Databac

Commentaire linéaire : Les cauchemars de Mme.Walter, Bel-Ami, Maupassant

Publié le 22/05/2026

Extrait du document

« Texte 2- Maupassant, Bel-Ami Accroche : Etymologiquement, le mot réalisme provient du latin médiéval realis, signifiant « relatif à la chose », auquel on a ajouté le suffixe -isme indiquant une doctrine ou une tendance.

Le réalisme est donc la doctrine qui accorde la primauté aux choses elles-mêmes plutôt qu’aux représentations, idées ou perceptions que nous en avons. Cependant, dans le domaine littéraire, le réalisme est un mouvement en réaction avec le romantisme, qui cherche à représenter tous les aspects du réel : il s’intéresse aux choses, aux gens ainsi qu’aux situations qui n’étaient pas jusque-là considérées comme artistiques. Guy de Maupassant, un écrivain réaliste et connu pour sa peinture acerbe de la société bourgeoise, publie en 1885 un roman intitulé Bel-Ami.

Celuici retrace l'ascension sociale de Georges Duroy (surnommé Bel-Ami), un homme séduisant et sans scrupules qui manipule notamment les femmes pour gravir les échelons de la société parisienne. Le passage qu’il s’agit d’étudier présente Mme Walter, l’épouse d'un puissant directeur de journal et maîtresse de Duroy, qui la délaisse pour sa fille Suzanne.

Elle descend dans la serre pour prier devant un tableau du Christ.

Mais la scène bascule vers une hallucination quand le visage du Christ se confond avec celui de son amant. Problématique : Dans quelle mesure Maupassant transforme-t-il une scène de dévotion religieuse en portrait d’une femme tourmenté par une passion destructrice ? Plan : Pour répondre à cette question, I – Nous verrons que l’ambiance mystique de l’extrait provient de la serre, un espace envoutant qui trouble les sens (lignes 1 à 12) II – Nous analyserons ensuite la confusion entre le sacré et le profane (lignes 13 à 20) III – Enfin, nous étudierons le basculement vers la folie cauchemardesque (lignes 21 à 34) I – La serre, un espace qui trouble les sens a) Description de la serre, en tant que chapelle étouffante (portée fantastique) - Les trois verbes d'action coordonnés (« pris, sortit, descendit) = progression furtive, voire somnambulique/action solitaire et nocturne. - Unique source de lumière (« errante ») = « bougie », elle isole Mme Walter du monde et annonce une scène d'intimité mystique. - Métaphore serre//chapelle → sacralisation de l'espace . - Serre peu commune (« lourdes plantes des pays chauds », « ce bois étrange », « plantes extravagantes », « aspects de monstres », « apparences d’êtres », « difformités bizarres ») → instaure une inquiétante étrangeté dans laquelle on a du mal à respirer. b) Les effets de la serre sur une femme déjà tourmenté - Enumération de verbes à l’imparfait (« entrait », « étourdissait », « grisait », « faisait », « donnait »)=> l’atmosphère agit directement sur le corp de Mme Walter (« sensation confuse […] de mort» ) L'air devient drogue insupportable (« volupté énervante »). - Personnification des plantes : « leur haleine pesante » → atmosphère « pesante », - Oxymore « faisait plaisir et mal » →confusion centrale du texte (jouissance//souffrance/désir//culpabilité) Maupassant prépare l'hallucination à venir par un brouillage progressif des sens - Le qualificatif « pauvre femme » introduit pov du narrateur : compassion ironique, teintée de pitié.

Mme Walter n'est plus une bourgeoise respectable mais une femme vulnérable, livrée à ses émotions. II – Le confusion de sacré et du profane a) La sacralité de l’intention de Mme Walter… - La soudaineté de la vision (« tout d'un coup ») → choc émotionnel. La chute à genoux est un geste de dévotion religieuse mais le verbe « tomba » laisse douter le lecteur : elle prie ou elle s’effondre ? - Champs lexical de la prière (« mots d’amours », « invocations passionnées et désespérées») + ferveur de sa prière (« éperdument », « ardeur ») →sacralité de la scène cependant très vite remplacé par une confusion monumentale. b) … qui se blasphémise - « Il ressemblait tellement à Bel-Ami » →superposition des visages, du Christ et de Duroy. - Adverbe hyperbolique « tellement » = souligner la ressemblance totale, irrésistible du pov de Mme Walter qui projette le visage de son amant sur le tableau sacré - Lumière « tremblante » →renforcement de l’hallucination - Négation « ce n'était plus » = basculement irréversible..... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles