politiques) qui ont repris de plus belle après la parution en Allemagne du roman L’Acajou [1929], interdit par la censure soviétique. Pilniak a été exclu de la RAPP (Association des écrivains prolétariens) et déchu de son poste de président de l’Union des écrivains russes. Il a alors essayé de se réconcilier avec le pouvoir qu’il avait offensé par le pessimisme et la déception qu’exprime L’Acajou, et a publié un roman sur l’industrialisation en U.R.S.S. et sur le plan quinquennal, La Volga se jette dans la Caspienne [1930] qui a réussi à calmer un peu ses ennemis. Son dernier roman, Le Mûrissement des fruits [1936] ira encore plus loin dans la « ligne ». Mais rien ne pouvait sauver Pilniak qui était trop original, trop individuel et, surtout, d’origine allemande : en 1937, la police l’arrêta et le fusilla. Vingt ans plus tard, il fut réhabilité (en 1957) et il fallut vingt ans encore (1977) pour que les Éditions d’Etat publiassent, pour la première fois depuis « l’erreur judiciaire » de son exécution, un recueil choisi de ses œuvres (dont la préface ne mentionne même pas l’arrestation et la condamnation de l’écrivain).

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