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Lettre d'une péruvienne analyse lettre 38

Publié le 17/06/2026

Extrait du document

« Introduction Lettres d’une Péruvienne (1747) est un roman épistolaire de Mme de Graffigny qui relate les aventures de Zilia, une princesse inca enlevée au moment de ses noces avec Aza et amenée en Europe, où elle découvre la société française.

Au fil des lettres, Zilia observe les mœurs de son nouveau milieu avec curiosité, étonnement, parfois indignation.

Parmi ses rencontres marquantes figure le chevalier Déterville, qui lui offre son aide et finit par lui déclarer son amour.

Nous sommes à la dernière lettre.

Zilia, qui a désormais pleinement assimilé la langue et les codes européens, répond définitivement à Déterville : elle refuse le mariage, par fidélité à Aza, et lui propose à la place un nouvel art de vivre fondé sur l’amitié, la culture et les plaisirs simples.

Cette conclusion, inattendue pour l’époque, défend l’indépendance féminine et rompt avec la convention romanesque qui voulait qu’une héroïne finisse mariée.

Problématique possible : Comment Zilia transforme-t-elle son refus d’aimer Déterville en une proposition positive, porteuse d’une vision neuve des relations humaines ? I.

Un refus net, ferme et argumenté (l.

17 à 23) Dès l’attaque, Zilia interpelle Déterville avec vigueur : « Quoi, Déterville ! » — exclamation qui exprime à la fois la surprise et l’indignation.

Elle rappelle qu’il avait « dissimulé ses sentiments » et lui reproche de se livrer « plus que jamais à leur violence ».

Le vocabulaire (violence, afflige, faux espoir, abusé, offense) traduit un refus catégorique.

L’argumentation repose sur une antithèse : d’un côté, Déterville proclame une « aveugle soumission » à ses volontés, de l’autre, il tente de la convaincre d’accepter « des sentiments… opposés » à ses principes.

Cette opposition dénonce une contradiction entre discours et intention.

La fermeté de Zilia est renforcée par la métaphore du roc : « résolutions plus inébranlables que les vôtres ».

L’image traduit la solidité morale et la détermination.

Elle refuse toute emprise : « nouvelles chaînes » — métaphore filée du mariage comme emprisonnement, qui renverse l’idéal conjugal traditionnel.

Cette première partie installe un ton de confrontation morale : Zilia assume une position radicale, contre les attentes sociales et contre la passion. II.

La proposition de l’amitié : un transfert des valeurs de l’amour (l. 23 à 44) Après le refus, Zilia bascule dans une proposition constructive.

Elle offre à Déterville une relation fondée sur l’amitié, mais en utilisant un vocabulaire qui brouille les frontières avec l’amour.

Elle promet fidélité : « je vous serai fidèle », « ma confiance et ma sincérité », « je vous les dois » — termes du champ lexical de l’amour, ici transposés à l’amitié.

On observe un transfert sémantique : tout ce que l’amour a éveillé (« sentiments vifs et délicats ») se déplacera « au profit de l’amitié ». La réciprocité est centrale : « je vous laisserai voir avec une égale franchise… » → symétrie syntaxique qui reflète l’égalité recherchée.

Elle parle aussi.... »

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