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NIWA Fumio

NIWA Fumio. Romancier japonais. Né le 23 février 1904, dans le département de Mié, d’une famille de desservants bouddhiques. Il est encore enfant lorsque sa mère abandonne le foyer familial. Ce fait le marquera profondément, orientant une grande partie de son œuvre autour du thème de la mère coupable, qui nourrira aussi bien sa première nouvelle publiée, L’Automne [Aki, 1926] que la grande autobiographie romancée de l’âge mûr, Le Blé qui lève (1953). Après des études de littérature japonaise à l'Université Waseda, à Tôkyô, au cours desquelles il publie déjà en abondance dans plusieurs revues estudiantines, il ne parvient pas à trouver d’emploi, et se voit contraint, sans grand enthousiasme, à retourner occuper près de son père des fonctions d’officiant. Il n’en continue pas moins à écrire, et le succès de La Truite [Ayu, 1932] décide, à vingt-huit ans, de sa carrière littéraire. Il quitte alors définitivement le monastère ancestral pour poursuivre à Tôkyô une activité de romancier tourmenté par une sensualité assez trouble, où l’obsession de la mère adultère — L ’Embonpoint [Zeiniku, 1935] — le dispute à la fascination des bars du quartier de Ginza, qui fourniront le décor d’un certain nombre de romans de mœurs : parmi ces derniers, La Verte saison [Wakai kisetu] paraîtra en 1936 sous forme de feuilleton dans l’important journal Asahi, et assurera à son auteur une audience qui ne s’est plus jamais démentie. Vient la guerre, qu’il vivra à partir de 1942 dans les services d'Information de la Marine. Pour l’écrivain assez facile qu’était devenu Niwa, bâtissant à l’intention d’un très large public des intrigues amoureuses assaisonnées d’un zeste de scandale, l’expérience du combat, puis celle de la défaite et de ses séquelles matérielles et morales, fut l’occasion d’une prise de conscience, et le point de départ d’une seconde manière, marquée cette fois par une plus large préoccupation à l’égard du monde moderne, voire par une tendance au réformisme social : s’interrogeant dans Le Blé qui lève sur la place des religieux dans la société contemporaine, il dénonce dans Le Serpent et la Colombe (1952) l’imposture des sectes nouvelles, plaide dans L’Age ingrat (1947) pour la prise en charge des vieillards, et dans Vagabondage (1955) pour un système plus généreux de Sécurité sociale. S’il n’est pas certain que l’intérêt littéraire ait été en la matière à la hauteur de la hardiesse et de la justesse des vues, Niwa n’en a pas moins continué à bénéficier de l’appui enthousiaste d’un public dont il sut souvent exprimer le souci profond. Reconnu par ses pairs comme par ses lecteurs, il est admis en 1964 à l’Académie des Arts, et prend en 1965 la direction de la Société japonaise des Gens de Lettres.