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Pierre II [Pedro II] (Rio de Janeiro 1825 -Paris 1891); empereur du Brésil [1831-1889].

Pierre II [Pedro II] (Rio de Janeiro 1825 -Paris 1891); empereur du Brésil [1831-1889]. P. hérite à l'âge de cinq ans de l'Empire brésilien créé par son père Pierre Ier, contraint à l'abdication à la suite d'une insurrection. Les années de sa minorité (1831-1841), durant lesquelles il est élevé dans l'esprit des Lumières (il est même surnommé le « Prince-Philosophe », sont marquées par des troubles intérieurs qui menacent la stabilité de l'État. Un déclin, comparable à celui de l'Amérique espagnole après sa libération, est évité grâce à la crainte que les monarchistes et les républicains éprouvent devant l'anarchie. Cette peur les conduit à apporter un soutien ferme et massif à la monarchie. Inspiré du modèle anglais, le système de gouvernement instauré par P. est efficace, bien qu'il repose sur une base sociale fragile ; l'empereur se pose fréquemment en arbitre entre les partis. Une réforme électorale restreint en 1876 sa puissance et le cabinet n'est plus qu'indirectement responsable devant lui. Jusqu'en 1849, P. s'efforce de consolider le pouvoir central en réprimant les soulèvements. La question de l'esclavage est non seulement un problème de politique intérieure, mais elle suscite également une querelle avec l'Angleterre abolitionniste, dont l'ingérence en 1863 dans le commerce brésilien des esclaves débouche sur la rupture des relations diplomatiques. Une crise en Uruguay, durant laquelle le Brésil fait alliance avec les libéraux uruguayens et les adversaires du dictateur argentin Rosas, provoque en 1852 le renversement de Rosas et l'annexion par le Brésil de régions frontalières contestées. Durant le long règne de P., le Brésil connaît un rapide développement économique, dont les succès reposent non seulement sur l'expansion territoriale (guerre de la Triple-Alliance, 1864-1870), mais encore sur l'essor du commerce intérieur et extérieur. Les sciences et la littérature sont mises en valeur par l'élite, mais l'instruction générale est négligée. La faiblesse de P. s'accentue avec le temps : il devient aussi bien l'ennemi de l'Église que des anticléricaux quand en 1864 une querelle acharnée éclate au sujet de l'encyclique Quanta cura du pape Pie IX, qui interdit la franc-maçonnerie ; il s'éloigne des grands propriétaires fonciers et des défenseurs de l'abolition immédiate de l'esclavage par son plan d'abolition graduelle ; enfin, il prend ses distances avec l'agitation grandissante et les conflits au sein de son armée. L'influence du positivisme de Comte renforce au cours des années 1870 le mouvement républicain qui réclame le passage pacifique à une République. En 1889, une révolte de l'armée contraint P. à abdiquer. L'empereur refuse qu'on lui alloue une pension et meurt à Paris en 1891.

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