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PELAGE

PELAGE. Moine et écrivain latin. Né en Grande-Bretagne entre 350 et 354, mort en Palestine ou en Égypte entre 423 et 429. Il est probable qu’il fit son éducation théologique en Orient, et qu’il fut de bonne heure pénétré par la doctrine du libre arbitre telle que l’avait définie Origène. Il vint se fixer à Rome vers 401, y menant, tandis qu’il poursuivait ses études, une vie pieuse et ascétique qui lui valut l’estime de tous. Vers 405 il commença de répandre ses opinions sur la liberté et la dignité naturelle de l’homme et sur l’absurdité de la notion du péché originel. Ces idées font l’objet de deux écrits : Traité sur la Trinité [De Trinitate], Le Livre des témoignages ou des extraits [Eclogarum Liber] et d’une lettre : Lettre à Démétriade. Un autre écrit, le Commentaire sur les Epîtres de saint Paul, fut composé à Rome vers 410; il oppose aux interprétations précédentes les opinions propres à son auteur. Opposé à la doctrine de la toute-puissance de la grâce répandue alors par saint Augustin, Pélage eut avec ce dernier une entrevue courtoise mais celui-ci fit condamner son enseignement par le concile local de Carthage en 412. Pélage se rendit alors en Orient où il reçut partout un excellent accueil. Mais Augustin le fît mettre en accusation par son envoyé Paul Orose devant la conférence d’évêques à Jérusalem, en 415. Ce synode prit fait et cause à la majorité pour Pélage, et l’on décida d’en référer à Rome, tandis que Théodore de Mopsueste prenait l’offensive contre les Augustiniens. Ces derniers réussirent cependant à influencer Innocent Ier, qui censura Pélage sans toutefois le condamner comme hérésiarque. C’est à la faveur de la faiblesse de son successeur, le pape Zosime, que le grand concile de Carthage prononça, le 14 mai 418, la condamnation solennelle de la doctrine pélagienne. L’empereur Honorais entreprit alors, sur la demande d’Augustin, une persécution contre les Pélagiens, et dix-huit évêques furent bannis d’Italie dont le plus célébré, Julien d’Eclanum, fit la synthèse du pélagianisme. On perd la trace de Pélage à partir de 418.

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