PIAGET Jean
PIAGET Jean. Psychologue suisse d’expression française. Né à Neuchâtel le 9 août 1896. Enfant, il s’intéresse à la mécanique, aux oiseaux, aux coquillages et aux fossiles des ères secondaire et tertiaire. Déjà, il observe et il écrit. A onze ans, il devient le familier d’un vieux zoologiste, Paul Godet, directeur du musée de Neuchâtel, qui l’initie à la malacologie. Lorsqu’il meurt, Piaget, alors âgé de quinze ans, publie différentes notes en supplément à son Catalogue des mollusques neuchâtelois. Effrayé par cette spécialisation précoce, son parrain lui fait lire L’Evolution créatrice. La découverte de la philosophie bergsonienne l’enthousiasme ; il se met à « dévorer » Kant, Auguste Comte, Lachelier, Janet et Ribot tout en suivant les cours sur la psychologie, la logique et la méthodologie scientifique de Arnold Reymond. Il écrit Esquisse d’un néopragmatisme et Réalisme et nominalisme dans les sciences de la vie. Dès ce moment, sa philosophie se limite à une épistémologie biologique. A vingt-deux ans, il est docteur ès sciences — sa thèse porte sur La Répartition des mollusques dans les Alpes valaisanes (1918). Il étudie la psychologie à Zurich, d’abord avec Lipps et Wreschner, à Paris ensuite avec Binet et Lalande. « Il travailla, notamment, à la mise au point de tests d’intelligence, ce qui lui permit de découvrir avec étonnement, que les raisonnements les plus élémentaires, articulés sur des inclusions de partie au tout ou sur l’enchaînement de relations, n’étaient saisis, avant onze ou douze ans, qu’au prix de difficultés que les adultes ne soupçonnaient même pas. C’est là, en réalité, qu'il trouva son véritable chemin, celui qui conciliait la recherche épistémologique avec le respect des faits. » (André Nicolas). Pour lui, l’étude de la psychologie de l’enfant, qu’il entreprend alors, permet de comprendre la genèse de l’intelligence. S’opposant à Wallon, il admet que son développement se fait de façon continue, dans le sens de « la socialisation progressive d’une pensée individuelle, d’abord rebelle à l’adaptation sociale, puis de plus en plus pénétrée par les influences adultes environnantes ». Délaissant au départ tout système philosophique, Piaget est parvenu à fonder une épistémologie scientifique et intégrative d’une remarquable efficacité. Il a été chef de travaux à l’institut Jean-Jacques Rousseau de Genève (dont il devient directeur adjoint en 1929 puis directeur en 1940), professeur de philosophie à l’Université de Neuchâtel (1925), professeur d’histoire de la pensée scientifique à l’Université de Genève (1929) et professeur de sociologie dans la même université (1939). Il a enseigné la psychologie de l’enfant à la Sorbonne (1952-1963) et créé le Centre international d’épistémologie sémitique à la Faculté des Sciences de Genève (1956). Parmi ses nombreux ouvrages, l’on peut citer :Le Langage et la pensée chez l’enfant (1923), La Naissance de l’intelligence (1947), Introduction à l’épistémologie génétique (1950), La Prise de conscience (1974). ♦ « En définitive, ce qu’il convient d’admirer le plus en Piaget, c’est une pensée vivante, et qui est vivante parce qu’elle est essentiellement active comme la vie elle-même et qu’elle rend compte, de l’intérieur même du sujet, de ce que les autres conceptions font dépendre de l’extérieur. »