NIZÀM-UL-MULK
NIZÀM-UL-MULK. Abu ‘Ali l-Hasan ibn ‘Ali ibn Ishâq (également surnommé Qïwâm ad-Dîn et Radï Amïr al-mu’minïn). Écrivain turco-persan, né le 10 avril 1018 à Râdkân (près de Tous, en Khorassan), mort assassiné le 14 octobre 1092. Après avoir exercé à Ghazna un emploi dans l’administration locale, il entra au service des Seldjoukides d’abord à Balkh, puis à Merv, au moment de la plus grande puissance de cette dynastie turque. Vers 1056, il fut nommé vizir par Alp Arslân, prince du Khorassan, et c'est probablement à cette époque qu’il reçut le titre honorifique, qui lui convenait si bien, de « Nizâm ul-Mulk » (Ordre du Royaume). De nouveau vizir losque le trône impérial fut occupé par ce même Alp Arslân, on ne saurait dire si, en fait, ce fut le souverain ou son ministre qui dirigea l’Etat, dont la politique consistait alors essentiellement à utiliser les forces toutes neuves des tribus turques qui, de l’Asie centrale, déferlaient sur l’Azerbaïdjan et l’Anatolie. Alp Arslân étant mort en 1072, Nizâm ul-Mulk demeura vizir, et fut en outre tuteur (atâbeg) du nouveau souverain, Malikshâh, âgé de dix-huit ans. Impitoyable et ferme en ce qui concernait la défense du pouvoir, il laissa à d’autres le soin de mener les campagnes et les expéditions militaires. Sous son gouvernement, les Seldjoukides firent en 1076 la conquête de Jérusalem, événement qui est à l’origine du mouvement des croisades franques. Nizâm ul-Mulk s’attacha surtout à régler l’administration de l'Etat turc; c’est ainsi notamment qu’il parvint à sédentariser les turbulentes tribus, à garantir la sécurité des routes et à promouvoir la prospérité économique. Il protégea les savants, notamment le célèbre théologien Al-Ghâzzâli, et fonda de nombreuses écoles coraniques supérieures (madrasa), dont la plus fameuse, à Bagdad, garda son nom. Pendant les dix dernières années de sa vie, le pouvoir de Nizâm ul-Mulk fut compromis par les efforts d’émancipation de Malikshâh, puis par les complots d’un favori et de l’une des épouses du souverain, qui voulait assurer la succession à son propre fils. Enfin, le sac de Bassora par les Qarmates en 1090, et le siège d’Alamüt par la secte des Assassins ruinèrent son prestige. En 1092, il fut tué, tandis qu'il quittait Bagdad pour regagner la capitale Ispahan, par un sicaire déguisé en soufi, probablement émissaire des Assassins, ou des milieux de la cour qui lui étaient hostiles. Ce représentant de la plus haute culture persane sut organiser en un grand empire structuré les forces barbares des envahisseurs turcs. Nizâm ul-Mulk se plaignait d’ailleurs de la lenteur de leur adaptation aux exigences d’un État évolué, et c’est cette difficulté qui fut la cause principale du déclin rapide de l’empire seldjoukide après la mort de ce grand ministre. Le fameux traité de morale politique intitulé Siyâset Namé, achevé l’année même de sa mort, est son testament politique, et la conclusion de la longue expérience.
ALP ARSLAN Mohammed ibn Daoud (* vers 1030, † au Turkestan, nov. 1072) 2e sultan seldjoukide (1064/72). Neveu et successeur de Toghroul Beg, il régna sur toute la Perse, conquit la Géorgie et l'Arménie où il fit prisonnier l'empereur byzantin Romain IV Diogène (bataille de Manzikert, 19 août 1071). Après avoir conquis la Syrie, il franchit l'Oxus pour s'emparer du Turkestan, où il mourut. Son fils Malik Chah poursuivit ses conquêtes.