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L'Enfant de Jules Vallès: « Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d'un lézard, une agate perdue. »

Publié le 19/12/2021

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« [Introduction] L'Enfant de Jules Vallès est le premier roman d'une trilogie autobiographique ; comme son nom l'indique, il relate les années de formation du personnage narrateur, élevé en pension. En effet, la scène que décrit le texte est le rappel du souvenir d'un soir extraordinaire dans la vie du jeune élève.

Nous verrons d'abord comment on voit l'enfance apparaître dans le texte ; puis, nous pourrons étudier ce qui rend la narration vivante et ranime le souvenir ; enfin, nous essaierons de voir ce qui fait de ce souvenir une expérience extraordinaire. [Le récit d'un enfant] Dès le début du texte, nous pénétrons dans le monde de l'enfance.

L'énumération initiale fait se succéder les objets de cette enfance : « Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d'un lézard, une agate perdue.

» On y trouve des jeux, mais aussi des indices que l'on est dans une salle de classe ; plus loin, « la règle », « le pupitre » confirment la localisation.

Ce cadre scolaire peut être précisé grâce à ce qu'on peut deviner dans la situation ; en effet, l'enfant est enfermé, pendant la « nuit » (l.

7), dans cette salle de classe et ne peut être délivré que par un « pion » (l.

29). Il s'agit donc de ces fameux pensionnats du xixe siècle, rigoureux et terrifiants.

On voit également que le personnage appartient au monde de l'enfance à travers sa curiosité et sa fraîcheur ; car il découvre un chef-d' œuvre de la littérature du xviiie siècle avec les yeux neufs d'un enfant enfermé, mais passionné d'aventures : « Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? » s'interroge le narrateur à la ligne 8.

Il se laisse emporter par la curiosité et le rêve qu'éveille en lui la lecture ; l'ellipse temporelle entre la découverte du livre et la prise de conscience de l'écoulement du temps souligne la capacité de l'enfant à s'absorber dans cette lecture nouvelle ; de même, grâce à elle, il peut s'échapper en rêve : « je peuple l'espace vide de mes pensées » (l.

19-20), dit-il, « je rêve à l'éternelle solitude » (l.

21). Enfin, l'expression du narrateur ressemble par beaucoup de points à celle d'un enfant, d'un élève ; il utilise son jargon et parle d'une « agate » pour désigner une bille, du « petit pion » pour désigner le surveillant.

De plus son langage est parfois familier : « on farfouille dans la serrure » (l.

27).

Son style est plus oral qu'écrit ; il utilise des onomatopées : « Clic, clac ! » (l.

27), des phrases elliptiques : « Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des limons frais ! Justement, j'adore la limonade ! » (l.

25-26), un vocabulaire parfois pauvre et répétitif : « La faim me vient ; j'ai très faim » (l.

23). Aussi le texte nous plonge-t-il dans le monde d'un enfant, en recréant son environnement et son expression pour que nous puissions mieux comprendre ses réactions. [Une narration vivante qui ranime le souvenir] C'est dans ce but également que l'auteur s'attache à rendre le souvenir présent dans une narration très vivante. Tout d'abord, la narration se fait entièrement à la première personne.

Ce sujet est même souvent répété plusieurs fois dans une seule phrase : « j'en vois le dos, je m'écorche », « je sens le volume et je regarde le titre » (l.

5).

On peut remarquer cette insistance à la ligne 23, où la même information est répétée deux fois et mentionne la première personne sous deux formes différentes : « La faim me vient ; j'ai très faim.

» D'autre part la précision du souvenir dans l'énumération des objets aux lignes 1 et 2, et des sensations : « J'ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse », « j'ai très faim », « J'ai soif aussi » (l.

13,23,25) donne un caractère encore plus personnel à cette évocation.

Le souvenir est également rendu présent par l'utilisation du présent pour raconter une histoire passée depuis longtemps ; plus que de présent de narration, il faut parler de présent d'actualisation ; en effet, tous les verbes sont au présent, et nous font vivre les actes et les sentiments du héros comme si nous en prenions connaissance au moment où ils se produisaient. Enfin, pour redonner toutes ses couleurs au souvenir, la narration tente d'imiter la spontanéité de la pensée.

Toute l'organisation typographique du texte tâche de rendre compte des intermittences de la pensée ; c'est pourquoi les paragraphes se multiplient (12 en tout), et la plupart ne se composent que d'une phrase (§ 1 et 11), voire d'une ligne (§. »

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