PIERRE LOMBARD
PIERRE LOMBARD. Théologien d’origine italienne et d’expression latine. Né à Novare, en Lombardie, vers la fin du XIe siècle ou le début du XIIe, mort à Paris le 21 ou 22 juillet 1160. Il appartenait à une famille très pauvre et fit probablement ses études à Bologne; il vint en France, vers 1136, pour les compléter. Protégé par saint Bernard de Clairvaux, il fit un court séjour à Reims, puis se rendit à Paris où, finalement, il se fixa. Nous ne possédons aucun renseignement sur ses vingt ans de carrière professorale, mais nous savons qu’il acquit très rapidement une grande réputation et que sa célébrité se propagea jusqu’en Allemagne et en Italie. C’était un lecteur assidu d’Abélard, qu'il rencontra peut-être, et l’un des plus grands érudits de son temps. La haute estime dont jouissait à Rome son activité théologique lui valut de faire partie, en 1148, du concile qui, réuni à Reims sous la présidence d’Eugène III, jugea les doctrines et l’enseignement de Gilbert de la Porrée. Sa célébrité et ses mérites furent consacrés, en 1159, par son élévation à la charge d’évêque de Paris. Il semble que l’on puisse considérer comme sa première œuvre le Commentaire sur les psaumes, qui explique les psaumes verset par verset a l’aide de citations des Pères de l’Eglise et des écrivains ecclésiastiques. La grande quantité de manuscrits qui nous en sont parvenus atteste le succès de son Commentaire sur les épîtres de saint Paul, mais Les Quatre Livres de sentences — Livre des sentences — n’ont jamais cessé d’être considérés comme son ouvrage essentiel. Cet ouvrage, qui n’est pourtant qu’une compilation des principales opinions des Pères de l’Eglise sur les dogmes et sur les problèmes religieux, a exercé une profonde influence sur tout le développement de la théologie médiévale et a servi de manuel d’enseignement durant des siècles. Nous possédons, en outre, un grand nombre de Sermons qui sont tous d’une composition soignée mais qui sacrifient par trop aux travers de la scolastique.