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Charles Quint

Publié le 06/12/2021

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1   PRÉSENTATION

Charles Quint (1500-1558), roi des Pays-Bas (1515-1555), roi d’Espagne sous le nom de Charles Ier (1516-1556) et empereur du Saint Empire romain germanique (1519-1556).

Souverain de la Renaissance dont l’objectif a été de créer une monarchie catholique universelle à son profit, Charles Quint s’est heurté à l’émergence du protestantisme et à celui des États nationaux, notamment de la France.

2   SOUVERAIN D’UN VASTE EMPIRE

Fils du roi Philippe Ier de Castille et de Jeanne la Folle, Charles est par sa mère le petit-fils de Ferdinand V de Castille et d’Isabelle Ire la Catholique, et par son père, le petit-fils de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg. Né à Gand, l’ancienne capitale de la Flandre (aujourd’hui en Belgique), Charles Quint hérite, à la mort de son père en 1506, du royaume de Bourgogne puis, en 1515, de la principauté des Pays-Bas. En 1516, lorsque décède Ferdinand V, il devient roi des Espagnes et des Deux-Siciles où il impose, avec difficulté, son autorité avec l’aide du régent en place, Adrien d’Utrecht (1522), le futur pape Adrien VI.

La mort de son grand-père Maximilien Ier (1519), empereur germanique, ouvre à Charles Quint une succession délicate, François Ier prétendant lui aussi à la couronne impériale. Ayant gagné les Électeurs à sa cause, Charles Quint est proclamé empereur du Saint Empire, puis couronné roi de Germanie à Aix-la-Chapelle, le 23 octobre 1520. Il obtient alors les possessions des Habsbourg en Europe centrale, où son frère cadet Ferdinand (futur empereur sous le nom de Ferdinand Ier) est gouverneur.

Sans conteste le souverain le plus puissant de la chrétienté, Charles Quint domine alors un ensemble de territoires comprenant les royaumes espagnols d’Aragon et de Castille, les États italiens de Naples, de Sicile et de Sardaigne, les territoires conquis en Amérique et en Afrique, les Pays-Bas, la Flandre, l’Artois, l’Alsace, la Franche-Comté, ainsi que l’ensemble des possessions des Habsbourg. Face à cette nouvelle puissance habsbourgeoise, le souverain français craint pour ses terres encerclées. En fait, l’unité d’un tel empire n’est que théorique, car Charles, dont l’éducation est de tradition française et catholique, demeure un étranger en Espagne, et plus encore en Allemagne. Cette difficulté à réunir sous un même nom de si vastes possessions est d’ailleurs vite comprise par François Ier qui cherche alors à exploiter la faiblesse de Charles Quint.

3   LES GUERRES FRANCO-GERMANIQUES

La rivalité entre la France et l’Italie, portant sur les possessions italiennes et la Bourgogne, conduit François Ier à entrer en guerre avec l’empereur qui, de ce fait, détourne son attention des affaires intérieures allemandes.

La première guerre opposant Charles Quint (allié à Henri VIII d’Angleterre) et François Ier tourne à l’avantage de l’empereur. Après l’échec diplomatique français au camp du Drap d’or, en 1520, la France est envahie (1522) et François Ier est capturé après la bataille de Pavie en 1525. Face au vainqueur germanique, il est contraint de signer, en 1526, le traité de Madrid, aux termes duquel il renonce à toutes ses prétentions sur l’Italie et la Bourgogne.

Libéré l’année suivante, François Ier reprend les hostilités, fort de l’alliance qu’il vient de conclure avec Henri VIII et le pape Clément VII. Mais le pape est capturé à Rome en 1527 et emprisonné pendant sept mois. La guerre prend fin avec la signature du traité de Cambrai (1529), par lequel François Ier renonce définitivement aux possessions italiennes contre la cession de la Bourgogne à la France par Charles Quint. En 1530, ce dernier est couronné empereur par le pape.

En 1536, Charles entre de nouveau en guerre contre la France, mais doit lui accorder la majeure partie du Piémont lors de la trêve de Nice (1538).

La guerre reprend, pour la quatrième fois, en 1542 et s’achève en 1544, avec la signature du traité de Crépy, renouvelant les termes du traité de Cambrai.

