carte mentale parcours "émancipations créatrices" bac 1ere générale
Publié le 11/05/2026
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Carte Mentale
Les Cahiers de Douai
Arthur Rimbaud (1870)
Parcours : Émancipations créatrices
« le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous
les sens »
Lettre à Demeny, 1871 — fil conducteur de l'œuvre
AXE I — S'émanciper de la société et de l'ordre établi
◆ Se moquer de la bourgeoisie
Rimbaud utilise la poésie comme arme contre le milieu bourgeois de Charleville qu'il juge
étouffant et ridicule.
Il s'en démarque radicalement.
« Moi, je suis débraillé comme un étudiant » — À la musique
→ Face aux « bourgeois poussifs », aux « gros bureaux bouffis » et aux « rentiers à lorgnons », Rimbaud
se positionne en marginal revendiqué.
Ce refus de ressembler aux autres est le point de départ de toute
son émancipation.
◆ Critiquer la religion
Rimbaud voit la religion comme hypocrite et complice des injustices.
Il accuse Dieu d'indifférence
face à la souffrance des hommes.
« Ô Dieu ! il se rit des hommes qui tombent » — Le Mal
→ Pendant que des soldats meurent, Dieu festoie autour des « nappes damassées ».
Dans Le Châtiment
de Tartuffe, Rimbaud va plus loin que Molière en mettant le faux dévot littéralement à nu.
Il veut penser
librement, sans se soumettre à des règles qu'il juge mensongères.
◆ Défendre les pauvres et les exclus
Rimbaud ne supporte pas les inégalités sociales et fait entendre la voix de ceux que personne
n'écoute.
La poésie devient outil de dénonciation.
« cinq petits — Misère ! » — Les Effarés
→ Des enfants pauvres collés contre la vitrine d'une boulangerie — le pain « lourd » et « blond » rend la
privation encore plus cruelle.
Dans le sillage de Victor Hugo (Melancolia), mais avec une révolte encore
plus vive, Rimbaud montre ce que la société préfère ne pas voir.
◆ Dénoncer la guerre et critiquer Napoléon III
En pleine guerre franco-prussienne de 1870, Rimbaud s'attaque directement au pouvoir impérial.
La poésie dit ce que les journaux officiels n'osent pas.
« La révolution est grande, et le petit empereur est faible » — Le Forgeron
→ L'Empereur est montré « raide sur son dada flamboyant » dans L'Éclatante Victoire de Sarrebrück —
image ridicule.
Dans Le Mal, « des milliers d'hommes » massacrés souligne l'horreur de la guerre.
La
poésie devient réquisitoire politique.
◆ Se servir de la tradition pour mieux s'en libérer
Rimbaud connaît parfaitement ses prédécesseurs (Villon, Molière, Shakespeare, Hugo) et s'en
sert comme tremplin pour les dépasser.
→ Dans Bal des Pendus, il reprend la danse macabre de Villon pour en faire un spectacle grotesque.
Dans
Ophélie, il rend hommage à Shakespeare.
Cette maîtrise des modèles lui permet de s'en éloigner avec
d'autant plus de force.
AXE II — S'émanciper par la fuite et le voyage
◆ La fugue comme premier geste de liberté
Partir est déjà s'émanciper.
Rimbaud fugue plusieurs fois pour échapper à sa mère, à Charleville,
à l'enfermement familial.
« Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées » — Ma Bohème
→ Le verbe sans complément indique un mouvement sans but précis, les « poings » dans les poches
donnent une impression de défi tranquille.
Dans Au Cabaret-Vert, il a « déchiré ses bottines » à force de
marcher.
Ce départ n'est pas une fuite triste : c'est un choix assumé, presque joyeux.
◆ Voyager pour se construire une identité
En errant sur les routes, Rimbaud construit une identité fondée sur la liberté plutôt que sur les
conventions sociales.
« J'irai loin, bien loin, comme un bohémien » — Sensation
→ La répétition de « loin » dit l'intensité du désir de s'éloigner.
Se comparer à un bohémien, c'est choisir la
figure de quelqu'un qui vit hors des règles.
Dans Ma Bohème, il se définit comme « Petit-Poucet rêveur » :
une identité de vagabond revendiquée.
◆ Marcher pour écrire : le voyage comme condition de la création
Chez Rimbaud, voyager et écrire ne sont pas séparés : le mouvement du corps fait naître les
mots.
« égrenait dans sa course des rimes » — Ma Bohème
→ Il compose des vers en marchant.
La forme même du poème le montre : le second quatrain déborde sur
le premier tercet, comme si les vers ne pouvaient pas s'arrêter.
Dans Au Cabaret-Vert, une simple pause de
fugue devient elle aussi moment de création poétique.
◆ Le voyage rêvé : s'évader par l'imagination
Le voyage chez Rimbaud n'est pas toujours réel : parfois il est inventé dans les poèmes, et c'est
aussi une forme d'émancipation.
« L'hiver nous irons dans un petit wagon rose / avec des coussins bleus » — Rêvé pour l'hiver
→ Dans Les Réparties de Nina, il imagine une promenade amoureuse pleine de sensualité mêlée de
détails prosaïques (« ça sentira l'étable »).
La poésie permet de partir sans bouger et d'inventer des
mondes que la vie réelle ne propose pas.
◆ La nature comme espace de liberté
Dans les Cahiers de Douai, la nature est un refuge où le corps et l'esprit sont enfin libres.
« Je laisserai le vent baigner ma tête nue » — Sensation
→ Dans Ma Bohème, « mon auberge était à la Grande-Ourse » : sa maison, c'est le ciel.
Dans Le....
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