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Définition: ADORANT, -ANTE, participe présent, adjectifet substantif.

Publié le 08/12/2021

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Définition: ADORANT, -ANTE, participe présent, adjectifet substantif.

I.- Participe présent de adorer*

II.- Adjectif. Qui adore; qui est en état d'adoration.

- Au sens religieux :

Ø 1.... les positivistes estiment que l'homme est un animal adorateur. Auguste Comte fut très attentif à pourvoir aux besoins de cet animal adorant

ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, Le Mannequin d'osier, 1897, page 218.

Ø 2. Toujours pour la même raison, et parfois au mépris de la grammaire, il multipliera et déclinera les participes. Il parlera de la « naissance adorante »
de Jésus.

ABBÉ HENRI BREMOND, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, tome 3, 1921, page 68.

- Au sens profane :

Ø 3. Mon pauvre Toby-noir, que faire de toi? Voilà que nous allons partir pour Bayreuth!... Va je t'emmènerai... j'ai besoin de ta présence adorante et
muette...

GABRIELLE COLLETTE, DITE COLETTE, Claudine s'en va, 1903, page 155.

Ø 4. Elle sent monter vers elle, comme hier et comme toujours, ce murmure de tendre ferveur, de désir balbutiant, de prière silencieuse, ce murmure, ce
souffle adorant sans lequel on ne saurait vivre quand on s'appelle Suzanne.

GEORGES DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Suzanne et les jeunes hommes, 1941, page 194.

III.- Substantif . [En parlant d'une personne]

- Au sens religieux :

Ø 5. Un Lamartine n'écrit pas avec sa souffrance et sa fièvre, par soubresauts maladifs. C'est un voyant, un adorant il composait, comme ses chevaux et
ses lévriers couraient...

MAURICE BARRÈS, Les Maîtres, 1923, page 247.

- Au sens profane :

Ø 6. Vous êtes tout le temps à genoux, comme les chameaux des Africains, qui s'agenouillent à la porte de chaque ville. Ah! quand je vois ce peuple
d' adorants hébétés, il m'arrive de me dire que le respect est un sentiment horrible.

HENRI DE MONTHERLANT, La Reine morte, 1942, II, 1 er. tableau, 2, page 178.

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 148.

Forme dérivée du verbe "adorer"

adorer

ADORER, verbe transitif.

I.- Emploi transitif .

A.- RELIGION. Rendre un culte à Dieu, à une divinité, à un symbole divin, etc. :

Ø 1. Il y élévera une ville de paix et de lumière. Un peuple saint viendra l'habiter. Ses portes s'ouvriront au soleil levant, et ne se fermeront plus pendant
toutes les éternités. Les nations y viendront au son des instruments, et en chantant des cantiques, louer et adorer le Seigneur, qui leur aura procuré
tous ces bienfaits.

LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN, L'Homme de désir, 1790, page 396.

Ø 2. Dans quel canton de l'Inde est votre pagode? - Partout, répondit le paria : ma pagode c'est la nature; j' adore son auteur au lever du soleil, et je le
bénis à son coucher.

JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, La Chaumière indienne, 1791, page 100.

Ø 3. «... si nous la [la nature] considérons avec un coeur simple, nous y verrons Dieu dans sa puissance, son intelligence et sa bonté; et comme nous
sommes faibles, ignorants et misérables, en voilà assez pour nous engager à l' adorer , à le prier, et à l' aimer toute notre vie sans disputer. »

JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, La Chaumière indienne, 1791 page 107.

Ø 4. Tous les Tartares en général ont le plus grand respect pour le soleil; ils le regardent comme le père de la lune, qui emprunte de lui sa lumière; ils
font des libations en l'honneur des élémens, et surtout en l'honneur du feu et de l'eau. Les Votiaks du gouvernement d'Orenbourg adorent la divinité
de la terre, qu'ils appellent Mon-Kalzin; le dieu des eaux, qu'ils nomment Vou-Imnar; ils adorent aussi le soleil, comme le siège de leur grande divinité.

