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ORLÉANISTES

Nom donné aux partisans des princes de la famille d'Orléans. Depuis la réaction inaugurée à la mort de Louis XIV (1715) par le Régent, Philippe d'Orléans, les princes de cette famille sont devenus l'espoir de secteurs divers de l'opinion (grands aristocrates, parlementaires, financiers) opposés à l'absolutisme. À la faveur de la crise de l'Ancien Régime ouverte sous le règne de Louis XVI, le duc d'Orléans Philippe Égalité crut voir s'ouvrir devant lui la voie du trône. La part qu'il prit avec ses fils aux premières années de la Révolution valut après 1815 un regain de popularité à la maison d'Orléans. Durant le XIXe s., l'orléanisme apparut comme la meilleure solution moyenne à une bourgeoisie qui voulait voir consacrer définitivement ses conquêtes de la Révolution et en même temps s'inquiétait de la montée des classes populaires. La monarchie de Juillet (1830/48), en réprimant les insurrections républicaines et ouvrières et en favorisant les intérêts de la bourgeoisie d'affaires, dont elle flattait l'esprit voltairien par sa politique anticléricale, couronna ses vœux. L'idée bonapartiste de l'appel au peuple et de la dictature plébiscitaire rejeta les chefs de l'orléanisme dans l'opposition à Napoléon III, bien qu'une partie de leur clientèle se fût ralliée au second Empire. À l'Assemblée de 1871, les orléanistes se groupèrent d'abord autour de Thiers, particulièrement apprécié pour sa répression énergique de la Commune. Mais Thiers, dès nov. 1872, proclama son adhésion à la République, « gouvernement légal du pays ». Ce fut alors l'orléaniste Broglie qui souda la coalition des monarchistes pour abattre Thiers (24 mai 1873) et faire élire à sa place Mac-Mahon. À la mort du comte de Chambord (1883), une partie des légitimistes reconnut sans difficulté le comte de Paris comme seul héritier légitime, tandis que les anciens orléanistes abandonnaient de plus en plus nombreux la cause royaliste et trouvaient dans l'attitude du pape Léon XIII (v. RALLIEMENT) une justification pour adhérer à une République qu'ils désiraient conservatrice et protectrice de leurs intérêts.

ORLÉANISTES. Nom donné en France aux partisans du règne d'un membre de la famille des Bourbons d'Orléans. Philippe d'Orléans, cousin de Louis XVI qui prit le nom de Philippe Égalité, symbolisa l'orléanisme, c'est-à-dire la défense d'une monarchie constitutionnelle. Durant tout le XIXe siècle, l'orléanisme, par son caractère de « juste milieu » entre la réaction incarnée par les légitimistes et la tendance révolutionnaire, apparut comme le régime idéal pour une grande partie de la bourgeoisie qui souhaitait la consolidation définitive des acquis de la Révolution. La monarchie de Juillet incarna, par sa répression des luttes ouvrières et sa politique favorable à la bourgeoisie d'affaires, le modèle orléaniste. Hostiles au Second Empire, les orléanistes se regroupèrent au début de la Troisième République autour de Thiers puis, lorsque ce dernier fit connaître en 1872 son ralliement à la République, autour du duc de Broglie. Cependant, le refus, exprimé par le comte de Chambord - candidat à une restauration monarchique - d'adopter le drapeau tricolore, indigna les orléanistes qui se rallièrent finalement à la République conservatrice de Thiers. L'encyclique publiée par Léon XIII en 1892 et préconisant le ralliement à la République acheva d'intégrer les orléanistes au régime, et le monarchisme ne fut plus, à la fin du XIXe siècle, qu'un courant minoritaire. À partir de 1900, les positions de l'Action française de Charles Maurras en faveur d'un monarchisme autoritaire firent disparaître définitivement l'orléanisme.