Papen, Franz von (Werl, Westphalie, 1879 - Obersasbach, Bade-Würtemberg, 1969) ; homme politique allemand.
Papen, Franz von (Werl, Westphalie, 1879 - Obersasbach, Bade-Würtemberg, 1969) ; homme politique allemand.
Successeur de Brüning au poste de chancelier du Reich, il défend un gouvernement
autoritaire, monarchiste et antiparlementaire. Président du conseil d'administration de l'organe central Germania, il représente l'aile centriste à tendance très aristocratique ; officier d'état-major, cavalier passionné et membre éminent du « Club des Hommes », lieu où s'échangent des opinions conservatrices, il entre rapidement en relation avec Hindenburg et réussit à gagner sa confiance. Il doit sa nomination au général von Schleicher, qui espère faire un porte-parole docile de ce dilettante nouvellement apparu sur la scène politique, d'abord comme attaché militaire à Mexico et à Washington (1913-1915), puis comme député du centre à la Chambre des députés prussienne. Cette décision se révélera funeste dès le 1er juin 1932, lorsque P. entre au gouvernement, uniquement soutenu par les nationaux allemands et en désaccord avec son parti, très irrité par la chute de Brüning. Dès le 4 juin il dissout le Reichstag. Le résultat des nouvelles élections ne fait aucun doute et, le 31 juillet, elles marquent la fin d'un Reichstag à majorité républicaine ; les partis du centre essuient de sévères échecs tandis que les nationaux-socialistes deviennent le parti majoritaire du Reich avec 230 sièges sur 608. P. gouverne avec le seul soutien de Hindenburg, et forme un cabinet dont tous les ministres ont été remplacés par ses pairs, le fameux « cabinet des barons ». Le 20 juillet 1932, P. destitue le gouvernement prussien de Braun et Seve-ring et prend la direction des affaires politiques comme haut-commissaire du Reich, s'attirant ainsi l'hostilité des sociaux-démocrates. Il réussit à faire aboutir, lors de la conférence de Lausanne, l'annulation du paiement des réparations de guerre obtenue par Brüning, mais il échoue à réprimer le nazisme et à freiner l'accession au pouvoir de Hitler en le faisant entrer au gouvernement. Après quelques concessions (il lève l'interdiction pesant sur les SA, il offre le poste de vice-chancelier à Hitler), il décide finalement d'utiliser la force contre le nazisme et le communisme. En neutralisant le Reichstag, il tente avec autorité d'imposer une réforme de la Constitution, en faisant appel si nécessaire à l'armée et à la police, pour repousser la menace d'une dictature nazie. Mais ses plans sont contrecarrés par Schleicher, qui se sépare de plus en plus de P. à la suite de l'intégration ratée des nazis dans le gouvernement, et lui refuse le soutien de l'armée. Le 3 décembre 1932, Hindenburg se voit forcé contre son gré de le congédier. Le rôle que P. continue de jouer, après son départ, comme homme de confiance de Hindenburg, se traduit par la chute de son successeur Schleicher. Il organise la rencontre entre Hindenburg et Hitler (entrevue du 4 janv.) et soutient la candidature d'Hitler au poste de chancelier. En tant que vice-chancelier et haut-commissaire du Reich en Prusse, il surestime son influence et croit pouvoir garder le contrôle du nouveau gouvernement. Lorsqu'il reconnaît son erreur, il dénonce publiquement la montée du nazisme dans son célèbre discours de juin 1934 à Marbourg ; bien que deux de ses plus proches collaborateurs (Jung et Bose) trouvent la mort le 30 juin, pendant la Nuit des longs couteaux, il ne se retire pas complètement de la politique mais accepte le poste d'ambassadeur à Vienne, puis en Turquie. En 1946, il est acquitté lors des procès de Nuremberg, mais est condamné par la Chambre d'épuration à huit ans de travaux forcés, pour être finalement libéré en 1949.
PAPEN, Franz von (Werl, 1879-Obersasbach, 1969). Homme politique allemand. Ancien officier, député de l'aile droite du parti catholique (Zentrum) au Parlement de Prusse, il fut nommé chancelier par le maréchal Hindenburg (1932) et forma le « cabinet des barons ». Confronté à la grande dépression des années 30 et à l'agitation des nazis, il échoua et fut remplacé par le général von Schleicher. Mais le discrédit politique de son successeur incita von Papen à se rapprocher de Hitler et il manoeuvra pour lui faciliter l'accès au pouvoir. Vice-chancelier de Hitler (1933-1934), von Papen fut persuadé, comme beaucoup d'autres mais à tort, de pouvoir contrôler le Führer au sein du nouveau gouvernement. Face à l'intransigeance de Hitler, et scandalisé par l'épuration violente des SA (Sections d'assaut) lors de la Nuit des Longs Couteaux (1934), il démissionna. Ambassadeur à Vienne ( 1934-1938) puis à Ankara ( 1939-1944), il appliqua fidèlement la diplomatie nazie. Il fut jugé puis acquitté par le tribunal de Nuremberg en 1946. Voir Brüning (Heinrich).
Liens utiles
- Franz von Papen
- Ollenhauer Erich, 1901-1963, né à Magdebourg, homme politique allemand.
- Werner Jaeger1888-1961Cet helléniste allemand émigré aux États-Unis en 1936 a proposé une explication de la culturegrecque comme orientée toute entière (y compris dans sa culture politique) vers la réalisationd'un idéal d'homme.
- MARTINAUD-DEPLAT, Léon (1899-1969)Homme politique, il est président administratif du Parti radical-socialiste en 1948.
- MOLLET, Guy (1905-1975)Homme politique, il est secrétaire général de la SFIO de 1945 à 1969.