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SADEGH HEDAYAT

Publié le 16/05/2020

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« SADEGH HEDAYAT 1903 -1951 NAQUIT à Téhéran dans une famille influente et érudite.

Ses dons se manifestèrent très tôt : alors qu'il était encore étudiant au Collège Saint-Louis à Téhéran, il préfaça un choix de quatrains d'Omar Khayyam.

Se passionnant pour la littérature, l'histoire, la philologie et accordant toujours plus d'attention aux problèmes relatifs à son pays, il passa quatre années en France et y acquit une culture générale étendue.

Ses premières nouvelles Madeleine, Hadji Morad, Enterré vivant, le Prisonnier français et une pièce de théâtre Parvine, la fille sassanide sont de cette époque.

Se croyant appelé à participer au renouveau de son pays, il y rentre en 1930, plein d'enthou­ siasme.

Tout ce qu'il put faire pour ce pays qu'il aimait tant, fut d'occuper plusieurs postes insi­ gnifiants et plus tard de participer à la rédaction de la « Revue Musicale » éditée par les Beaux­ Arts.

Il y publia plusieurs de ses nouvelles.

Un voyage aux Indes lui inspira deux nouvelles écrites en français ainsi que son seul roman la Chouette aveugle.

Sensible aux souffrances de l'Europe envahie, il prit ouvertement position contre le nazisme.

Son recueil de nouvelles et de pamphlets, A tort et à travers, en est le reflet.

Un autre des aspects de sa vie littéraire fut sa participation au « Groupe des Quatre »qui donna une direction nouvelle aux lettres iraniennes.

L'esprit de Sadegh Hedayat et son élan animèrent le « groupe » et aidèrent en 1943 à la formation de la revue « Sokhan ».

Cette revue se fit l'écho des revendications de ce groupe, en publiant des études et des œuvres de valeur qui en exprimaient clairement les idées.

Désirant depuis longtemps revoir la France, il y revint en 1950 et s'y suicida le 9 avril 195 I.

Il repose au Père-Lachaise.

LES THÈMES DE SADEGH HEDAYAT En ce qui concerne le choix des thèmes, on pourrait distinguer deux mouvements d'inspi­ ration dans l'œuvre de 'Sadegh Hedayat, l'un de 1926 à 1941, et l'autre de 1941 à 1951.

Dès les quinze premières années de sa création littéraire, Sadegh Hedayat, influencé par la littérature occidentale et surtout française, publia une série de contes pour la plupart teintés d'irrationnel : ce ne sont, souvent, que situations subjectives, irréelles, fantasques.

Le héros de Trois gouttes de sang, interné dans un asile, nous en laisse un arrière-goût amer.

Le problème de la mort qui l'a tant bouleversé, il le traite avec acuité dans sa nouvelle Enterré vivant.

Il y écrit : «J'envie les morts.

Il me semble que la mort est un bonheur que l'on ne donne pas à n'importe qui ».

Ce thème de la mort que l'on retrouve tout au long de son œuvre le hantera jusqu'à la fin de sa courte vie.

Il ne se libérera jamais totalement de cette angoisse, mais il faut cependant remarquer que des sujets à tendances réalistes prévaudront à partir de l'année 1942.

La Seconde Guerre mondiale modifiera le choix des thèmes de Hedayat; c'est à cette époque que l'on sentira avec quelle profondeur est ancrée en lui l'amour de sa patrie, de sa terre natale, des hommes qui y vivent.

Cet amour deviendra un des thèmes les plus constants de son œuvre.

Ce n'est pas sans raison qu'un de ses amis, homme de lettres, écrivit qu'il était « le plus iranien des écrivains contemporains ».

Cet attachement au sol natal ne l'a pas empêché de rester lucide et de démasquer dans ses nouvelles satiriques les vils desseins de quelques-uns de ses compa- HEDAYAT ET CATHERINE RAZAVI EN 1949. »

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