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Le thème de l'enfance dans les romans du XXe siècle.

Publié le 09/12/2021

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Les écrivains classiques se sont rarement intéressés aux enfants, et presque toujours sans bienveillance ; J.-J. Rousseau fut l'un des premiers à les traiter selon leur nature propre. Après Victor Hugo, après Baudelaire, chantre du « vert paradis des amours enfantines », les romanciers du XXe siècle ont volontiers développé le thème de l'enfance, sous la forme d'autobiographie ou de fictions. Les évocations se font tantôt objectives, tantôt suggestives, et tendent parfois à une véritable exaltation de l'enfance. I. UNE VISION OBJECTIVE DE L'ENFANCE Beaucoup d'écrivains se penchent sur leur enfance ou sur celle de leur héros en analystes, en psychologues impartiaux. L'analyse objective Les souvenirs d'enfance de J.-P. Sartre, publiés sous le titre Les Mots, sont particulièrement significatifs dans ce domaine. Le philosophe évoque ses premières années avec une lucidité parfois féroce ; sa famille, son entourage sont peints avec ironie, toutes leurs réactions sont examinées, passées au crible de la critique ; les motifs les plus inavouables sont débusqués. Ce brillant tableau d'une « mauvaise foi » naissante laisse une impression de vérité et de malaise.

« Le thème de l'enfance dans les romans du XXe siècle. Les écrivains classiques se sont rarement intéressés aux enfants, et presque toujours sans bienveillance ; J.-J.

Rousseaufut l'un des premiers à les traiter selon leur nature propre.

Après Victor Hugo, après Baudelaire, chantre du « vert paradisdes amours enfantines », les romanciers du XXe siècle ont volontiers développé le thème de l'enfance, sous la formed'autobiographie ou de fictions.

Les évocations se font tantôt objectives, tantôt suggestives, et tendent parfois à unevéritable exaltation de l'enfance. I.

UNE VISION OBJECTIVE DE L'ENFANCE Beaucoup d'écrivains se penchent sur leur enfance ou sur celle de leur héros en analystes, en psychologues impartiaux.L'analyse objective Les souvenirs d'enfance de J.-P.

Sartre, publiés sous le titre Les Mots, sont particulièrement significatifsdans ce domaine.

Le philosophe évoque ses premières années avec une lucidité parfois féroce ; sa famille, son entouragesont peints avec ironie, toutes leurs réactions sont examinées, passées au crible de la critique ; les motifs les plusinavouables sont débusqués.

Ce brillant tableau d'une « mauvaise foi » naissante laisse une impression de vérité et demalaise.Le souvenir raconté De telles confessions peuvent avoir un aspect tout différent.

A.

Gide raconte ainsi, sans intentioncritique ou poétique, des anecdotes qui illustrent parfaitement la psychologie enfantine — telle l'histoire de cette bille,perdue dans un trou de porte, et qui, extraite après une longue attente, devait perdre tout son charme.La reconstruction Toutes ces analyses sont autobiographiques.

Mais le romancier peut construire aussi en touteobjectivité un univers enfantin plausible.

Dans le premier tome des Thibault, Roger Martin du Gard nous fait partager lesdésespoirs, les révoltes, les aspirations de deux garçons en qui tout lecteur peut retrouver une part de lui-même.

Déjàcependant, à travers cet exemple, nous pressentons la valeur affective de belles évocations : elle dépasse l'intérêtpsychologique des analyses. II.

UNE VISION ÉMERVEILLÉE L'écrivain en effet ne se contente pas toujours d'examiner, de l'extérieur, son jeune héros.

Il se substitue à lui, contemplel'univers avec des yeux neufs.

Il en résulte une nouvelle vision de la nature et des hommes, une idéalisation du monde.La poésie de la nature Avec Yves Frontenac, le héros de Mauriac, avec Claudine, la soeur de Colette, avec Jean-le-Bleu,lointaine image d'un Giono enfant, nous redécouvrons la chaleur des pins ou le bruit d'un ruisseau, le contact d'unechenille ou l'image merveilleuse d'un « presbytère », une Provence pauvre et ensoleillée.

Les sensations sont transcritesavec leur acuité première : « Tout est encore devant mes yeux, écrit Colette, le jardin aux murs chauds, les dernièrescerises sombres pendues à l'arbre, le ciel palmé de longues nuées roses...

».

Les images trouvent toujours un écho chezle lecteur — même une enfance citadine comporte de tels émerveillements durables.La fraîcheur des sentiments Les sentiments aussi ont à cet âge une fraîcheur qui baigne bien des pages de romans trèsconnus.

La foi d'Yves Frontenac, les angoisses du jeune Marcel Proust attendant le baiser maternel, constituent desexpériences familières à tous.

Et comment ne pas évoquer à ce propos Le grand Meaulnes, son école de village, « la fêteétrange », les bohémiens romanesques, la pureté exigeante d'un amour et d'une amitié ? Cette absence de calcul, ce donde soi, nous les retrouvons chez Le Petit Prince de Saint-Exupéry, image de l'enfant plus vraie que tout enfant réel.

Il y adans ces évocations suggestives de l'enfance une certaine idéalisation, que l'écrivain accepte et recherche consciemment. III.

UNE CLÉ DE L'UNIVERS Dans une société angoissée, les souvenirs d'enfance constituent un refuge pour l'individu, et chacun embellit, transformeune réalité qui devient de plus en plus lointaine.Idéalisation nostalgique A distance La guerre des boutons devient une épopée qui rappelle aux adultes les « bagarres »oubliées de leur jeunesse.

Avec quelle tendresse nostalgique G.

Duhamel évoque Laurent Pasquier, le petit garçon àtablier noir qui monte l'escalier en suçant une bille, « dans cette maison du quartier Montparnasse » qui est, « dans sonsouvenir comme un donjon, comme une citadelle, notre acropole.

» Rien ne saurait mieux définir ce monde secret danslequel chacun aime à se replier.Une clé de l'univers Mais l'enfance n'est pas seulement la source d'une nostalgique délectation, elle peut apporter aussi laréponse à certains problèmes.

On sait l'importance que présentent aux yeux de Marcel Proust certaines sensationsoubliées puis retrouvées : dans la célèbre tasse de thé où trempent quelques miettes de madeleine, il voit ressurgir unefoule de souvenirs qu'il croyait disparus.

C'est le point de départ d'une gigantesque entreprise : se lançant « à larecherche du temps perdu», l'auteur veut vaincre la durée, et la reconquête de son enfance représente une victoire, unsens donné à la vie.Un but L'utilisation littéraire des souvenirs d'enfance ne se limite pas cependant à l'élaboration d'une philosophieindividuelle.

Dans Le voyage au bout de la nuit, Céline, au milieu de pages violemment destructrices, fait apparaître unesilhouette d'enfant : ce sont les seuls êtres qu'il accepte, pour l'espoir qu'ils portent en eux.

Nous retrouvons la mêmeidée chez Saint-Exupéry, lorsque, contemplant l'enfant de réfugiés misérables, il craint qu'en celui-là aussi on n'assassineMozart. CONCLUSION De la tendance naturelle qui entraîne l'homme à regretter le passé, l'art des romanciers tire donc une source de curiositéet d'émerveillement, mais aussi d'espoir : le goût personnel de l'enfance, loin de mener à une conduite de nostalgiestérile, peut préserver des dons précieux et inspirer une vision confiante du monde.. »

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