PACIFISME
PACIFISME
Doctrine et attitude refusant l’emploi de la violence et des armes (« il n’y a pas de bonne guerre »), attachées prioritairement à la sauvegarde de la paix. Le pacifisme s’est aussi traduit, au xxe siècle, l’oppoosition aux armes nucléaires et l’objection de conscience (le refus de porter les armes et d’être incorporé dans l’armée). Les sources d’inspiration du pacifisme sont diverses. Certaines sont d’ordre religieux ou philosophique, d’autres de nature politique : cette tradition a ainsi influencé certains courants de l’anarchisme et du socialisme. L’Américain quaker Henri Thoreau (1817-1862), apôtre de la désobéissance civile, l’écrivain et moraliste russe Léon Tolstoï (1828-1910), le Français Aristide Briand et l’Américain Frank Kellogg (1856-1937), le Mahatma Gandhi, dont le nom reste associé à la doctrine de la non-violence, le Britannique Bertrand Russell, le pasteur américain Martin Luther King ont été, parmi bien d’autres, au nombre des inspirateurs ou des propagandistes du pacifisme.
Avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, le mouvement socialiste français, derrière Jean Jaurès, se proclamait pacifiste mais il n’en rejoignit pas moins majoritairement l’Union sacrée. De même, la majorité des sociaux-démocrates allemands votèrent les crédits de guerre, contre l’avis de la minorité révolutionnaire, animée notamment par Rosa Luxemburg.
Les espoirs et les illusions qui avaient été placés dans la SDN (Société des Nations) créée en 1919 pour préserver la paix furent déçus. Dans le camp communiste, la paix a été fortement instrumentalisée pour créer des organisations dénonçant sélectivement les « fauteurs de guerre » du camp occidental. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les attitudes pacifistes face au fascisme furent sévèrement jugées, ayant en de nombreux cas fait le jeu des oppresseurs.
Lors de la guerre du Vietnam, les mouvements pacifistes prirent une grande ampleur aux États-Unis, en Europe et au Japon. Ils pesèrent indiscutablement dans l’évolution du conflit par l’influence qu’ils exercèrent sur les opinions publiques.
Au tournant des années 1980, lorsque l’OTAN (Organisation de l’Alliance atlantique) a décidé de riposter au déploiement de missiles soviétiques SS-20 en Europe de l’Est par l’installation de Pershing-2 américains, d’imposantes manifestations tentèrent de s’y opposer. Le mouvement fut particulièrement puissant en Allemagne, sous l’impulsion notamment des écolo-pacifistes, en Grande-Bretagne à l’initiative du Comité pour le désarmement nucléaire (CND), en Italie et en Espagne (contre l’OTAN).