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Dyptique

Publié le 12/01/2026

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« Dyptique n°6 Les Jeux Olympiques modernes, rétablis en 1896, se présentent comme les héritiers directs des Jeux antiques grecs.

L’affiche officielle des Jeux Olympiques de Berlin de 1936 met clairement en scène cette filiation.

On y voit un athlète monumental, auréolé d’une couronne de laurier, dominant la Porte de Brandebourg, tandis que les anneaux olympiques flottent au-dessus de lui. Dès lors, on peut se demander : De quelle manière cette affiche s’inspire-t-elle de l’Antiquité et de sa représentation de l’athlète ? Nous montrerons d’abord que l’affiche reprend les symboles et valeurs antiques, puis qu’elle utilise les procédés esthétiques et rhétoriques hérités de l’Antiquité, avant d’analyser enfin la récupération idéologique de cet héritage en 1936. I.

Une reprise des symboles et valeurs du sport antique Tout d’abord, cette affiche reprend les codes symboliques propres aux Jeux antiques.

L’athlète est représenté comme une statue : il rappelle les représentations grecques idéalisées du corps humain.

Sa musculature exprime la virtus, c’est-à-dire la force et la valeur morale du sportif. La couronne de laurier, posée sur sa tête, évoque directement la récompense antique : le vainqueur ne recevait ni argent ni trophée, mais une simple couronne végétale, symbole de gloria, c’est-à-dire d’honneur éternel.

Cette glorification renvoie au panegyricus, discours de louange destiné à célébrer un héros ou un vainqueur. De plus, comme dans la poésie latine célébrant les aurigae (conducteurs de chars), le sportif moderne est transformé en figure héroïque, modèle pour la cité.

L’affiche ne montre pas un homme ordinaire : elle glorifie l’athlète comme un demi-dieu, digne des Jeux d’Olympie. Ainsi, l’Antiquité apparaît ici comme un modèle de grandeur morale et physique, que le sport moderne prétend prolonger. II.

Une esthétique antique : un véritable panégyrique visuel L’affiche adopte également les procédés esthétiques et rhétoriques hérités de l’Antiquité. Comme dans un panégyrique latin, l’image multiplie les marques de valorisation : • image méliorative : l’athlète est gigantesque, doré, presque divin • absence de défauts : son corps est parfaitement proportionné • position dominante : il surplombe la ville Cela rappelle les verbes d’action dynamiques utilisés par les auteurs latins pour célébrer les vainqueurs : tegebat, tetis, vicit… Ces verbes exprimaient la puissance, la vitesse, le mouvement.

Ici, l’image produit le même effet : elle dynamise la figure de l’athlète. On retrouve également le procédé de comparaison héroïque : l’athlète moderne est figuré comme une statue colossale, comparable aux dieux de l’Olympe. La composition fait aussi penser au “ablativus absolutus”, qui.... »

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