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Une soirée perdue (extrait)J'étais seul l'autre soir au Théâtre-Français,Ou presque seul ; l'auteur n'avais pas grand succès.

Publié le 23/05/2020

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« Une soirée perdue (extrait) Alfred de Musset J'étais seul l'autre soir au Théâtre-Français, Ou presque seul ; l'auteur n'avais pas grand succès. Ce n'était que Molière, et nous savons de reste Que ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste Ignora le bel art de chatouiller l'esprit Et de servir à point un dénouement bien cuit. Grâce à Dieu, nos auteurs ont changé de méthode, Et nous aimons bien mieux quelque drame à la mode Où l'intrigue, enlacée et roulée en feston, Tourne comme un rébus autour d'un mirliton. J'écoutais cependant cette simple harmonie, Et comme le bon sens fait parler le génie. J'admirais quel amour pour l'âpre vérité Eut cet homme si fier en sa naïveté, Quel grand et vrai savoir des choses de ce monde, Quelle mâle gaieté, si triste et si profonde Que, lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer ! Et je me demandais : Est-ce assez d'admirer ? Est-ce assez de venir, un soir, par aventure, D'entendre au fond de l'âme un cri de la nature, D'essuyer une larme, et de partir ainsi, Quoi qu'on fasse d'ailleurs, sans en prendre souci ? Enfoncé que j'étais dans cette rêverie, Ca et là, toutefois, lorgnant la galerie, Je vis que, devant moi, se balançait gaiement Sous une tresse noire un cou svelte et charmant ; Et, voyant cette ébène enchâssée dans l'ivoire, Un vers d'André Chénier chanta dans ma mémoire, Un vers presque inconnu, refrain inachevé, Frais comme le hasard, moins écrit que rêvé. J'osais m'en souvenir, même devant Molière ; Sa grande ombre, à coup sûr, ne s'en offensa pas ; Et, tout en écoutant, je murmurais tout bas, Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la neige effacerait l'éclat Puis je songeais encore (ainsi va la pensée) Que l'antique franchise, à ce point délaissée,. »

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