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ORIANI Alfredo

ORIANI Alfredo. Écrivain italien. Né à Faenza le 22 août 1852, mort à Casola Valsenio le 18 octobre 1909. Après avoir fait des études juridiques, il se détourna du barreau malgré le désir de son père, et se consacra à la littérature. En 1876, sous le pseudonyme d’Ottone di Banzole, il publiait son premier roman, ouvrage parfois obscur, Mémoires inutiles [Memorie inutili]; vinrent ensuite Au-delà, des vers, Monotonies [Monotonie,1878] , des nouvelles, Graminées [1879] , et, en 1881, Non [No] : écrits inégaux quant à la forme, troubles quant au contenu, et dans lesquels l’auteur prend déjà, en partie, ce qui sera son attitude constante d’homme irrité et isolé, se rebellant contre son époque en une polémique désespérée tissue de soliloques et d’appels sans écho. Avec une fureur de plus en plus exacerbée par le manque d’approbations, il attaqua, dans Quatuor [Quartetto, 1883], le monde littéraire et politique ainsi que le positivisme régnant alors; il menait, à la même époque, une vie solitaire. Il ne se désintéressait point cependant des affaires publiques et fit paraître, en 1892, après quatre années de préparation, l’œuvre la plus importante de sa pensée, La Lutte politique en Italie. En 1894, afin de démontrer qu’il était capable d’égaler les romanciers russes, il s’essaya à un roman de sujet russe, L’Ennemi, auquel firent suite, en 1894 aussi et en 1896, deux de ses ouvrages les mieux réussis et les plus réputés aujourd’hui, Jalousie [Gelosia] et Défaite. Le problème de la mort, dont il fut perpétuellement obsédé, lui inspira, en 1899, Tourbillon, roman qui est parmi ses meilleurs et dans lequel est décrite, non sans puissance dramatique, la dernière journée d’un homme avant son suicide. Il donna ensuite, en 1902, un recueil d’écrits variés, Ombres du couchant, le roman Holocauste, et, en 1904, un livre de nouvelles, Or, encens et myrrhe. Mais sa passion politique ne désarmait pas. Elle lui inspira La Révolte idéale [ 1908]. L’année suivante, un essai reconnaissant pleinement la valeur de son œuvre, inséré par Benedetto Croce dans La Critica, jetait les bases de cette large renommée à laquelle Oriani avait aspiré de manière maladive, mais qui ne devait commencer à lui sourire que dans les derniers mois de sa vie, lorsque, atteint d’une maladie de cœur, précocement vieilli et plus que jamais dégoûté de l’existence, il marchait à grands pas vers la tombe. Pendant le fascisme qui enfla l’importance d’Oriani jusqu’à l’invraisemblable et se complut, contre toute vérité, à voir en lui son précurseur, ses œuvres complètes furent éditées en trente volumes. Sa correspondance est sous presse.

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