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ORDALIE

Épreuve judiciaire (en germ. Urtheil, jugement), en usage chez les peuples germaniques. L'ordalie reposait sur une conception magique qui laissait à la décision de Dieu le jugement entre le coupable et l'innocent. Elle n'était cependant pas la seule preuve admise par la procédure. Celle-ci s'efforçait d'abord d'obtenir l'aveu, les déclarations des témoins et connaissait en outre le serment purgatoire : mais ce serment n'était permis qu'aux hommes libres, et, d'autre part, l'adversaire avait le droit de le contester. En ce cas, il fallait recourir aux ordalies. Il y en avait de deux sortes : les ordalies unilatérales, auxquelles l'accusé se soumettait seul (par exemple il s'infligeait une blessure profonde, par un fer rouge ou par l'eau bouillante ; sa main était mise sous scellés, et si, trois jours après, la plaie était en voie de guérison, il était déclaré innocent) ; les ordalies bilatérales, qui opposaient l'accusateur et l'accusé (la plus connue était le duel judiciaire, qui se répandit surtout à partir du VIe s., et où le vainqueur était censé avoir prouvé son accusation ou son innocence). L'Église a voulu déraciner l'ordalie, puis elle a essayé de régulariser et de christianiser les épreuves en les associant de bénédictions, d'une messe et d'une communion de l'accusé. Cependant, les ordalies restèrent largement en usage jusqu'au XIe s. et ne disparurent qu'après leur condamnation par le IVe concile du Latran (1215).

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