Structure sociale Chapitre : Comment est structurée la société française ?
Publié le 09/05/2026
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Chapitre : Comment est structurée la société française ?
ASTUCE : Dans ce chapitre, ne cherche pas à tout prix à faire des liens entre les parties (seules les parties 3 et 4 sont manifestement liées entre elles).
Tu risquerais
de t’embrouiller.
Je te suggère de regarder chacune des parties comme un élément de réponse à la question « comment est structurée la société française ? ».
I.
Quels sont les facteurs de structuration et de hiérarchisation de l’espace social ?
Avant la révolution française, le facteur qui structurait et hiérarchisait l’espace social était l’ordre auquel appartenait
les individus : le tiers-état, la noblesse et le clergé.
Les ordres formaient trois groupes sociaux à l’intérieur desquels, les
individus avaient un mode de vie similaire et subissaient ou bénéficiaient des mêmes inégalités.
Aujourd’hui, les ordres
n’existent plus.
Mais de nouveaux facteurs de structuration de l’espace social permettent toujours de classer les
français dans des groupes d’individus ayant des modes de vie proches et subissant/bénéficiant des mêmes inégalités.
Les sociologues distinguent sept facteurs de structuration et de hiérarchisation qu’ils classent en deux catégories.
A.
Les facteurs socioéconomiques
Rappel : Un critère est un facteur de structuration et de hiérarchisation de l’espace social si : i) il permet de classer les
individus dans des groupes, ii) si ces groupes sont hiérarchisés entre eux.
La catégorie socioprofessionnelle : Le critère de la catégorie socioprofessionnelle permet de classer les français dans
des groupes qu’on appelle les « PCS » : ouvriers, employés, professions intermédiaires, cadres, ACCE, agriculteurs
exploitants.
Ces groupes sont hiérarchisés entre eux car certains sont plus favorisés que d’autres.
Notamment, le
groupe des cadres est le plus favorisé.
Par exemple, par rapport au groupe des ouvriers, le groupe des cadres a des
revenus élevés, part souvent en vacances, est souvent propriétaire de son logement (et non locataire), est en meilleur
santé, etc.
Le revenu : Le revenu permet de classer les français dans des groupes (selon des découpages variables) comme par
exemple le groupe des 10% les plus pauvres, le groupe des 10 à 20% les plus pauvres, le groupe des 10% les plus riches,
etc.).
Ces groupes sont hiérarchisés car certains sont plus favorisés que d’autres.
Notamment, le groupe des plus riches
est le plus favorisé.
Par exemple, par rapport au 5% des français les plus pauvres de, les 5% les plus riches vivent 13
ans de plus, partent plus en vacances, sont plus souvent propriétaires de leur logement, etc.
Le diplôme : Le diplôme permet de classer les français dans des groupes : ceux n’ayant pas de diplôme, les diplômés
d’un CAP, les diplômés du Bac, les diplômés d’un Bac+2, les diplômés d’un bac +5.
Et ces groupes sont hiérarchisés car
certains sont plus favorisés que d’autres.
Notamment, le groupe des diplômés d’un bac+5 est le plus favorisé.
Par
exemple, par rapport au groupe des individus n’ayant que le bac, le groupe des bac+5 atteint souvent la catégories des
« cadres », est bien protégé de la pauvreté et du chômage, fréquente davantage les lieux culturels (cinéma,
bibliothèque, musée).
B.
Les facteurs sociodémographiques
Le sexe : Le sexe permet de classer les français dans des groupes : les femmes et les hommes.
Et ces groupes sont
hiérarchisés car l’un est plus favorisé que l’autre.
Le groupe des hommes est le plus favorisé.
Par exemple, par rapport
au groupe des femmes, les hommes ont des revenus plus élevés, passent deux fois moins de temps à réaliser des
tâches domestiques, et ont une meilleure représentation politique.
Néanmoins, l’espérance de vie des femmes est plus
élevée (car alimentation plus saine, moins de conduite en état d’ivresse etc.).
La position dans le cycle de vie (l’âge) : la position dans le cycle de vie permet de classer les français dans des groupes
(selon des découpages variables) comme par exemple : le groupe de ceux qui ont entre 20 et 30 ans, le groupe de ceux
qui ont entre 30 et 40 ans, le groupe de ceux qui ont entre 40 et 50 ans, etc.
Et ces groupes sont hiérarchisés car
certains sont plus avantages que d’autres.
Notamment, le groupe de ceux qui ont entre 40 et 50 ans est le plus favorisé.
Par exemple, par rapport au groupe des individus qui ont entre 20 et 30 ans, celui de ceux qui ont entre 40 et 50 ans a
des revenus élevés, est moins souvent au chômage, est souvent propriétaire de son logement (et non locataire).
