le langage
Publié le 28/12/2025
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Le langage
I) Définition : comment définir le langage ?
Le langage est indissociable de la pensée, c’est-à-dire qu’il n'y a
pas de pensée sans langage.
On peut avoir des intuitions, des
ressentis, mais il n'y a pas de pensée claire, nette, sans langage.
Il existe aussi un langage non verbal : on exprime énormément de
choses avec ce qu'on dégage, la manière de se mouvoir, ou encore
les expressions du visage.
Le langage est un instrument de la vie
sociale.
Nous en avons besoin pour la vie en société.
Enfin, le
langage est une puissance qui doit devenir acte.
C'est une faculté
que l'on possède à la naissance, mais que l’on doit apprendre pour
pouvoir l’utiliser et faire acte de langage.
En philosophie, le langage est ce qui différencie l’Homme de l’animal.
Les
philosophes lui confèrent aussi un pouvoir de création, parce qu’il permet de faire
parler des personnages historiques disparus il y a très longtemps.
Il a même une
fonction dans l’art puisqu’il permet d’inventer objet, réalité et langue, entre autres
nombreuses choses.
Mais ses pouvoirs ne s’arrêtent pas là.
Il sert à décrire, à réfléchir… Et il a même le
pouvoir de faire.
C’est ce qu’on appelle une fonction performative.
En prononçant des
mots, dans certaines situations, tu effectues une action (comme quand tu romps avec
une personne, le fait de le dire met l’acte en pratique).
Pour résumer en quelques points clés, voici une définition de ce qu’est le langage :
Système de signes
Association des mots en respectant des règles de grammaire précises
Lié à la faculté de raisonner, de nommer et de communiquer avec autrui
Outil de distinction entre l’Homme et l’animal, car le langage serait le propre de
l’Homme
II) Les concepts sur le langage en philosophie
1.
L’origine du langage, Rousseau, Essai sur l’origine des langues (1781)
Il postule que les premiers sons émis par les humains étaient des expressions
passionnées, telles que des cris d'amour, de douleur ou de joie, plutôt que des
symboles ou des représentations abstraites de pensées.
Pour lui, les langues ne sont pas nées pour communiquer des besoins comme la faim
ou la soif par exemple, mais pour exprimer des émotions comme l’amour, la peur ou
encore la colère.
Selon lui : “Les fruits ne se dérobent point à nos mains, on peut s’en nourrir sans
parler”.
Rousseau souligne deux difficultés dans sa démarche pour comprendre
l’origine du langage :
1.
On pourrait choisir d’observer un nourrisson qui apprend à parler pour
comprendre comment naît le langage.
Mais le philosophe nous rappelle que,
pour communiquer avec lui, sa mère utilise un langage préconçu.
Le nourrisson
l’utilise donc par nécessité, ce qui ne nous permet pas de savoir comment une
langue peut naître.
2.
Rousseau considère le fait que les Hommes ont besoin de penser pour parler,
mais également de parler pour penser.
Mais alors, qui est arrivé en premier…?
2.
Le langage comme propre de l’Homme, Descartes.
“La parole est l’unique signe et la seule marque assurée de la pensée cachée et
renfermée dans les corps” – Descartes, Lettres à Morus, 5 février 1649
Selon René Descartes, le langage est considéré comme un signe distinctif de la raison
humaine et de la pensée consciente.
Le philosophe valorise le langage pour sa
capacité à exprimer la pensée claire et distincte, essentielle à sa méthode
philosophique.
Dans ses écrits, il associe le langage à la capacité de l'esprit humain de
raisonner, de réfléchir et de communiquer des idées complexes.
Le langage pour
exprimer clairement ses idées (et non uniquement ses besoins) nous distingue des
animaux.
Descartes reconnaît que les animaux communiquent leurs besoins et leurs
émotions par des gestes, des mouvements.
Mais il observe qu’aucun n’a réussi à
traduire ou transmettre des pensées élaborées dans son esprit.
Et pour Descartes,
puisqu’aucun n’a communiqué ses pensées, c’est qu’ils en sont tous dépourvus.
En parallèle, tous les Hommes, selon lui, auraient la faculté de penser.
Car même ceux
à qu’il manque des organes de parole et même les plus insensés trouvent des façons
de communiquer leurs pensées.
Cette faculté de parler serait la preuve de la présence
de la raison chez l’être humain.
Ainsi, dans la pensée cartésienne, le langage est intrinsèquement lié à la rationalité
humaine et sert de preuve de notre capacité unique à penser et à réfléchir de manière
consciente.
3.
Le langage comme outil et ses fonctions, Ludwig Wittgenstein, Tractatus
logico-philosophicus (1921)
Dans ce livre, Wittgenstein différencie ce qui peut être “montré” et ce qui peut être “dit”.
Il part de la théorie que la logique est donnée à l’Homme et que le langage est le reflet
de cette logique.
Il considère du coup que les pensées sont des images logiques du
monde.
Et pour lui, ce qui peut être “dit” nous est inaccessible, parce qu’une
proposition ne s’explique pas elle-même quand tu la dis.
Pour reformuler : quand tu dis
une phrase, cette phrase montre son sens dans le contexte, mais elle ne l’explique pas.
Dans cette même oeuvre, Wittgenstein expose trois types de proposition :
1.
Les propositions insensées, qu’il considère comme du pur bavardage.
Exemple :
la métaphysique.
2.
Les propositions sensées, qui sont soit vraies, soit fausses.
Exemple : la
science.
3.
Les propositions dénuées de sens, qui sont tautologiques.
Exemples : les
mathématiques
Définition tautologie : Selon la définition de Wittgenstein, une tautologie est une
“proposition complexe qui reste vraie en vertu de sa forme seule, quelle que soit la
valeur de vérité des propositions qui la composent”.
Pour lui : “Ce dont on ne peut parler, il faut le taire”
Wittgenstein compare le langage à un jeu, parce que les actions qu’on effectue dans
un jeu n’ont de sens que dans le contexte du jeu.
Et en fonction de la situation, on sait
quelle action il est nécessaire ou utile de faire.
C’est pareil pour le langage : le sens de
ta phrase n’apparaît que dans un certain contexte.
Il en déduit que l’Homme n’apprend pas le sens des mots en étudiant leur concept,
mais en pratiquant le langage.
Note d’ailleurs qu’il emploie souvent le terme de
“dressage”.
Définition ineffable : Ce qui ne peut être exprimé par des paroles.
Dans le Tractacus logico-philosophicus, Wittgenstein prend le cas de l’art pour
développer la théorie que l’art peut permettre une expression qui est impossible par
les mots.
Confronté à un tableau par exemple, l’Homme ressentirait des émotions qu’il lui serait
impossible de décrire.
Il s’agirait d’une sorte d’énigme pour notre cerveau.
Il précise
que ce sentiment d’impuissance adviendrait surtout quand l’Homme est face à un
détail, un élément qui l’intrigue particulièrement.
Selon cette théorie, la description n’est pas impossible.
Il critique l’usage que les êtres
humains font du langage.
Ce serait parce qu’on ne sait....
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