CHARLES-FRANÇOIS DUPUIS, Abrégé de l'origine de tous les cultes, préface, 1796, pages 22-23.

Ø 5. Ainsi, la loi d' adorer Dieu, d' honorer son père, de respecter la femme d'autrui, est généralement obligatoire, et ne peut admettre de dispense, et la
loi qui prescrit la manière d' adorer Dieu en entendant la messe le dimanche, en solennisant les fêtes, ou même de n'avoir qu'une femme, est

conditionnellement obligatoire, suppose certaines circonstances de temps, de lieu et de position, et elle est susceptible de dispense;...

LOUIS-GABRIEL A. DE BONALD, Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules ténèbres de la raison, tome 2, 1802, page
30.

Ø 6. Je ne vois pas là de quoi accuser et injurier les Turcs. Cette prétendue intolérance brutale, dont les ignorants les accusent, ne se manifeste que par
de la tolérance et du respect pour ce que d'autres hommes vénèrent et adorent . Partout où le Musulman voit l'idée de Dieu dans la pensée de ses frères,
il s'incline et il respecte.

ALPHONSE DE LAMARTINE, Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient (1832-1833) ou Note d'un voyageur, tome
1, 1835, page 442.

Ø 7. Si, tandis qu'elle court et cueille à la volée,

Une croix se rencontre, elle, soudain voilée,

Humble, ses yeux riants baissés, et de sa main

Faisant une autre croix lentement sur son sein,

Se prosterne à genoux, adore les mystères

Et prie éperdument les plus hautes prières.

MAURICE DE GUÉRIN, Poésies, Maurice et François, 1839, page 69.

Ø 8. LUI. - Ah! monsieur, d'abord notre mère nous l'a bien dit, et puis après, quand j'ai été grand, j'ai bien connu de bonnes âmes qui m'ont conduit
dans les églises où l'on se rassemble pour L' adorer et le servir en commun, et pour écouter les paroles qu'Il a chargé ses saints de révéler aux hommes
en son nom.

ALPHONSE DE LAMARTINE, Le Tailleur de pierre de Saint-Point, 1851, page 425.

Ø 9. Ces différentes règles prouvent assez que, dans l'opinion des anciens, il ne s'agissait pas seulement de produire ou de conserver un élément utile
et agréable; ces hommes voyaient autre chose dans le feu qui brûlait sur leurs autels. Ce feu était quelque chose de divin; on l' adorait, on lui rendait
un véritable culte.

NUMA-DENIS FUSTEL DE COULANGES, La Cité antique, 1864, page 22.

Ø 10. Le Grand prêtre. - T'es-tu fait des images taillées ou des représentations des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont ici-bas sur la terre
ou dans les eaux plus bas que la terre? (Saül hausse les épaules avec impatience). Ne t'es-tu pas prosterné devant elles et ne les as -tu point adorées ?
Car je suis l'Éternel, ton Dieu, un Dieu fort et jaloux.

ANDRÉ GIDE, Saül, 1903, III, 5, page 325.

1. emploi absolu . Adorer la divinité :

Ø 11. Pour moi, je vois Dieu partout, je sens mon âme par la conscience : qu'ai-je besoin d'autres preuves pour être bon père, bon ami, excellent citoyen,
en un mot, honnête homme? Nos têtes s'inclinèrent, et nous adorâmes.

JEAN DUSAULX, Voyage à Barège et dans les Hautes-Pyrénées fait en 1788, tome 1, 1796, page 201.

Ø 12. À peine a-t-il prononcé ces mots, qu'une force surnaturelle me contraint de tomber à genoux, et m'incline la tête au pied du lit d'Atala. Le prêtre
ouvre un lieu secret, où étoit renfermée une urne d'or, couverte d'un voile de soie : il se prosterne et adore profondément.

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Le Génie du christianisme, tome 2, 1803, page 256.

