ORZESZKOWA Eliza
ORZESZKOWA Eliza. Femme de lettres polonaise. Née près de Grodno (Lituanie) le 25 mai 1842, morte à Grodno le 18 mai 1910. Elle se maria à seize ans, mais son union ne fut pas heureuse, et elle vécut intensément de tragiques années. La révolution de 1863 influa fortement sur son âme et sur sa vie, son mari ayant été envoyé en Sibérie d’où il ne revint jamais. L’année suivante, la libération des serfs attachés à la terre devait bouleverser l’ordre social de la Pologne. Eliza Orzeszkowa, avec une compréhension profondément humaine, fut de ceux qui l’approuvèrent sincèrement. Le premier ouvrage qui attira sur elle l’attention de la Pologne, Tableau des années de famine, palpite d’amour et de sympathie pour ceux qui souffrent. Ce fut aux abandonnés et aux malheureux qu’elle consacra son œuvre littéraire : aux Juifs méprisés, persécutés —Meir Ezofowicz, aux paysans — Le Paysan ,et surtout à sa patrie — Sur le Niemen [Nad Niemen], et Gloria victis, souvenirs de la révolution de 1863, publiés à la veille de sa mort. Eliza Orzeszkowa s’est également intéressée à la condition féminine — Dernier amour [Martha e Ostatnia milosé], préconisant son rachat et son émancipation. De 1897 datent Les Argonautes. Ayant toujours vécu en Lituanie, Eliza Orzeszkowa conserva toute son indépendance originale et sa fraîcheur de ton, et si, dans l’ensemble, elle fait partie de l’école positiviste, elle contempla cependant la réalité des conditions de la vie pour y apporter une lueur d’amour et d’espérance. Toute la Pologne célébra son jubilé littéraire, honorant à la fois son œuvre et sa grande âme.