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PAPOUASIE OCCIDENTALE

À l’est de l’archipel indonésien, l’Irian n’appartient à l’Indonésie que depuis 1963. Lors du transfert de souveraineté des Pays-Bas à la République d’Indonésie en 1949, la question de la Nouvelle-Guinée occidentale est réservée pour être négociée à part. Le territoire était devenu néerlandais par un traité de 1872 passé avec le sultan de Tidore, l’Allemagne et l’Angleterre se partageant la moitié orientale de l’île de la Nouvelle-Guinée en 1885. Après la Grande Guerre, l’Australie a administré la moitié orientale de l’île jusqu’à son indépendance en 1975 (Papouasie-Nouvelle-Guinée). Devant l’échec des négociations après 1949, l’Indonésie de Sukarno fit de la libération de l’Irian l’un de ses principaux objectifs politiques. Elle frôla la guerre avec les Pays-Bas. Ces derniers restaient accrochés à ce vestige de leur empire dont ils avaient commencé à préparer l’indépendance ; ce n’est que sous la pression des États-Unis qu’ils acceptèrent en 1962 de le transférer à l’Indonésie après un an de tutelle de l’ONU. L’accord prévoyait une consultation des Papous. Elle eut lieu en 1969 ; entre-temps, le général Suharto avait remplacé Sukarno. L’« acte de libre choix » des Papous décidant l’intégration du territoire à l’Indonésie fut une parodie de consultation que l’opinion occidentale négligea. L'Organisation pour l’indépendance de la Papouasie (OPM, Organisasi Papua Merdeka) est créée en 1965. Sans grands moyens, les résistants attaquent pourtant les installations pétrolières de la Shell et, plus tard, celles de Freeport qui exploitent une énorme mine de cuivre et d’or aux monts Ertsberg et Grasberg. Ce vaste territoire (414 000 km2) au relief élevé (mont Cartensz, 4 884 m) est riche en ressources minérales et forestières. Les Papous, peu nombreux, divisés en de multiples clans, dont certains vivent encore comme à l’âge de pierre, se voient dépossédés de leur terre et de leurs richesses, victimes de la pollution minière, méprisés, tandis que la politique de transmigration menée par Jakarta provoque l’afflux de « colons » javanais, installés pour la plupart le long de la frontière avec l’État de Papouasie-Nouvelle-Guinée (qui occupe la partie orientale de l’île), où l’OPM pouvait chercher refuge. La répression militaire, brutale et sans nuances, a souvent opéré par bombardements. Les massacres ont été fréquents, toute manifestation en faveur de l’indépendance, comme le fait de hisser le drapeau papou, l’« Étoile du matin », entraînant la mort ou la prison. Une prise d’otages occidentaux en 1996 a donné quelque « publicité » au mouvement séparatiste. Après l’indépendance de Timor oriental, les Papous ont relancé leur revendication d’indépendance, niant toute légitimité à la consultation de 1969. Peu après sa nomination, le président indonésien Abdurrahman Wahid s’est rendu en Irian en décembre 1999, et il a présenté des excuses pour les atrocités passées, autorisé la province à s’appeler Papouasie, réaffirmé la liberté d’expression, mais il a aussi souligné que les négociations engagées ne pourraient porter que sur l’autonomie et en aucun cas sur l’indépendance. La répression militaire s’est poursuivie, traduction du conflit persistant au sommet entre pouvoirs civil et militaire.

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