Ø 13. Il étend au loin ses racines;

Comme un troupeau sur les collines,

Sa famille couvre Ségor;

Puis dans un riche mausolée

Il est couché dans la vallée,

Et l'on diroit qu'il vit encor.

C'est le secret de Dieu, je me tais et j' adore !

ALPHONSE DE LAMARTINE, Méditations poétiques, La Poésie sacrée, 1820, page 260.

Ø 14. L'homme le plus bas aime mieux être juste qu'injuste, tous nous adorons, nous prions bien des fois par jour sans le savoir. Et l'on est étonné
lorsqu'un hasard nous révèle soudain l'importance de cette part divine.

MAURICE MAETERLINCK, Le Trésor des humbles, 1896, page 246.

2. Locution . Adorer la Croix. (En particulier le jour du Vendredi saint) " Non en elle-même, ni comme instrument majeur du supplice du fils de Dieu, mais en ce
qu'elle est couverte du sang divin, qu'elle représente Jésus-Christ étendu sur elle et rapporte réellement au Rédempteur l'adoration extérieurement rendue à la Croix. "
(Dictionnaire universel de la langue française (LOUIS-NICOLAS BESCHERELLE) 1845).

· Au figuré . Adorer le veau d'or. " Faire la cour à un homme de peu de mérite, à cause de ses richesses. " (Dictionnaire de la langue française (ÉMILE LITTRÉ)).
L'histoire du veau d'or fabriqué et adoré par Israël pendant que Moïse était sur le mont Sinaï, est racontée au chapitre XXXII du livre de l' Exode.

Remarque : Adorer est en association synonymique avec rendre un culte (exemple 9), vénérer (exemple 6), est rapproché d' honorer, respecter (exemple 5). Le
contexte étant religieux , adorer se rencontre avec louer (exemple 1), bénir (exemple 2), prier (exemple 14), servir (exemple 8). On adore Dieu (exemple 5), le Seigneur
(exemple 1), on adore aussi le soleil, la divinité de la terre (exemple 4), ou ce qui se rattache à Dieu ou aux divinités : les mystères (exemple 7), le feu (exemple 9). On
adore les idoles (ALAIN, Propos, 1923, page 565).

B.- Par extension. Manifester un attachement et une vénération admirative et passionnée pour un grand homme :

Ø 15.... vous, qui avez lâchement sacrifié un peuple entier qui vous adorait à des hommes superbes qui vous méprisent; vous, qui pouviez jouir de la
gloire immortelle de sauver la France, et qui avez préféré d'en être le fléau; quels fruits attendez-vous de vos manoeuvres criminelles?

JEAN-PAUL MARA, DIT MARAT, Les Pamphlets, Nouvelle dénonciation contre Necker, 1790, page 194.

Ø 16. Quiconque étoit introduit devant l'Empereur se prosternoit et adoroit.

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Études historiques, 1831, page 199.

Ø 17. L'aîné, soldat de 1792, blessé grièvement à l'attaque des lignes de Wissembourg, adorait l'Empereur Napoléon et tout ce qui tenait à la Grande
Armée.

HONORÉ DE BALZAC, La Cousine Bette, 1847, page 22.

Ø 18. Elle les [les lettres] lisait tout haut à ma mère, qui haussait les épaules, et à Deschartres, qui les prenait pour paroles d'évangile, car l'Empereur
était sa bête noire et il le tenait fort sérieusement pour un cuistre. Ma mère était comme le peuple, elle admirait et adorait l'Empereur à cette époque.
Moi, j'étais comme ma mère et comme le peuple.

AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, Histoire de ma vie, tome 2, 1855, page 349.

Ø 19. C'est un des nôtres ayant inventé parallèlement à ceux de notre âge, tous nos enthousiasmes de ce moment même et nos préférences. Il connaît la
littérature française mieux qu'aucun d'ici, et adore et vénère Wagner.

STÉPHANE MALLARMÉ, Correspondance, 1872, page 29.

