Nicias, homme d’État (Athènes v. 470-Syracuse 413 av. J.-C.).
Nicias, homme d’État (Athènes v. 470-Syracuse 413 av. J.-C.).
Cet homme, d’une riche famille, était profondément religieux, modéré, généreux, et brillait par l’éclat de ses richesses, qu’il savait distribuer sans ostentation. Après la mort de Périclès, le parti aristocratique le poussa en avant et il parvint à de hautes fonctions tout en se faisant aimer du peuple malgré sa position politique. Secondé par sa sagesse et sa prudence, ne choisissant que ce qu’il se croyait sûr de réussir, il s’empara de Cy-thère (424), enleva l’îlot de Minoa et le port de Niséa aux Mégariens, d’où il ravagea le territoire de Corinthe. Ennemi de Cléon, il était cependant partisan de la paix avec les Spartiates. Comme il avait abandonné à Cléon le commandement de l’expédition contre les Spartiates installés dans l’îlot de Sphactérie, près de Pylos de Messénie, la réussite de cette expédition lui porta tort aux yeux des Athéniens, mais la mort et la défaite de Cléon à Amphipolis tourna les esprits vers la paix. Nicias fut chargé de la préparer, et Sparte et Athènes signèrent en 421 la paix qui porte son nom. La guerre se ralluma bientôt et, en 415, Alcibiade fit voter l’expédition de Sicile ; Nicias fut chargé de la commander avec Alcibiade aussitôt rappelé à Athènes. Il dut assumer seul le commandement lorsque son autre collègue Lamachos fut tué. Ses indécisions causèrent sa perte; n’ayant pas osé attaquer rapidement, malgré quelques victoires et sa vigilance infatigable, il éprouva des défaites qui abattirent le moral de ses troupes, lui-même devant lutter contre la maladie. L’arrivée de renforts avec Démosthène ayant trop tardé, il ne put rétablir la situation. Il dut se décider à la retraite, mais ses hommes furent presque tous massacrés par les Syracusains au passage de l’Asinaros, et lui-même capturé et mis à mort.
Général et homme politique athénien. Fils de Nicératos, l'un des plus riches citoyens d'Athènes, qui avait acquis sa fortune dans l'exploitation des mines d'argent du Laurion, il fut un des chefs du parti aristocratique. Après la mort de Périclès, il mena l'opposition contre le démagogue Cléon. Plusieurs fois élu stratège, il remporta divers succès. Foncièrement modéré, il cherchait une issue diplomatique à la guerre du Péloponnèse : après la mort de Cléon (421), il réussit à conclure avec les Spartiates une paix blanche, connue sous le nom de paix de Nicias, par laquelle les deux adversaires devaient se restituer mutuellement leurs conquêtes et leurs prisonniers. Fidèle à sa politique pacifique, Nicias s'opposa à la politique ambitieuse inspirée par Alcibiade. N'ayant pu empêcher l'expédition de Sicile, il accepta paradoxalement d'en être un des chefs, sans doute afin de surveiller Alcibiade. En automne 415, il vint mettre le siège devant Syracuse, mais finit par se laisser encercler et dut se rendre avec le reste de son armée. Les Syracusains le mirent à mort.
Nicias (v. 470-413 av. J.-C.) ; homme d’État et chef militaire athénien.
Après la mort de Périclès (429), la politique athénienne est divisée en deux tendances. L’une plutôt belliciste, proche du dèmos et adversaire de Sparte s’incarnerait dans Cléon. L’autre, plutôt pacifiste, modérée et traditionaliste, fait de N. son porte-parole. Fils aîné de Nikératos, riche aristocrate (des mines d’argent dans le Laurion), estimé pour son intégrité, sa piété et sa prudence, il pourra, en remplissant de nombreuses liturgies et en pratiquant une politique de largesses, gagner les faveurs du dèmos : plusieurs fois il est élu stratège. Son prestige ne paraît pas avoir été ébranlé par le succès du coup de main de Cléon sur Sphactérie (425), à cause duquel il s’était retiré du commandement. En revanche, lorsque Cléon échoue (424, défaite à Délion contre les Béotiens ; perte d’une grande partie de la Thrace au profit du Spartiate Brasidas), N. conclut un armistice avec Sparte (423). Après la dernière offensive malheureuse tentée par Cléon en Thrace (mort en 422 devant Amphipolis), cet armistice conduit en 421 à la conclusion du traité qui porte son nom (« la paix de Nicias ») et qui met fin à la première partie de la guerre du Péloponnèse. Ses contemporains eux-mêmes (Thucydide) la jugent illusoire. N., attaché au maintien de la paix, se bat alors dans sa patrie pour que soient mises en œuvre les clauses de la paix : elles confirment à Athènes le maintien de ses possessions antérieures à la guerre du Péloponnèse ; elles retirent à Sparte sa prépondérance ; elles envisagent même une alliance défensive avec l’ancien adversaire. Parallèlement, Alcibiade réussit à convaincre le peuple d’Athènes de conclure un accord avec les ennemis de Sparte (Argos, Corinthe, Élis et Mantinée), autrement dit de défaire ce qu’avait entrepris N. Après la défaite de cette coalition à Mantinée (418), Alcibiade essaie de restaurer le prestige d’Athènes par une nouvelle intervention en Sicile, c’est-à-dire par une grande expédition contre la colonie corinthienne de Syracuse. En vain, N. souligne les dangers encourus, et s’oppose à cette aventure. Contre sa volonté, il est élu avec Alcibiade et Lamachos à la tête du corps expéditionnaire qui, mis sur pied avec beaucoup de difficultés, gagne la Sicile en 415. Malgré l’absence du soutien promis à Athènes par son alliée Ségeste, en 414, le destin de la ville de Syracuse, encerclée de tous côtés, paraît scellé, mais l’année 413 apporte un changement soudain. La volte-face d’Alcibiade provoque l’envoi de renforts Spartiates qui, sous le commandement de l’habile Gylippe, pressent durement les Athéniens affaiblis par le manque de ravitaillement. Lamachos ayant été tué au cours d’un accrochage, N. se retrouve seul stratège à la tête d’une expédition qu’il avait désapprouvée. Il demande son rappel. On lui envoie des renforts conduits par Démosthène. Ils échouent dans l’assaut de la ville. N. refuse de rembarquer, puis retarde son départ à cause d’une éclipse de lune, un mauvais présage. La flotte athénienne est détruite par une sortie syracusaine. Reste un espoir : se replier dans le sud de l’île. La retraite s’achève sur le fleuve Asinaros par une déroute complète. Les Athéniens, capturés, disparaissent dans les carrières de Syracuse (Latomies). Démosthène et N. sont mis à mort. Ses contemporains se sont laissé émouvoir par le sens du devoir de N. et par sa mort courageuse, même s’il n’a pas été à la hauteur, ni comme homme politique, ni comme soldat et qu’il se soit rendu coupable d’indécision.
NICIAS (v. 470 ?-Syracuse, 413 av. J.-C.). Stratège et homme politique athénien. Il se distingua durant la guerre du Péloponnèse et négocia la paix de Nicias (421 av. J.-C.) avec Sparte. En 415 av. J.-C., il fut avec Alcibiade l'un des chefs de l'expédition contre Syracuse, qu'il avait condamnée, et périt dans le désastre. Voir Péloponnèse (Guerre du).
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