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HLP - La représentation de l’autre dans la Controverse de Valladolid

Publié le 12/02/2024

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« HLP - La représentation de l’autre dans la Controverse de Valladolid Étapes de la séquence : - Avant de débuter l’activité, présentation du contexte de la controverse - Comprendre l’argumentation d’un texte de Las Casas - Analyser plusieurs raisonnements de Sepulveda Bartolomé de LAS CASAS, Très Brève Relation de la destruction des Indes (1552), extrait Les Indes ont été découvertes en l'année 1492 ; elles furent peuplées l'année suivante de chrétiens espagnols, de sorte qu'en quarante-neuf ans de nombreux Espagnols s'y sont rendus.

(...) Toutes les terres découvertes jusqu'en 1541 sont tellement pleines de gens, comme une ruche, que l'on croirait que Dieu y a mis la plus grande quantité de tout le lignage humain. Tous ces peuples universels et innombrables, de toutes sortes, Dieu les a créés extrêmement simples, sans méchanceté ni duplicité, très obéissants et très fidèles à leurs seigneurs naturels et aux chrétiens qu'ils servent ; les plus humbles, les plus patients, les plus pacifiques et tranquilles qui soient au monde ; sans rancune et sans tapage, ni violents ni querelleurs, sans rancœur, sans haine, sans désir de vengeance. Ce sont aussi des gens de conformation délicate, fluette et fragile, qui supportent difficilement les travaux et meurent très facilement de n'importe quelle maladie.

(...) Ils ont l'entendement clair, sain et vif.

Ils sont très capables et dociles pour toute bonne doctrine, et très aptes à recevoir notre sainte foi catholique et à acquérir des mœurs vertueuses.

Dieu n'a pas créé au monde de peuple où il y ait moins d'obstacle à cela.

(...) C'est chez ces tendres brebis, ainsi dotées par leur créateur de tant de qualités, que les Espagnols, dès qu'ils les ont connues, sont entrés comme des loups, des tigres et des lions très cruels affamés depuis plusieurs jours.

Depuis quarante ans, et aujourd'hui encore, ils ne font que les mettre en pièces, les tuer, les inquiéter, les affliger, les tourmenter et les détruire par des cruautés étranges, nouvelles, variées, jamais vues, ni lues, ni entendues.

J'en dirai quelques-unes plus loin ; elles ont été telles que sur les trois millions de naturels de l'île Espagnole que nous avons vus il n'y en a même plus deux cents aujourd'hui.

(...) Au cours de ces quarante ans, plus de douze millions d'âmes, hommes, femmes et enfants, sont morts injustement à cause de la tyrannie et des œuvres infernales des chrétiens.

C'est un chiffre sûr et véridique.

Et en réalité je crois, et je ne pense pas me tromper, qu'il y en a plus de quinze millions. Ceux qui sont allés là-bas et qui se disent chrétiens ont eu principalement deux manières habituelles d'extirper et de rayer de la face de la terre ces malheureuses nations.

L'une en leur faisant des guerres injustes, cruelles, sanglantes et tyranniques. L'autre, après avoir tué tous ceux qui pourraient désirer la liberté, l'espérer ou y penser, ou vouloir sortir des tourments qu'ils subissaient, comme tous les seigneurs naturels et les hommes (car dans les guerres on ne laisse communément en vie que les jeunes et les femmes), en les opprimant dans la plus dure, la plus horrible et la plus brutale servitude à laquelle on a jamais soumis hommes ou bêtes. À ces deux formes de tyrannie infernale se réduisent, se résument et sont subordonnées toutes les autres, infiniment variées, de destruction de ces peuples. Si les chrétiens ont tué et détruit tant et tant d'âmes et de telle qualité, c'est seulement dans le but d'avoir de l'or, de se gonfler de richesses en très peu de temps et de s'élever à de hautes positions disproportionnées à leur personne.

À cause de leur cupidité et de leur ambition insatiables, telles qu'il ne pouvait y en avoir de pires au monde, et parce que ces terres étaient heureuses et riches, et ces gens si humbles, si patients et si facilement soumis, ils n'ont eu pour eux ni respect, ni considération, ni estime.

(Je dis la vérité sur ce que je sais et ce que j'ai vu pendant tout ce temps.) Ils les ont traités je ne dis pas comme des bêtes (plût à Dieu qu'ils les eussent traités et considérés comme des bêtes), mais pire que des bêtes et moins que du fumier. C'est ainsi qu'ils ont pris soin de leurs vies et de leurs âmes, et c'est pourquoi ces innombrables gens sont morts sans foi et sans sacrements.

Or c'est une vérité notoire et vérifiée, reconnue et admise par tous, même par les tyrans et les assassins, que jamais les Indiens de toutes les Indes n'ont fait le moindre mal à des chrétiens. Ils les ont d'abord crus venus du ciel jusqu'à ce que, à plusieurs reprises, les chrétiens leur aient fait subir, à eux ou à leurs voisins, toutes sortes de maux, des vols, des meurtres, des violences et des vexations.