C.- Aimer d'une affection ou d'un amour passionnés.

1. [Le complément désigne une personne]

a) En général. Notamment pour les affections familiales :

Ø 20. Laissez-moi seule, vous dis-je; votre présence m'afflige, votre tendresse m'offense, et vos offres me font horreur. J' aimais votre frère, lorsqu'il
était l'espoir de sa famille; je l' adore depuis qu'il en est banni.

JEAN-HENRI-FERDINAND LA MARTELIÈRE, Robert, chef de brigands, I, 1, 1793, page 1.

Ø 21. - « Je ne puis rester avec toi qu'un instant, papa; mon empressement à venir te voir a paru surprendre; je ferai ma visite courte, afin que l'on
croie qu'elle n'est que de politesse.

- Charmante enfant! Tu as autant d'esprit et de délicatesse, que de beauté! Je t' adore ... je te chéris, » dis-je aussitôt, en me reprenant; « je t' aime en
tendre père!... »

NICOLAS-EDME RESTIF, DIT RESTIF DE LA BRETONNE, Monsieur Nicolas, 1796, page 28.

Ø 22.... « ce garnement l'a rendu fou! » Il m' adorait, c'était manifeste. M' aimait- il? Dans une passion si publique, j'ai peine à distinguer la sincérité de
l'artifice : je ne crois pas qu'il ait témoigné beaucoup d'affection à ses autres petits-fils;...

JEAN-PAUL SARTRE, Les Mots, 1964, page 15.

b) En particulier, dans le langage de l'amour . [L'objet de l'adoration est le plus souvent une femme] :

Ø 23.... il s'agite à pas tumultueux;

En projets enchanteurs il égare ses voeux.

Il ira, le coeur plein d'une image divine,

Chercher si quelques lieux ont une Clémentine,

Et dans quelque désert, loin des regards jaloux,

La servir, l' adorer et vivre à ses genoux.

ANDRÉ CHÉNIER, Élégies, Souhaits de vie indépendante, 1794, page 152.

Ø 24. J' étais à vos pieds pour implorer mon pardon, et je m'y prosterne de nouveau pour adorer la clémence de mon adorable soeur. Ah! permettez-moi
de vous donner ce nom si doux à mon coeur, ce nom qui me rappellera sans cesse le seul genre d'affection que je puis espérer de vous.

GABRIEL SÉNAC DE MEILHAN, L'Émigré, 1797, page 1738.

Ø 25. « Es-tu ici pour y entrer avec moi? » En entendant ces paroles si tendres, mais auxquelles la constante pensée de Dieu mêle tant d'innocence,
Malek Adhel, enivré d'une félicité inconnue, s'abandonne sans contrainte aux vives et profondes émotions qui l'agitent; à genoux devant Mathilde, il la
contemple et l' adore, il ne voit qu'elle, il a oublié toute autre pensée : c'est un de ces momens d'extase où on devine le ciel...

SOPHIE COTTIN, Mathilde, tome 5, 1805, page 273.

Ø 26. Sois bien convaincue, ma bien-aimée Adèle, qu'il n'y a en ce moment rien contre toi dans mon coeur. Je te plains d'être souffrante, je t' admire, je
t' adore et te respecte comme toujours.

VICTOR HUGO, Lettres à la fiancée, 1822, page 134.

Ø 27. J'épousai votre mère, que j' appréciais, que j' estimais, mais que je n' adorais pas. L'amour est venu plus tard, vous le savez; non cet amour qui
tient du délire des sens, ou de l'imagination, mais cet amour véritable, cimenté par le temps, par notre bonheur mutuel, par toutes les vertus, que je
découvrais en elle.

EUGÈNE SCRIBE, A.-F. VARNER, Le Mariage de raison, 1826, I, 10, page 393.

Ø 28. Toute la gamme de ma passion ne sera pas scrupuleusement notée, comme elle l'était : je me contenterai d'écrire ici les phrases qui sont toute son
harmonie : « je t' aime. Je t' adore . Je t' idolâtre. »

STÉPHANE MALLARMÉ, Correspondance, 1862, page 37.

