Databac

ORFF Carl

ORFF Carl. Compositeur allemand. Né à Munich le 10 juillet 1895. Son activité se partage entre l’éducation, des travaux de musicologie et la composition proprement dite. Sa méthode d’éducation musicale, la « schulwerk » ou méthode active, remonte à 1924. Elle est basée sur la découverte de la musique par les enfants au départ de la pratique, et notamment de la rythmique, bien plus que de la théorie, c’est-à-dire du solfège et de l’harmonie. Le succès de cette méthode a été et reste important. Orff a été un des premiers à s’intéresser à l’œuvre de Monteverdi. Nous lui devons trois adaptations de l'Orfeo (1925, 1931, 1940), et d’autres œuvres du même maître. Quant à son œuvre de compositeur, nous n’en connaissons qu’une partie, l’auteur ayant volontairement détruit toute sa production antérieure à 1936. Depuis cette date, il s’est livré à la composition d’opéras, ou plutôt, suivant son expression, de « théâtre musical ». Sur ses neuf opéras, les trois plus célèbres ont été regroupés sous le titre collectif de Trionfi. Il s’agit des Carmina Burana (1937), sur des poèmes d’étudiants médiévaux contestataires, des Catulli Carmina (1943), sur des poèmes de Catulle, et du Trionfo d’Afrodite (1952), sur des textes de Catulle, Sapho et Euripide. La technique musicale employée par Orff dans ces trois œuvres est étonnamment primitiviste : une répétition incantatoire de textes chantés sur des accords simples, coupés en fragments courts, interrompus parfois par une phrase en solo à caractère mélismatique, répétés sur un rythme dont le tempo va en s’accélérant jusqu’à l’inévitable crescendo final. Le rôle de l’orchestre est réduit à celui d’un énorme instrument de percussion. L’effet dramatique de cette méthode n’est pas niable; son caractère musical est beaucoup plus discutable. Dans ses œuvres plus récentes, tel le Prome-theus (1968) d’après Eschyle, Orff semble encore réduire le rôle de la musique pour n’arriver plus qu’à une diction scandée par l’orchestre.

Liens utiles