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LOCKE (John)

Publié le 06/12/2021

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LOCKE (John) _______________________________________

Né en 1632 près de Bristol, il meurt à Oates en 1704. Fils de marchands, il délaisse des études de clergyman entreprises à Oxford (1652-1658), pour s'orienter vers la médecine (1658) ; médecin particulier du comte de Shaftesbury (1667), il suit son protecteur qui eut une vie politique mouvementée. Il fait deux séjours en France, doit s'éloigner d'Angleterre en 1684, et se réfugie en Hollande, à la suite d'une tentative révolutionnaire du comte. Il y reste jusqu'à la


révolution de 1688 ; revenu en Angleterre en 1689, il refuse un poste d'ambassadeur que lui offre le nouveau roi, mais accepte les fonctions de Commissaire des appels. Engagé dans de nombreuses polémiques, sur des problèmes économiques, il se retire rapidement à Oates, où il reste jusqu'à sa mort.

Uceuvre de Locke est multiple, son Essai sur l'entendement humain, 1690, qui devait en faire la référence des Lumières lui attirer une réponse de Leibniz, et donner naissance à la philosophie de Condillac, n'est qu'une œuvre de maturité, rédigée à partir de 1671, dans les loisirs que lui laisse une vie active. Il s'est surtout occupé de médecine, de questions religieuses, politiques (Traités sur le gouver­nement civil dont le second publié en 1690 aura une grande influence) et économiques (il donne la formulation classique de la théorie quantitative de la monnaie).

1. C'est le phénomènisme médical du docteur Sydenham, dont il fut le collaborateur, doublé de la méthodologie baconienne qui réduit la science à une description (Locke dira « a plain historical method «), que Locke applique à l'étude de l'entendement ; il se refusera toujours à rechercher les causes physiques de la perception. L'observation nous apprend qu'il n'y a pas dans l'esprit d'idées innées, sinon les enfants et les idiots les posséderaient ; au demeurant, cette hypothèse est inutile pour expliquer la connaissance : il suffit d'en observer le développement. En l'absence d'idées innées, notre esprit est une page vide de caractères, une chambre noire, où pénètrent par le biais des sens les infor­mations venues du monde extérieur. « Les observations que nous faisons sur les objets extérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit tous les matériaux de ses pensées. «

Locke nomme idée tout ce qui est l'objet de la pensée, par conséquent toutes nos idées proviennent soit de la sensation soit de la réflexion. Cette thèse fondamentale de l'empi­risme lockien ne peut s'expliciter, et servir de fondement à une logique et une théorie de la connaissance, que dans l'étude génétique des idées. Nous avons deux sortes d'idées, les idées simples des qualités sensibles (le doux, l'amer, etc.) qui nous sont données comme telles dans la perception, et les idées complexes que nous composons librement à partir de ces idées simples ; nos idées sont singulières ou générales, les premières nous sont données dans la perception, les secondes sont l'oeuvre de notre entendement. Les idées des réalités externes (substances) ou de leurs modifications, ne peuvent être simples, puisqu'elles correspondent à différentes propriétés ; l'idée d'une substance ou d'un mode n'est donc qu'une idée complexe, formée par la réunion de diverses idées simples dont nous observons la conjonction constante.


On peut remarquer cependant que certaines de ces idées sont reliées aux autres comme des causes aux effets ; on distingue ainsi les qualités premières (figure, étendue, etc.) qui ont une valeur objective, et les qualités secondes qui ne sont que l'effet des premières (la couleur n'est que l'effet sur nous de la figure du corps).

2. La connaissance consiste dans l'intuition d'un rapport de convenance entre nos idées, ou dans une suite de telles intuitions (raisonnement). Le critère de la vérité réside d'abord dans le rapport des idées ; mais selon ce critère, la proposition : « Tous les centaures sont des animaux «, est aussi vraie que la proposition : « Tous les hommes sont des animaux « ; pour être réelle, et pas seulement verbale, une connaissance doit correspondre aux choses. Or le phénomé­nisme lockien place la borne la plus extrême de nos connais­sances dans nos idées, c'est donc dans leurs propriétés intrin­sèques qu'on doit chercher le critère de leur adéquation au monde.

Les idées simples sont toujours adéquates, Dieu ayant construit notre appareil sensoriel de façon à ce qu'elles correspondent aux qualités sensibles. Il n'en saurait être de même des idées complexes, construites librement ; sur ce point, Locke hésite. Pour certaines d'entre elles, il affirme qu'elles sont toujours objectives, car nous ne concevons des choses que ce que ces idées nous en montrent ; par là est assurée la certitude démonstrative des mathématiques et de la morale qui portent sur des idées complexes. A l'inverse, il affirme que nous n'avons des substances qu'une connaissance inadéquate puisque rien ne nous permet d'affirmer que la collection des idées simples qui en constitue l'idée, correspond une fois pour toutes aux propriétés que nous pourrons observer. Il semble bien que Locke laisse subsister une dichotomie entre une connaissance rationnelle et abstraite et une connaissance portant sur le monde sensible. Par rapport à cette dernière, notre connaissance est plus limitée que nos idées ; ainsi, bien que nous ayons des idées de la matière et de la pensée, nous ne saurons peut-être jamais si la matière pense ou non. On peut voir là le rejet du principe cartésien, selon lequel tout ce que nous voyons dans l'idée claire et distincte d'une chose en peut être affirmée avec vérité. Pour Locke, les idées ne sont que les signes des choses, et la théorie de la connaissance est une sémiotique, c'est-à-dire une science des signes (idées et mots).

·      La morale est une connaissance rationnelle (fondée sur l'existence de Dieu). Il en est de même de la politique, Locke suppose que la société est fondée sur les pouvoirs qui appartiennent naturellement aux individus, et par conséquent raisonne toujours à partir d'un état de nature, où l'homme jouit de la liberté incontrôlable de disposer de lui-même et de ses « possessions «. Dans cet état de nature, l'homme commerce (la propriété privée est donc naturelle),


utilise la monnaie et a déjà des rapports de droit avec ses semblables, pouvant même passer des contrats ; mais le droit naturel est une affaire privée : chacun fait justice, à ceci près que le droit de châtier l'infraction au titre de la prévention appartient à qui que ce soit, et celui de se faire indemniser des dommages à la seule victime.

 

Les hommes se mettent en société par contrat en vue d'éviter l'état de guerre, et de conserver leur propriété. Le contrat est le seul fondement légitime du pouvoir politique car « les hommes sont tous par nature libres, égaux et indé­pendants (. .) et nul ne peut être dépossédé de ses biens, ni soumis au pouvoir politique d'un autre, s'il n'y a lui-même consenti «. La souveraineté du pouvoir politique a pour limite infranchissable les droits de l'individu : « La liberté de l'homme en société consiste à ne relever d'aucun autre pouvoir législatif, que celui qui a été établi dans la Répu­blique d'un commun accord et à ne subir l'empire d'aucune v olo n t é, ni la contrainte d'aucune loi, hormis celle qu'institue le législatif, conformément à la mission dont il est chargé. « Inspirateur du préambule de la constitution américaine et de la Déclaration des droits de l'homme, Locke est le fondateur du libéralisme politique.

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