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PEKKANEN Toivo

PEKKANEN Toivo. Ecrivain finlandais. Né le 10 septembre 1902 à Kotka, mort le 29 mai 1957 à Copenhague. Originaire d’une ville industrielle dont le port exporte les produits de plusieurs usines de cellulose et de grandes scieries, il eut la douleur de perdre son père, un tailleur de pierre, lors de la guerre civile de 1918 dont les conséquences furent particulièrement lourdes dans cette région, pour les vaincus de « l’armée rouge » : camps de concentration et condamnations à mort. Quoique dès l’âge de treize ans, à la sortie de l’école primaire, il eût pris l’habitude d’exécuter de légers travaux dans le port, sa mère, lui, ainsi que ses trois sœurs eurent à souffrir de dures privations, sinon de la faim. Toutefois, il put entrer dans une école professionnelle, ce qui lui permit de travailler dans la métallurgie, au bout de deux ans, jusqu’en 1931, année pendant laquelle, grâce au succès de son roman Les Faiseurs de route, il lui fut enfin possible de quitter l’usine pour vivre en écrivain indépendant. Il est donc naturel que sa vie intellectuelle se soit concentrée autour des problèmes politiques et sociaux. Son premier grand succès, A l’ombre de l’usine(1932), rappelle à bien des égards la vie de l’auteur lui-même, mais le développement intellectuel et moral du jeune ouvrier, le héros du roman, dépasse de beaucoup, par sa portée, son destin individuel, car il illustre bien le drame de toute une partie de la classe ouvrière. En 1944 parut, en France, la suite de ce roman, Aux rives de ma Finlande, préfacée par Lucien Maury qui fit remarquer « qu’en cette Finlande tragique, déchirée par la guerre civile et la guerre étrangère, au climat alternativement rude et idyllique, s’élabore, (...) comme dans toute la Scandinavie, une notion de l’homme et de la société dont on discerne aisément la valeur universelle ». Pekkanen ne fut certes pas le premier à décrire le conflit social de notre temps, mais sa création a ceci d’exceptionnel qu’elle est « soustraite à la polémique, aux vues étroites, aux préjugés, aux ignorances, adaptée aux réalités de notre époque et aux exigences éternelles de la nature humaine ». Dans un avant-propos autobiographique de l’édition française d’un de ses romans, Pekkanen avoue avec simplicité : « Ma jeunesse s’est passée exclusivement dans le travail, le jour à l’usine, le soir sur les livres ou à écrire. C’est seulement lorsque je me suis libéré de l’usine que j’ai pu m’adonner pour de bon à mes occupations littéraires et les résultats, depuis lors, se sont améliorés... » Cette vision des choses, cet état d’esprit ne se sont jamais démentis en lui, et son livre de souvenirs, Mon enfance (1953) en est un probant témoignage.