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Le propre d'un bon roman n'est-il pas un éveil au réel plutôt qu'une fuite hors de celui-ci ?

Publié le 19/12/2021

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« A première vue, il est difficile d’attribuer à ce type de question une signification chargée d’une valeur problématique.

En effet, la réponse la plus immédiate que l’on est tenté d’y faire est nécessairement positive : rien ne sort jamais du réel, lequel est bel et bien déterminé par nos fonctions vitales.

Dès lors, la validité de l’affirmation dépend de la définition de « réalité », qui ne signifie plus simplement « ce qui est », mais « ce qui est prosaïquement », ce qui relève autant que possible de données extérieures à l’imagination humaine.

C’est en effet un attribut profondément romanesque que de se confronter à la complexité des définitions possibles et des catégories du réel.

Quelle sont les différences de statut, et quels points de rencontre existent-t-ils entre le monde ordinaire et le monde du romancier ? Enfin, faut-il obligatoirement choisir l’une ou l’autre ; le propre d’un bon roman n’est-il pas un éveil au réel plutôt qu’une fuite hors de celui-ci ? I _ Dans un premier temps il convient donc de distinguer précisément la réalité romanesque de la réalité dite empirique.

De ce point de vue le roman est une œuvre de fiction, dont le mouvement est précisément de se dégager des données quotidiennes.

Le Don Quichotte de Cervantès fournit l’exemple très clair du ridicule qui frappe quiconque en vient à oublier la frontière séparant l’expérience vécue de l’expérience littéraire.

Le « chevalier à triste figure » expérimente ainsi chacun de ces degrés de confusion, depuis celui qui consiste à investir l’objet réel d’une fonction fictionnelle (prendre Rossinante pour un fier destrier), jusqu’à l’hallucination pure (les moulins pour des géants). _ En ce sens, l’affirmation selon laquelle le roman a pour unique fonction sa réalité est indiscutable.

L’ œuvre de Balzac toute entière, quelle que soit la puissance de son réalisme, ne se présente jamais comme une entreprise d’imitation du réel (tâche du journaliste), mais comme une confrontation à celui-ci : une volonté de « concurrencer l’état civil ». Toute la Comédie Humaine n’est qu’un laboratoire, dans lequel le romancier compose des pulsions, des facteurs sociaux, des habitudes pour créer des personnages, puis ces personnages obtenus entre eux, afin de créer des situations romanesques. _ Peu à peu, la matière romanesque échappe ainsi aux processus réels qu’elle imitait pour ne plus exister qu’en fonction de ses propres mouvements internes, à la manière d’un organisme vivant.

Toute écriture romanesque doit faire face une tentation autarcique.

Une telle tendance se retrouve en particulier dans l’écriture symboliste, très attachée à la fonction poétique du langage, par laquelle l’intrigue et la langue du romancier se ferment à toute influence extérieure, et même jusqu’à un certain point au lecteur lui-même. A Rebours de Huysmans présente ainsi un personnage vivant en marge du temps, simplement occupé à agencer le décors de sa maison pour s’en faire un univers idéal, c’est- à-dire un système qui exclue tout ce qui lui est extérieur, jusqu’à son créateur qui décide finalement d’abandonner la maison. II _ Bien entendu, il n’y aurait pas de sens à envisager un roman qui ne soit pas entièrement construit sur des éléments véritables.

En ce sens, le vécu de l’auteur, ses expériences et ses problématiques sont la source absolue et nécessaire de la fiction romanesque.

Toutefois, le roman est caractérisé par un principe d’ouverture : au contraire d’une conception mallarméenne de la poésie, vouée à la recherche d’un langage pur de tout référent, le roman est bien souvent mis au service d’une compréhension non littéraire du réel.

Tout au long du cycle des Rougon-Macquart, Emile Zola ne se contente pas de produire une œuvre romanesque : son « naturalisme » consiste à expérimenter dans la fiction des situations qui permettent d’alimenter une réflexion sur la société du XIXe siècle. _ Cependant, la fonction mimétique du roman ne s’accomplit pas de manière littérale : non seulement l’auteur peut choisir de s’attacher à représenter des figures imaginées par ses personnages ( les cavaliers exotiques rêvés par la Madame Impo ssible d'afficher l'image liée.

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