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OUÏGOURS

Peuple turc qui, après avoir fait partie de l'empire des Turcs orientaux, nomadisait au début du VIIIe s. au N.-E. de l'Altaï, dans la partie occidentale de l'actuelle Mongolie. Les Ouïgours prirent part à la révolte qui provoqua l'effondrement de l'empire des T'ou-kiue et ils s'assurèrent l'hégémonie sur la Haute-Asie de 745 à 840. Leur centre se trouvait dans la vallée du haut Orkhon, au site actuel de Kara-Balghasoun, près de Karakoroum, où ils établirent une capitale murée. Ils furent les fidèles alliés de la Chine des T'ang, et, après l'abdication de Hiuan-tsong, l'empereur Sou-tsong les appela à l'aide pour triompher des rebelles. Le roi (khagan) des Ouïgours, Moyen-tcho, descendit alors de Mongolie avec sa cavalerie et reprit Lo-yang aux rebelles (762). C'est au cours de cette expédition en Chine que les Ouïgours prirent contact avec le manichéisme (v.), dont le khagan Alp Koutlough (780/89) fit la religion d'État de son peuple. Le manichéisme fut chez les Ouïgours un facteur de civilisation et fit pénétrer chez eux des influences artistiques sino-iraniennes. Mais l'Empire ouïgour s'effondra brutalement en 840, avec l'irruption des Kirghizes venus de Sibérie. Une partie des Ouïgours se réfugia en Chine, dans le Kansou occidental, où ils maintinrent leur civilisation jusqu'au début du XIe s., date à laquelle ils furent soumis par des peuples tibétains ; mais la plus grande partie reflua vers le Turkestan oriental, où fut fondé un nouveau royaume ouïgour dans lequel dominèrent bientôt les influences du bouddhisme (v.) et du nestorianisme (v.). Ces Ouïgours se mirent, au XIIIe s., sous la protection des Mongols, mais ils furent absorbés au XVe s. par les Kalmouks. La majorité des habitants de la province chinoise du Sin-kiang parlent encore aujourd'hui la langue ouïgoure.

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