PARTI COMMUNISTE VIETNAMIEN
Issu du Viet Nam Thanh Nien Cach Menh Dong Chi Hoi (Association de la Jeunesse révolutionnaire du Vietnam) qu’a fondé Nguyen Ai Quoc (le futur Ho Chi Minh) à Canton en 1925, le Parti communiste vietnamien (PCV) appartient à la seconde génération des partis communistes. Il est créé clandestinement à Hong Kong du 3 au 7 février 1930, en présence de Quoc, par l’unification de divers groupes communistes rivaux, mais doit prendre le nom de Parti communiste indochinois (PCI) pour être reconnu par le Komintern en avril 1931. Né en pleine crise révolutionnaire de l’Indochine française, il conduit les grèves et les manifestations paysannes de 1930-1931 et proclame même d’éphémères Xo Viet (« soviets » ruraux) dans deux districts de l’Annam. Objet des implacables répressions du pouvoir colonial, il parvient à survivre clandestinement grâce à l’aide du Komintern et du Parti communiste français (PCF), et même à passer en 1934 à l’activité légale, en alliance avec les trotskistes, dans le cadre du groupe cochinchinois La Lutte. Entre 1936 et 1939, il anime les grèves et le mouvement pour le Congrès indochinois, crée une presse légale et peut déjà prétendre à l’hégémonie dans le mouvement national. La Seconde Guerre mondiale lui donne ses chances. En 1941, quoique très affaibli par la répression, il s’engage à fond dans la lutte pour l’indépendance et dans la stratégie des fronts nationaux. Il fonde en mai 1941, dans la Haute-Région du Tonkin, le Viet Nam Doc Lap Dong Minh (Alliance pour l’indépendance du Vietnam ou Vietminh), structure d’accueil - qu’il contrôle étroitement - pour les divers courants et personnalités patriotiques. La révolution d’août 1945 est pour lui une prise du pouvoir réussie et, en dépit de son autodissolution formelle de novembre 1945, il est en mesure d’étendre partout un réseau ramifié d’organisations de masse et de prendre la direction de toute la vie sociale. Il recrute activement dans la jeunesse des villes et des campagnes et compte sans doute près de 20 000 membres en 1946. Il rallie la majorité des élites à sa stratégie de la libération nationale et conquiert une légitimité sociale qu’aucune force adverse ne parviendra à lui disputer. Reconstitué au congrès de février 1951 sous le nom de Lao Dong (Parti du travail), il exerce un contrôle serré sur les petits partis frères du Laos et du Cambodge. Sous le couvert de fronts patriotiques successifs, dépourvus de toute autonomie, mais qui encadrent les masses - au Vietminh succède, en 1951, le Lien Viet (Front de la patrie) et, en 1960, est créé au Sud le Front national de libération improprement appelé Vietcong (Communistes vietnamiens) -, il est, pendant les deux conflits indochinois (la guerre d’Indochine, puis la guerre du Vietnam), le cerveau et l’organisateur collectif de l’action militaire et politique, l’organisateur de la victoire. Dirigé par Truong Chinh, son secrétaire général depuis 1941, il compte 700 000 membres en 1950. À partir de 1975, le système de Parti-État est en place dans tout le Vietnam : centre de toutes les décisions, le Parti - rebaptisé Parti communiste vietnamien (PCV) en 1976 - est présent dans tous les appareils de l’État, dans l’armée et dans toutes les structures sociales, qu’il instrumentalise. Il se trouve du même coup investi par une myriade d’intérêts sociaux petits et grands et par les conflits qui les opposent. En 1996, il compte 1 932 000 membres et 36 360 organisations locales, mais ses effectifs sont très inégalement répartis : 56 % au Nord, 29 % au Centre et seulement 15 % au Sud, avec une très forte concentration dans les cinq provinces situées à la charnière du Centre et du Nord (20 % des membres pour 12 % de la population, huit membres du Bureau politique sur dix-neuf). En fait, il est surtout bien implanté dans la zone littorale qui va de la frontière de la Chine à Hué. S’il a aujourd’hui confisqué la totalité du politique, le PCV se trouve en fait souvent réduit à l’immobilisme par sa lourde bureaucratie interne et par le jeu conflictuel des intérêts informels, des clans et des clientèles qu’il rassemble.
Liens utiles
- La défaite de l'insurrection parisienne de juin 1848 -? la première grande bataille entre prolétariat et bourgeoisie ?- devait de nouveau, pour une certaine période, refouler à l'arrière-plan les revendications sociales et politiques de la classe ouvrière européenne. Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, traduction de Laura Lafargue, ABU, la Bibliothèque universelle
- ÉCRIT LORSQUE KARL MARX AVAIT 30 ANS, LE MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE EST UNE ¼UVRE DE JEUNESSE.
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- Maurice Thorez1900-1964Fils de mineur, descendu au fond dès l'âge de douze ans, entré au parti socialiste en 1919, en1920 il choisit le parti communiste et en gravit rapidement les échelons.
- Circulaire du Comité central du Parti Communiste chinois16 mai 1966Le