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ODON de Cluny saint

Deuxième abbé de Cluny. Il dut à ses relations familiales de devenir à dix-huit ans chanoine de Saint-Martin de Tours. Il rejoignit vers 909, à l'abbaye de Baume (-les-Messieurs), l'abbé Bernon, fondateur de Cluny. Il devint abbé de Cluny à sa mort (927), et c'est à lui que le monastère dut son premier et décisif essor. Odon fut chargé en 929 de réformer Romainmôtier, dans le Jura, puis Charlieu (930), Saint-Géraud d'Aurillac, Saint-Martial de Limoges, Saint-Martin de Tulle, Saint-Pierre-le-Vif de Sens et Fleury. En 931, un privilège du pape Jean XI l'avait autorisé à placer sous son autorité les monastères réformés. Cluny devenait ainsi un des principaux alliés de la papauté dans l'oeuvre de redressement de l'Église, et Odon fut amené à trois reprises à se rendre en Italie (936, 938, 942) pour servir de médiateur dans les luttes de factions qui agitaient Rome. Il en profita pour introduire la réforme clunisienne dans plusieurs monastères italiens.

Odon ; abbé de Cluny [927-942].

O. succède au premier abbé de Cluny, Ber-non [909-927]. Ce dernier, issu d’une famille noble de Bourgogne, est d’abord entré à Saint-Martin d’Autun. Formé là à la Réforme, Bernon est allé ensuite la répandre à Baume-les-Messieurs puis a sur ses propres terres fondé l’établissement de Gigny (v. 890). Il dirige Baume, Gigny, Mouthier-en-Bresse et Saint-Lothain, sans compter Déols et Massay, quand il est appelé à Cluny, que vient de fonder le duc d’Aquitaine et comte de Mâcon Guillaume le Pieux sur un domaine (909 ou 910). O. (ou Eudes) est né vers 879 en Touraine, d’une famille noble qui a des liens avec Guillaume le Pieux, au service duquel il a été dans sa jeunesse. Mais il entre assez vite à Saint-Martin-de-Tours où il étudie. Passé à Paris, il suit l’enseignement de Remi d’Auxerre. Revenu à Tours, il en est l’écolâtre. En 905, il décide de se retirer du monde et s’installe à Baume. Il y reçoit la prêtrise (v. 910) et en devient l’écolâtre. En 924, il est contraint par une querelle interne de partir de Baume pour Cluny. En 927, il est élu abbé et béni par l’archevêque de Besançon. Durant les quinze années de son abbatiat, il fait preuve d’une grande autorité et d’un dynamisme certain pour propager la réforme monastique. Il s’impose par sa culture et ses talents d’écrivain. Il laisse en effet des Epitome, des conférences, des sermons, un récit de la translation du corps de saint Martin en Touraine et surtout une Vie de Géraud d’Aurillac. Il s’applique à faire confirmer la protection pontificale sur Cluny : Jean X (928), Jean XI (931) et Léon VII (936-937) accordent des privilèges. Surtout, il étend l’influence de Cluny : Romainmoutier, Charlieu lui sont confiés. Il introduit parallèlement la réforme dans de grands monastères comme Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire), Saint-Allyre de Clermont, Saint-Sauveur de Sarlat, Saint-Cybard d’Angoulême, Saint-Julien de Tours, Saint-Pierre-le-Vif de Sens et Lézat. Il se rend plusieurs fois à Rome. Il intervient à Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-sur-l’Aventin mais il échoue à Farfa, où ses envoyés sont repoussés avec violence. A Cluny même, le domaine s’étend. Lorsqu’il meurt à Saint-Julien de Tours, il a donné à Cluny un prestige certain.

Bibliographie : M. Pacaut, L’Ordre de Cluny, 1986.

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