En définitive, l’opposition entre les deux couronnes se termine en 1556, lorsque Charles échoue dans la reconquête des trois évêchés de Toul, Metz et Verdun, occupés par les Français depuis 1552.

4   L’AFFIRMATION DU CATHOLICISME
4.1   La menace ottomane

Lors de chacun des conflits contre la France, Charles Quint cherche à hâter la paix afin de se consacrer, en sus des guerres religieuses intestines, à la défense de l’Empire contre la menace ottomane. En effet, le sultan Soliman Ier, après avoir soumis la péninsule balkanique, déclare la guerre à la Hongrie en 1526 et remporte la même année la bataille de Mohács. Trois ans plus tard, les Turcs assiègent Vienne. En 1535, l’amiral génois Andrea Doria, au service de Charles Quint, prend la tête d’une expédition en Afrique, met les Turcs en déroute à Tunis et libère environ 20 000 esclaves chrétiens. En 1538, la Sainte Ligue est constituée par le pape Paul III et la république de Venise. L’alliance ne dure pas et, en 1547, Ferdinand Ier, roi de Bohême et de Hongrie, frère de Charles Quint, doit signer un traité de paix avec les Turcs.

4.2   La lutte contre le protestantisme

Incapable de maintenir la paix dans son empire, en particulier dans sa partie allemande, Charles échoue dans sa tentative de repousser les Turcs. Déjà son accession au trône impérial coïncide avec la montée en puissance du luthéranisme, ce qui crée un antagonisme religieux entre les princes germaniques et l’empereur. Néanmoins, dès son avènement, Charles accepte de respecter les libertés germaniques. La diète de Worms s’ouvre en 1521, dans le but de rétablir la paix religieuse, mais Martin Luther, ayant refusé de se rétracter, est désavoué par cette dernière ; peu après, Charles Quint promulgue un édit condamnant Martin Luther. La période d’anarchie qui accompagne l’essor de la Réforme pousse alors les princes allemands à réclamer l’autonomie de leurs États. Les paysans profitent des troubles qui surviennent en 1524 pour se révolter. En 1530, peu de temps après son couronnement, Charles réunit la diète d’Augsbourg pour tenter de régler le problème religieux, mais les princes protestants lui opposent le document connu sous le nom de Confession d’Augsbourg, dont la teneur, inacceptable aux yeux de l’empereur, précipite l’échec des négociations et détermine la formation par les princes de la ligue de Smalkalde (1531). Les troubles agitant l’empire et le conflit avec les Turcs contraignent Charles Quint à différer son projet de soumettre les protestants, auxquels il reconnaît certaines libertés par la paix de Nuremberg (1532).

Plus tard, Charles Quint reprend les hostilités contre la ligue de Smalkalde, qui se transforment en guerre civile. Le 24 avril 1547, l’empereur remporte à la bataille de Mühlberg une victoire décisive sur les protestants. Cependant, en 1551, la prise de Magdeburg (fief du protestantisme) par Maurice, duc de Saxe et allié à Henri II de France (lequel soutient pour l’occasion les protestants germaniques), oblige Charles Quint à reculer devant les réformés. En 1552, il conclut, grâce à l’intervention de son frère Ferdinand Ier, le traité de Passau assurant la liberté religieuse aux États luthériens. En 1555, l’accord est confirmé par la paix d’Augsbourg.

5   L’ESSOR DES PAYS-BAS

En définitive, durant le règne de Charles Quint, seuls les Pays-Bas connaissent une période de croissance, due en grande partie à l’essor commercial des villes portuaires telles Amsterdam et Anvers. Une évolution politique s’ébauche aussi, avec la pragmatique sanction de 1549 qui reconnaît l’existence des Dix-Sept Provinces du pays comme un ensemble « indivisible et impartageable «.

Durant son règne, Charles Quint dirige ses territoires sous le signe de l’humanisme, avec Érasme, André Vésale ou Bruegel l’Ancien. Seule tache sombre au développement du pays, une révolte, fomentée par le monarque français, qui éclate en 1539 à Gand et est suivie d’une dure répression.

Épuisé par ces luttes constantes, tant internes que frontalières, Charles Quint cède entre 1555 et 1556 les Pays-Bas et l’Espagne à son fils Philippe II et abdique, en 1556, en faveur de son frère, Ferdinand Ier, pour se retirer au monastère de San Jerónimo de Yuste en Estrémadure.

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