Ø 29. Je me suis donné du mal, vous savez... ils sont très rares, Dickie; toutes mes petites économies y ont passé. Alors je l'embrassai. J'éprouvais
devant elle des sentiments si complexes que je les comprenais mal moi-même. Je la détestais et je l' adorais . Je la croyais innocente et coupable. La
scène violente que j'avais préparée tournait en conversation amicale, confidentielle.

ÉMILE HERZOG, DIT ANDRÉ MAUROIS, Climats, 1928, page 115.

Ø 30. Le mot « bien-aimée » lui ayant paru affaibli, il le remplaça. En une ivresse verbale, une frénésie de prosternement, il lui dit, séparant les syllabes,
qu'il l' a-do-rait, au sens plein, au sens théologique, au sens d'anéantissement servile, d'absorption passionnelle souveraine, de désir de rien autre au
monde, qu'il croyait toute la religion qu'elle eût voulu qu'il crût, - et qu'est-ce que ça lui faisait? Attentive, mal visible, juste assez présente pour
entendre, elle semblait accepter qu'il lui parlât ainsi.

JOSEPH MALÈGUE, Augustin ou le Maître est là, tome 2, 1933, page 412.

Remarque : 1. Adorer entre dans le domaine de l'affectivité et particulièrement dans le vocabulaire amoureux. Il est en association synonymique avec chérir
(exemple 21), en concurrence avec apprécier, estimer (exemple 27), admirer, respecter (exemple 26); il renchérit sur aimer (exemple 20, 21). 2. Le verbe ainsi employé
garde le souvenir de ses origines religieuses d'où la gradation des termes aimer, adorer, idolâtrer dans l'exemple 28. Dans l'exemple 30, tout en étant employé dans
un contexte affectif, le verbe a son sens théologique plein. Ainsi que dans son emploi religieux, adorer s'accompagne parfois d'attitudes respectueuses : se
prosterner, être aux pieds de (exemple 24), vivre aux genoux de (exemple 23). Adorer est encore associé à contempler (exemple 25). 3. Syntagmes fréquents : adorer
une femme (ÉMILE ZOLA, Germinal, 1885, page 1431); - son père (ANDRÉ MAUROIS, Ariel ou la Vie de Shelley, 1923, page 162); - sa mère (ROGER MARTIN DU
GARD, Les Thibault, Épilogue, 1940, page 799).

2. [Le complément désigne un animal ou une chose concrète ou abstraite] Chérir beaucoup, avoir un goût très vif pour un être, pour une chose.

a) [Le complément désigne un objet ou un lieu familier] :

Ø 31. - Le fait est que si mon inconnue est aussi aimable qu'elle est belle, je vous déclare que je me fixe à Rome pour six semaines au moins. J' adore
Rome, et d'ailleurs j'ai toujours eu un goût marqué pour l'archéologie.

- Allons, encore une rencontre ou deux comme celle-là et je ne désespère pas de vous voir membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Cristo, tome 1, 1846, page 525.

Ø 32. - Il y a en moi un homme féroce. Il aime la chasse au renard. Il en a entendu un qui, pour attirer les poules, imitait la voix du coq. Je déteste le
travail, mais j' adore mon cabinet de travail.

JULES RENARD, Journal, 1903, page 868.

b) [Le complément désigne un animal] :

Ø 33. Quant à Mademoiselle Clémence, la repasseuse, elle se conduisait comme elle l'entendait, mais on ne pouvait pas dire, elle adorait les animaux,
elle possédait un coeur d'or.

ÉMILE ZOLA, L'Assommoir, 1877, page 427.

c) [Le complément désigne une qualité ou une valeur] :

Ø 34. Exempt de presque tous les préjugés qui affligent la société, je n'en ai qu'un, mais bien puissant, qui dirige ma conduite et sera toujours le mobile
de mes actions; c'est que j' adore la vertu et que j' abhorre le crime.

RENÉ-CHARLES GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT, Victor ou l'Enfant de la forêt, 1798, II, 3, page 28.

Ø 35. Il aimait le luxe comme les fleurs aiment le soleil, la fortune l'attirait surtout par son côté lumineux et charmant. Il comprenait, il adorait les arts.
C'était un coeur honnête, un esprit généreux. S'il s'était consumé dans l'inaction, c'est qu'il avait dû subir les exigences de son nom, moins impérieuses
encore que la volonté de sa mère.

JULES SANDEAU, Sacs et parchemins, 1851, page 38.

Ø 36. - Hier soir, disait Madame Hugon, Georges m'a menée au théâtre. Oui, aux Variétés, où je n'avais certainement plus mis les pieds depuis dix ans.
Cet enfant adore la musique... moi, ça ne m'a guère amusée, mais il était si heureux!... On fait des pièces singulières, aujourd'hui. D'ailleurs la musique
me passionne peu, je l'avoue.

ÉMILE ZOLA, Nana, 1880, page 1157.

Ø 37. Je déteste le diable, j' adore Dieu. Puis ici, où je suis plongeuse et où j'ai l'après-midi du jeudi libre. J' adore la liberté, je déteste l'esclavage.

JEAN GIRAUDOUX, La Folle de Chaillot, 1944, I, page 94.

Remarque : 1. Adorer, dans ce cas, c'est avoir un goût marqué pour (exemple 31), les arts (exemple 31, 35), la musique (exemple 36), des notions abstraites (exemple
34), les animaux (exemple 33). Adorer est à rapprocher de passionner (exemple 36) et s'oppose à abhorrer (exemple 34), détester (exemple 32). 2. Dans cet emploi, le
sens de adorer se dégrade facilement, notamment dans la langue parlée, où il aboutit à n'être qu'un synonyme à peine superlatif de aimer. D'où par exemple
l'expression j'adore ça, familièrement et ironiquement :

Ø 38. Puis elle s'assura qu'ils étaient seuls, et, plongeant son regard dans les yeux d'Antoine, elle chuchota : - « sermonne-moi, j' adore ça... Je
t'écouterai, tu verras... Je me corrigerai... Je deviendrai comme tu veux... »

ROGER MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, page 223.

II.- Emploi pronominal .

A.- Emploi réfléchi. Être en adoration de soi, s'idolâtrer, être atteint de narcissisme :

Ø 39. Cet homme n'est occupé que de lui; il s'adore véritablement.

Dictionnaire de la langue française (ÉMILE LITTRÉ).

B.- Emploi réciproque. S'aimer follement l'un l'autre :

Ø 40. Ces deux amants s'adorent.

Dictionnaire universel de la langue française (LOUIS-NICOLAS BESCHERELLE) 1845.

Ø 41. Tu as fait une sottise, mon brave : on n'épouse jamais sa maîtresse. Tu ignores la vie; un jour tu comprendras ta faute, tu te souviendras de mes
paroles. Ces sortes de mariages sont exquis, mais ils tournent toujours mal : on s'adore pendant quelques années et l'on se déteste le restant de ses
jours.

ÉMILE ZOLA, Madeleine Férat, 1868, page 142.

Remarque générale  : Comme le montrent les contextes, le sens de adorer oscille entre deux extrêmes. D'une part le sens religieux très fort et exclusif en raison de
l'objet adoré qui est le Dieu jaloux de la Bible et de là aussi l'emploi dans le langage de la passion amoureuse; d'autre part, en raison de la médiocrité de l'objet ou de
la familiarité du ton, un emploi affaibli où il n'est plus question que de goût préférentiel. Entre les deux, les cas où l'objet désigne une valeur. Confer une situation
semblable pour le verbe aimer et d'autres verbes affectifs appréciatifs.

 

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 3 806. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 6 383, b) 6 303; XXe. siècle : a) 5 597, b) 3 994.

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