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Définition: AFFADISSEMENT, substantif masculin.

Publié le 08/12/2021

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Définition: AFFADISSEMENT, substantif masculin.

Action de s'affadir; état qui en résulte.

A.- [En parlant de choses envisagées sous le rapport du goût ou de l'odorat]

1. Vieilli. État d'une chose dont la saveur trop doucereuse produit de l'écoeurement. Affadissement de coeur (Dictionnaire de l'Académie Française ).

Remarque : Coeur, au sens de " siège de la nausée ", synonyme de estomac.

2. Rare. État d'une chose (ragoût, sauce, etc.) dont la saveur a perdu toute force; par extension en parlant de l'odeur :

Ø 1.... de toute sa religion [de Germinie] , il ne lui resta plus à la pensée qu'une certaine douceur lointaine et comme l' affadissement d'une odeur
d'encens éteint.

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Germinie Lacerteux, 1864, page 49.

B.- Au figuré .

1. [En parlant de créations du génie humain : arts, pensée, etc.]

a) Vieilli. État de ce qui produit un sentiment d'écoeurement (physique et moral); écoeurement :

Ø 2.... c'était surtout aux heures des repas qu'elle n'en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte qui
criait, les murs qui suintaient, les pavés humides; toute l' amertume de l'existence lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait
du fond de son âme comme d'autres bouffées d' affadissement.

GUSTAVE FLAUBERT, Madame Bovary, tome 1, 1857, page 74.

b) État de ce qui a perdu toute vigueur.

- [En parlant des arts] :

Ø 3.... Boucher noie ses tons dans le délayage et l' affadissement.

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, L'Art français au XVIII e . siècle, tome 1, 1880-1882, page 144.

Ø 4. En quel affadissement notre art est tombé! la vieille lyre est brisée. Notre vers, où se répercutaient mille tonnerres, est changé en une crécelle, au
son âpre, sec et dur.

ERNEST RENAN, Drames philosophiques, 1888, page 690.

- [En parlant de toute autre création de l'esprit] :

Ø 5. Il allait hériter dans un pauvre canton

De l' affaiblissement des plus vieux municipes.

Il allait hériter d'Aristote et Platon

Par le désistement des plus fermes principes.

Il allait hériter dans son pauvre canton

De l' annulation des plus grands municipes.

Il allait hériter de Socrate et Platon

Par l' affadissement des plus fermes principes.

CHARLES PÉGUY, Ève, 1913, page 860.

2. [En parlant de l'existence humaine] État de ce qui a perdu toute vitalité et tout intérêt :

Ø 6. Hélas! la tristesse serait-elle une chose sans raison, un courant? ou bien n'y aurait-il pas plutôt, sous cette mauvaise disposition de l'humeur,
toujours une cause secrète qui vous échappe? serait-ce le ressentiment et l' affadissement d'une vie plus plate depuis quelque temps encore que de
coutume? une vie où l'imprévu n'arrive pas, où les lettres manquent chez le portier, où l'on n'est secoué par rien, où les gens qu'on voit vous font l'effet
de redites? Serait-ce l'arrêt dans notre travail, le repos paresseux au milieu de notre roman, qui nous donne ce vide et ce marasme ?

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal, janvier 1861, page 878.

- Par métonymie . [En parlant de la personne humaine sous le rapport de son genre de vie] :

Ø 7. Il faut entrer dans la manufacture, quand elle est au travail, et l'on comprend que ce silence, cette captivité pendant de longues heures,
commandent, à la sortie, pour le rétablissement de l'équilibre vital, le bruit, les cris, le mouvement. Cela est vrai surtout pour les grands ateliers de filage
et tissage, véritable enfer de l'ennui. Toujours, toujours, toujours, c'est le mot invariable que tonne à votre oreille le roulement automatique dont
tremblent les planchers. Jamais l'on ne s'y habitue. Au bout de vingt ans, comme au premier jour, l' ennui, l' étourdissement sont les mêmes, et
l' affadissement. Le coeur bat-il dans cette foule? bien peu, son action est comme suspendue; il semble, pendant ces longues heures, qu'un autre coeur,
commun à tous, ait pris la place, coeur métallique, indifférent, impitoyable,...

JULES MICHELET, Le Peuple, 1846, page 83.

Ø 8. Nous sommes retombés dans l' ennui de toute la hauteur du plaisir. Nous sommes mal organisés, prompts à la fatigue. Une semaine nous dégoûte
pour trois mois; et nous sortons de l'amour avec un abattement de l'âme, un affadissement de tout notre être, une prostration du désir, une tristesse
vague, informulée et sans bornes.

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal, août 1855, page 193.

Ø 9. Caroline ne lisant rien, ne sachant rien, ne s'intéressant à rien, n'a aucune conversation et avec elle, l' ennui est toujours à la porte, si bonne femme
qu'elle soit. Pour elle d'ailleurs les enfants seuls existent et le sien en particulier. Il faut se faire père nourricier, pour faire avec elle vie qui dure. Et ce rôle
est naturellement tôt épuisé et vite fastidieux. La gésine et la nursery ne sont pas l'affaire dominante de l'homme. Nous traversons ces affaires
d'entrailles, mais nous n'y pouvons demeurer, sous peine d' abêtissement, ou du moins d' affadissement.

HENRI-FRÉDÉRIC AMIEL, Journal intime, 13 juillet 1866, page 365.

Ø 10. Irène avait changé. Ou plutôt elle était redevenue telle que jadis, avant l'arrivée de Laure à Sainte-Mechtilde. Sans doute, ses deux grossesses,
trop rapprochées, étaient-elles cause de son empâtement physique, signe trop révélateur de son affadissement moral. Il n'y avait pas si longtemps
encore, se disait Laure, elle s'enthousiasmait pour un texte de Pascal! était-ce donc cela, le bonheur, cet ensevelissement dans le confort, la routine,
l'oubli, dans cet égoïsme candide et niais des jeunes mères?

HENRI PETIOT, DIT DANIEL-ROPS, Mort, où est ta victoire?, 1934, page 76.

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 12.

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