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NASSAU

Ancien duché de l'Allemagne occidentale, qui s'étendait au N. du Main et à l'E. du Rhin ; capitale Wiesbaden. Après la mort d'Henri le Riche (1255), cette maison se divisa en deux grandes lignes : a) la ligne Walramienne, fondée par Walram II (†  1276), qui régna sur le comté puis duché de Nassau jusqu'en 1866 ; à cette date, le duché de Nassau fut annexé par la Prusse ; b) la ligne Othonienne, issue d'Othon Ier, frère de Walram II, qui acquit au début du XVe s., diverses possessions hollandaises (dont Breda), et, en 1530, la principauté d'Orange, dans le midi de la France. Cette ligne, connue désormais sous le nom d'Orange-Nassau, joua un grand rôle dans l'histoire des Pays-Bas à partir de Guillaume le Taciturne (†   1584). L'arrière-petit-fils de ce dernier, Guillaume III d'Orange, marié en 1677 à la fille de Jacques II d'Angleterre, chassa son beau-père par la révolution de 1688 et devint roi d'Angleterre. Le titre de prince d'Orange est à la ligne collatérale de Nassau-Diez, qui règne sur les Pays-Bas depuis 1747.

Capitale des Bahamas. Les accords de Nassau furent conclus entre le président Kennedy et le Premier ministre britannique Macmillan le 21 déc. 1962 : le Royaume-Uni acceptait de recevoir les fusées américaines Polaris, ce qui liait désormais étroitement la force nucléaire britannique à l'industrie américaine. Dans la pensée de Kennedy, ces accords devaient être une première étape vers la constitution d'une force nucléaire intégrée, la « force multilatérale » (MLF), à laquelle les Européens eussent participé à tous les niveaux, jusqu'à la décision d'emploi. Ce projet rencontra l'opposition du général de Gaulle, qui considérait que la « force multilatérale » était incompatible avec le principe de l'indépendance nationale, et qui vit, dans les accords de Nassau, la preuve que l'Angleterre n'était pas vraiment « européenne » mais continuait à privilégier ses liens avec Washington.

Nassau, Jean-Maurice de (Dillenburg 1604-Bergenthal, Clèves, 1679); chef de guerre et homme politique allemand au service des Provinces-Unies. Fils du comte Jean VIII de Nassau-Dillenburg, il entre en 1621 au service de la Hollande. Il se distingue aux sièges de Grol (1626) et de Maastricht (1632). Sa carrière prend un tour décisif quand il est choisi pour gouverner les établissements de la Compagnie des Indes occidentales au Brésil. Il s’y révèle à la fois un conquérant et un organisateur. En effet il fait main basse sur presque toutes les possessions des Portugais et sauvegarde les routes de la traite des Noirs en envoyant une expédition en Afrique qui permet à la Hollande de gagner la Guinée. En 1638 il assiège Bahia. La flotte hispano-portugaise, qui essaie de le déloger en 1640, échoue. En 1643 il tente vainement une expédition au Chili. Il stimule aussi le développement économique du Brésil, en particulier dans le domaine vivrier. Il réclame des renforts. En vain. Ses vues d’homme d’Etat sont trop vastes pour la compagnie de commerce dont il dépend. Il rentre en Hollande en 1644 puis il passe au service du Brandebourg. Il devient Statthalter de Clèves, Mark et Ravensberg (1647), conclut en 1661 le traité entre le Brandebourg et l’Angleterre. Avec le titre de feld-maréchal il participe à la lutte contre Louis XIV (1672-1674), se distingue à Senef (août 1674) et devient gouverneur d’Utrecht. Quand le stathouder Guillaume III est mis à la tête des armées, il préfère démissionner et retrouver la vie civile.

Bibliographie : F. Mauro, Le Brésil du XVe à la fin du XVIIIe siècle, 1977, p. 105-131.

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