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NOVATIEN

NOVATIEN. Antipape et hérésiarque latin. Né en Italie, à Rome peut-être, il vécut dans la première moitié du IIIe siècle ap. J.-C. Selon Socrate, historien de Constantinople, Novatien aurait subi le martyre en Asie Mineure, pendant les persécutions de Valérien, en 258. Ordonné prêtre par le pape Fabien, il ne tarda pas, grâce à sa culture, à son éloquence et à son austérité, à acquérir au sein de la communauté romaine une position telle qu’il ambitionna la succession à l’évêché de Rome lorsque mourut saint Fabien, l’une des premières victimes des persécutions de Décius. Mais contrairement a l’attente générale ce fut Cornélius qui fut élu. Novatien, appuyé par une partie de la communauté romaine, déclara alors l’élection de Cornélius illégitime et se fit consacrer évêque de Rome, donnant ainsi naissance à un nouveau schisme. Les partisans de Novatien furent appelés « novatiens » — mais ils se donnèrent le nom des purs, en raison de leur conception rigoriste de la pureté ecclésiastique. Condamné par un concile tenu à Rome, leur mouvement ne s’en répandit pas moins rapidement à Rome, Constantinople, Antioche et Alexandrie; il résista pendant environ quatre siècles en Asie Mineure, en Égypte, en Grèce. Novatien fut le premier chrétien romain à avoir écrit exclusivement en langue latine. De sa vaste production, dont parle saint Jérôme, il nous est parvenu Sur la nourriture des Juifs et De la Trinité, son œuvre principale. Les deux lettres envoyées par la communauté romaine à saint Cyprien, à l’occasion de la controverse avec les dissidents carthaginois sur les « lapsi » envers lesquels Novatien se montra assez sévère, sont sûrement de lui. L’attribution des deux traités Des spectacles [De spectaculis] et Des bienfaits de la pudeur [De bono pudicitiae] demeure incertaine; certains les croient encore de Cyprien.