(...) À ceux qui prétendent que les Indiens sont des barbares, nous répondrons que ces gens ont des villages, des cités, des rois, des seigneurs et leur organisation politique est parfois meilleure que la nôtre.

Si l’on n’a pas longtemps enseigné la doctrine chrétienne aux Indiens, c’est une grande absurdité que de prétendre leur faire abandonner leurs idoles.

Car personne n’abandonne de bon cœur les croyances de ses ancêtres.

Que l’on sache que ces Indiens sont des hommes et qu’ils doivent être traités comme des hommes libres. Questions de lecture : §1 Quand les Indes ont-elles été découvertes ? Par qui ? §2 Comment l’auteur décrit-il les peuples des Indes ? Que pensez-vous de cette description ? §3 Commentez « ils sont très aptes à recevoir notre sainte foi catholique ». §4 L’auteur compare les Indiens et les Espagnols à des animaux.

Commentez cette comparaison métaphorique. §5 D’après l’auteur, combien d’Indiens ont été massacrés en 40 ans ? §6 Quelles sont les deux formes de la destruction utilisées par les Espagnols ? §7 D’après l’auteur, pourquoi les Espagnols se sont-ils conduits ainsi ? §8 Caractérisez rapidement la différence de comportement entre les Espagnols et les Indiens. §9 Pourquoi les Indiens ne sont-ils pas des barbares d’après l’auteur ? Comment analysez-vous le terme « barbare » ? Questions de synthèse : ➢ Quelle thèse défend Las Casas ? ➢ Quels sont ses arguments ? ➢ Comment se représente-t-il les Indiens / les Espagnols ? Analyser un raisonnement de Sepulveda dans la Controverse de Valladolid Raisonnement n°1 de Sepulveda L’argument en vidéo : https://tube-arts-lettres-sciences-humaines.apps.education.fr/w/dsu8JCy2tkjySc3TYkWqsA extrait de : La Controverse de Valladolid (Verhaeghe, 1992), 0h23 Texte de l’argument : Sepulveda : Ces Indiens, dont vous parlez sans cesse, vous avez été aveuglé sur leur véritable nature.

Vous dites avec insistance qu’ils sont doux comme des brebis.

Cet animal revient obstinément sous votre plume et votre langue.

Mais s’ils sont comme des brebis, alors ils ne sont pas des hommes ! Qui peut dire que l’homme est doux ? extrait de : La Controverse de Valladolid (Carrière, 1992), p.76 ➔ Formalisez le raisonnement de Sepulveda sous la forme d’un syllogisme 1) On sait que… 2) Or les Indiens… 3) Donc les Indiens ne sont pas humains ➔ Où est l’erreur dans ce raisonnement ? Expliquez. ➔ De quel sophisme s’agit-il en réalité ? ● un cercle vicieux ● une fausse alternative ● une généralisation hâtive ● une fausse analogie ➔ Imaginez quelle objection pourrait formuler Las Casas contre ce raisonnement Analyser un raisonnement de Sepulveda dans la Controverse de Valladolid Raisonnement n°2 de Sepulveda L’argument en vidéo : https://tube-arts-lettres-sciences-humaines.apps.education.fr/w/bzj28uaComk9Kycppe1WPm extrait de : La Controverse de Valladolid (Verhaeghe, 1992), 0h52 Texte de l’argument : Sepulveda : Ou bien ils sont pareils à nous, Dieu les a créés à son image et rédemptés par le sang de son fils, et dans ce cas ils n’ont aucune raison de refuser la vérité.

Ou bien ils sont d’une autre espèce. extrait de : La Controverse de Valladolid (Carrière, 1992), p.168 ➔ Formalisez le raisonnement de Sepulveda sous la forme d’un syllogisme 1) On sait que… 2) Or les Indiens… 3) Donc les Indiens ne sont pas humains ➔ Où est l’erreur dans ce raisonnement ? Expliquez. ➔ De quel sophisme s’agit-il en réalité ? ● un cercle vicieux ● une fausse alternative ● une généralisation hâtive ● une fausse analogie ➔ Imaginez quelle objection pourrait formuler Las Casas contre ce raisonnement Analyser un raisonnement de Sepulveda dans la Controverse de Valladolid Raisonnement n°3 de Sepulveda L’argument en vidéo : https://tube-arts-lettres-sciences-humaines.apps.education.fr/w/io4wAQMiGi1YGKHWiKsSek extrait de : La Controverse de Valladolid (Verhaeghe, 1992), 0h36 Texte de l’argument : Sepulveda : Rien n’était semblable.

Vous le savez bien.

Même les animaux, même les arbres étaient d’espèces différentes ! Ils n’avaient ni boeuf, ni mouton, ni olivier, ni coq,ni poule, ni girafe, ni lion. Nous n’avions ni jaguar, ni colibri, ni tous ces fruits, ni ces légumes dont vous avez parlé.

Tout était autre.

Pourquoi, dans deux mondes si différents, les êtres à l’apparence humaine seraient-ils les seuls à être semblables ? extrait de : La Controverse de Valladolid (Carrière, 1992), p.111 ➔ Formalisez le raisonnement de Sepulveda sous la forme d’un syllogisme.... »

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