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PALISSOT DE MONTENOY Charles

PALISSOT DE MONTENOY Charles. Auteur comique et publiciste français. Né à Nancy, le 3 janvier 1730; mort à Paris, le 15 juin 1814. Fils d’un conseiller du duc de Lorraine, le jeune Palissot soutint à l’âge de treize ans une thèse de théologie ; il se préparait à entrer dans l’ordre de l’Oratoire lorsqu’une nouvelle et impérieuse vocation lui fît abandonner ses études pour venir à Paris en 1749, avec deux tragédies, Zarès et Ninus II. L’une d’elles, Ninus, fut jouée mais connut un échec. Incapable de se faire un nom par son œuvre personnelle, Palissot employa le reste de son existence à railler celle des autres. La brillante carrière de Palissot commence avec deux comédies satiriques, qui sont des pièces à clef, Les Originaux ou le Cercle (1755), et surtout Les Philosophes (1760), où il s’en prend à Diderot, J.-J. Rousseau, Helvétius et Duclos, sans toutefois oser attaquer Voltaire, alors trop puissant. C’était donner au public d’excellents prétextes pour se gausser de ces personnages qui l’inquiétaient et la vive riposte de Diderot dans Le Neveu de Rameau ne changea rien à l’affaire. Palissot n’en resta pas là. Comme il avait imité le Molière des Femmes savantes dans Les Philosophes, il prit modèle sur Pope pour composer la Dunciade ou la guerre des sots (1764), poème satirique en trois chants bientôt augmenté de sept autres. Palissot publia également des Petites Lettres contre de grands philosophes (1757) où il poursuivit insidieusement ce travail de sape auquel il avait consacré son talent, puis des Mémoires sur l’histoire de la littérature française, depuis François Ier jusqu’à nos jours (1771) où l’on trouve, plutôt que des jugements sûrs, quantité d’anecdotes et de détails. Mais le triomphe des idées nouvelles donna à Palissot plus de prudence, il sut se faire oublier pendant la Révolution et mourut administrateur de la Bibliothèque Mazarine.

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