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Terminale - SES - Clément Honoré-Rougé – COURS PROVISOIRE
Le lieu de résidence : Le lieu de résidence permet de classer les français dans des groupes : «les habitants des grandes
villes », « les habitants des petites villes », « les habitants des banlieues », « les habitants des zones rurales », etc.
Ces
groupes sont hiérarchisés car certains sont plus favorisés que d’autres.
Notamment, le groupe des habitants des
grandes villes est le plus favorisé.
Par exemple, par rapport au groupe des habitants des zones rurales, celui des
habitants des villes ont un meilleur accès aux services publics (transports en commun, hôpitaux, écoles, bureaux de
postes, etc.), ils sont plus souvent salariés (alors qu’il y a beaucoup de travailleurs non-salariés aux revenus fluctuants
dans les zones rurales), et changent souvent de région d’habitation au cours de leur vie.
La composition du ménage: La composition du ménage permet de classer les français dans des groupes en fonction
du nombre d’adultes et du nombre d’enfants dans le foyer : les couples avec enfants, les couples sans enfants, les
célibataires sans enfants, les célibataires avec enfants (« famille monoparentale »), etc.
Ces groupes sont hiérarchisés
car certains sont plus favorisés que d’autres.
Notamment, le groupe le moins favorisé est celui des familles
monoparentales.
Par exemple, par rapport aux familles monoparentales (un seul parent avec des enfants), les autres
familles sont beaucoup moins touchées par la pauvreté.
En effet, 4 familles monoparentales sur 10 sont concernées.
A noter : Pour être plus précis, un facteur de structuration n’est pas exactement un critère qui permet de classer les
français dans des groupes.
Il s’agit d’un critère qui permet de classer les français dans des groupes… ayant un mode de
vie similaire.
Ex : si on prend le critère de la catégorie socioprofessionnelle, chaque PCS regroupe des individus ayant
un mode de vie proche.
Les cadres par exemple, ont souvent des horaires de travail flexible, vont au musée une fois
par an, voyage à l’étranger régulièrement, etc.
Bref, il s’agit d’un groupe d’individus ayant un mode de vie proche.
Transition : La catégorie socioprofessionnelle est un facteur très structurant de l’espace social.
Faisons donc un focus
sur ce facteur de structuration et de hiérarchisation de l’espace social pour analyser comment la structure de la société
a évolué depuis 1950.
II.
Comment la structure socioprofessionnelle française a-t-elle évoluée depuis 1950 ?
Après 1945 et la fin de la Seconde guerre mondiale, la
structure socio-professionnelle a beaucoup évolué.
Autrement dit, les caractéristiques des emplois occupés par
les français ont radicalement changé.
La structure socioprofessionnelle française a connu quatre principales
évolutions.
A.
La salarisation
Depuis 1950, la structure socio-professionnelle a connu un processus de salarisation : la part des emplois salariés dans
la population active a augmenté fortement, au détriment de la part des emplois non-salariés.
Ce phénomène est lié à
l’augmentation de la taille des entreprises : les activités artisanales1 ont été remplacées par de grandes entreprises
industrielles (ex : la majorité des meubles ne sont plus construits par des artisans menuisiers mais par l’entreprise
internationale IKEA), les petits commerces par des grandes surfaces (ex : les épiceries de quartiers ont été remplacées
par les supermarchés, les petites librairies par des grandes enseignes comme la Fnac, etc.), et les exploitations agricoles
se sont concentrées (Après la Seconde Guerre Mondiale, les agriculteurs les plus riches ont racheté les terrains
agricoles de leurs concurrents pour disposer de grandes surfaces et ainsi pouvoir utiliser les tracteurs devenus très
performants.
Le nombre d’agriculteurs exploitants a alors beaucoup réduit.) Ainsi, la part des « Artisans, Chefs
d’entreprise, Commerçants » (ACCE) et des « agriculteurs exploitants » a diminué au profit des PCS salariées (Ouvriers,
employés, professions intermédiaires, cadres et PIS).
1
Les artisans sont des travailleurs non-salariés (aussi appelés « indépendants »)
2
Terminale - SES - Clément Honoré-Rougé – COURS PROVISOIRE
B.
La tertiarisation
Rappel : les économistes classent les entreprises en trois groupes : i) le secteur primaire qui rassemble les entreprises
minières et agricoles (qui embauchent surtout des ouvriers), ii) le secteur secondaire qui rassemble les entreprises
qui produisent des biens2 (qui embauchent surtout des ouvriers), et iii) le secteur tertiaire qui rassemble les
entreprises qui produisent des services3 (qui embauche surtout des employés et des cadres).
Depuis 1950, la structure socioprofessionnelle a aussi connu un processus de tertiarisation : il y a eu une forte
augmentation de la part des emplois dans le secteur tertiaire parallèlement à une diminution de la part des emplois
dans les secteurs....
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