ordre
ordre, l’un des sept sacrements du catholicisme, institué par Jésus-Christ, et qui confère les fonctions ecclésiastiques de la prêtrise. Ce sacrement est ineffaçable et ne se reçoit qu’une fois. Il est donné aux clercs après une longue préparation où les différentes étapes sont appelées «ordres» ou «degrés de la hiérarchie ecclésiastique ». Il y a quatre ordres mineurs (portier, lecteur, exorciste, acolyte) et trois ordres majeurs (sous-diaconat, diaconat, sacerdoce). Dans la terminologie catholique, les vœux solennels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance caractérisaient les ordres religieux, à la différence des congrégations où l’on n’exige que des vœux simples. Les grands ordres monastiques et les ordres mendiants jalonnent toute l’histoire de l’Église ; ils ont joué un très grand rôle dans les diverses civilisations chrétiennes (monachisme). Les ordres de chevalerie du Moyen Age avaient tous un but religieux.
ORDRE
Une des idées fondamentales de l’intelligence, qui paraît universellement rebelle au chaos et à l’aléatoire, en privilégiant en tous domaines la disposition rationnelle, que ce soit dans l’espace et dans le temps, par l’emploi des nombres et des séries ou dans la société elle-même.
On nomme plus particulièrement : ordre logique l’enchaînement des propositions ou des idées selon les règles de la déduction. Descartes fait de son respect un des éléments de la méthode ; ♦ ordre mathématique l’existence, dans une série de termes homogènes, d’une relation transitive asymétrique. Exemple : la suite des nombres entiers ; ♦ ordre social l’ensemble des lois et institutions qui doivent garantir l’équilibre d’un groupe et sa durée. Le terme s’utilise également pour désigner un ensemble d’êtres ou de faits, auquel on attribue une valeur particulière (ordre de la nature, ordre de la grâce). On notera qu’un sens polémique peut apparaître lorsqu’il s’agit, en faisant allusion à certaines théories socio-politiques ou morales, d’y déplorer un attachement exclusif à l’ordre, qui empêche toute modification ou évolution.
Ordre
Du latin ordo, « rangée », « succession », « arrangement », « classe ».
- Disposition, organisation conforme aux exigences de la raison. - En mathématiques, relation entre les éléments d’un ensemble, qui associe à chacun de ceux-ci un rang par rapport à tous les autres (exemple : la suite des entiers naturels). - Ordre social : stabilité des institutions politiques, paix civile.
• « Conduire par ordre mes pensées », tel est le troisième précepte de la méthode énoncée par Descartes. Pour qu'un raisonnement puisse être valide, il faut en effet que les propositions qui le composent s'enchaînent rigoureusement, « comme par degrés », les unes aux autres.
• Si la science classique nous a légué l'image d'une nature soumise à un petit nombre de lois simples et immuables, la science contemporaine privilégie au contraire l’étude des phénomènes « chaotiques » (tourbillons d’un cours d'eau, changements météorologiques, etc.), dans lesquels l'ordre peut naître du désordre, et réciproquement.
ORDRE, n. m. (du latin ordo, ordinis, « rang, classe, succession, bon ordre).
1° Disposition d’ensemble présentant une structure, un agencement naturel ou organisé, une cohérence dont l’esprit peut reconnaître ou rechercher le principe d’organisation ou de distribution. L’ordre peut être spatial (alignement, rangée, figure géométrique) ou temporel (succession dans le temps, ordre «chronologique»); naturel (l’ordre du cosmos, les lois de la physique) ou social (l’ordre public, les relations entre catégories de personnes, l’organisation en classes sociales); concret (le rangement d’une pièce, d’une maison; la distribution des espèces vivantes) ou abstrait (l’ordre alphabétique, l’ordre de la phrase, l’ordre d’un discours, l’ordre d’une pensée, la logique d’une science, la méthode d’une recherche); descriptif (constatation d’un ordre naturel des choses, dans les divers domaines de la réalité) ou normatif (prescription ou recherche d’une organisation idéale, d’un principe d’ordre, d’un bon ordre : ordre social — centré sur la sécurité, ordre logique — centré sur la raison, ordre esthétique — centré sur la beauté, ordre moral — centré sur le bien). Dans ce premier sens général du mot «ordre», on peut observer le partage entre le domaine de la Nature et celui de la Culture (voir ces mots) : l’ordre est à la fois ce que l’esprit humain observe dans l’organisation du monde et ce que l’esprit humain produit ou hiérarchise dans les divers aspects de la civilisation.
2° Catégorie, classe, élément distingué dans la distribution d’ensemble observée précédemment. Dans ce second sens, ce qu’on appelle l’ordre n’est plus l’ensemble organisé ou «ordonné», mais l'une des parties spécifique (liée aux autres) de cet ensemble. Par exemple, dans les distinctions mêmes que nous venons d’opérer dans le paragraphe précédent, nous avons utilisé des notions qui sont elles-mêmes des «ordres» dans ce second sens: l'ordre spatial (par opposition à l’ordre temporel), l’ordre concret (car ce qui est abstrait n’est pas «du même ordre»), l’ordre esthétique (par opposition à l'ordre moral). Précisons bien ici la distinction, car une expression comme l'ordre esthétique joue déjà sur les deux sens du mot ordre : c’est à la fois 1° la recherche du meilleur ordre dans le domaine esthétique 2° le domaine esthétique (l’ordre du beau) par opposition aux autres domaines. Dans ce second sens du mot ordre (catégorie, classe), on trouvera par exemple les ordres de la société française sous l’Ancien régime : la noblesse, le clergé, le tiers état tordre social, au sens n° 1, se compose ainsi de trois ordres, au sens n° 2); les diverses catégories professionnelles comme «l’ordre des avocats», «l’ordre des médecins»; les différents styles architecturaux que sont «l’ordre ionique, l’ordre dorique et l’ordre corinthien»; la plupart des «catégories» que l’esprit établit pour connaître ou analyser la réalité, en «ordonnant» le monde en différents domaines. C’est ainsi que Pascal, pour hiérarchiser les différentes dimensions de la vie dans lesquelles l’homme doit progresser, distingue trois ordres fondamentaux : l’ordre de la chair (qui regroupe les biens matériels, le luxe, le pouvoir, les apparences sensibles), l’ordre de l’esprit (qui est centré sur les réalités intelligibles, la recherche des lumières de la science) et l’ordre de la charité ou de l’amour (centré sur la sagesse, la dimension surnaturelle de la vie humaine, en relation avec Dieu).
3° Impératif, injonction, commandement (donné par une autorité). L’ordre qu’on donne, dans ce sens, est en particulier illustré par la vie militaire. À vos ordres, mon capitaine! Ne nous en étonnons pas : l’ordre au sens d’organisation, l’ordre au sens de distinction entre classes (entre les niveaux hiérarchiques), semblent essentiels à la discipline militaire. Ceci nous fait comprendre le lien qui existe entre les divers sens du mot ordre: si l’on donne des «ordres», des «mots d’ordre», c’est pour maintenir l’ordre, c’est par amour de l’ordre. Double sens qu’on retrouve dans le verbe ordonner (1° mettre en ordre ; 2° commander).
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