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NAGADA

Nom d'un site de Haute-Égypte, à 28 km au nord de Louxor, sur la rive occidentale du Nil, où furent découvertes, à la fin du XIXe s., quelque 2 200 tombes de l'époque prédynastique et qui a donné son nom aux brillantes civilisations de cette période. L'époque de Nagada est en effet divisée en trois phases : Nagada I ou Amratien (4000-3500 av. J.-C.), Nagada II ou Gerzéen (3500-3300 av. J.-C.) et Nagada III ou Sémainéen (3300-3100 av. J.-C.). Nagada I, en Haute-Égypte, s'inscrit dans le prolongement de la culture de Badari (v. ÉGYPTE. Préhistoire). Elle fut l'héritière des chasseurs-cueilleurs qui considéraient l'agriculture comme un complément de ressources et non pas comme une activité de production à part entière justifiant un habitat permanent. Nagada I propulsait au sommet de la hiérarchie des différents groupes humains les chasseurs les plus habiles dont elle exaltait les prouesses. Ce fut ainsi que cette culture engendra rapidement une différenciation sociale dont témoigne le matériel funéraire très inégal d'une tombe à l'autre. Parallèlement à Nagada I se développa, dans le Delta ou Basse-Égypte, la culture de Maadi-Bouto, élaborée par une société beaucoup plus égalitaire de cultivateurs-éleveurs sédentaires. Bien ancrée dans une économie de production, cette culture était ouverte aux influences du Proche-Orient et notamment de Palestine d'où furent importés le cuivre et un modèle de maisons en partie souterraine, ainsi qu'à quelques importations de Haute-Égypte. Sous Nagada II, à partir de 3500 av. J.-C., émergèrent en Haute-Égypte, les centres de pouvoir de Hiérakonpolis, Nagada et Abydos, qui imposèrent leurs traditions, leurs mœurs et leurs croyances de la pointe du Delta, au N., à la première cataracte, la frontière naturelle, au S., en même temps qu'ils adoptèrent, comme le Nord, une économie agricole et reléguèrent la chasse au rang de passe-temps de l'aristocratie. Sous Nagada III se poursuivit l'évolution amorcée au début du IVe millénaire av. J.-C. qui trouva son aboutissement avec la naissance de la royauté, puis de l'État, et avec l'unité politique préparée par l'unification culturelle. Les chefs des principautés rivales de Haute-Égypte finirent par se soumettre, sans doute à la fois par le jeu des alliances et par la violence, à l'autorité unique de l'un d'entre eux, originaire de la ville de This : Ménès (v.)/Narmer. Ce roi fut précédé par les représentants de la dynastie « 0 », terme choisi par les égyptologues pour qualifier des souverains qui jouirent d'une autorité incontestable, attestée par le luxe de leur tombe, mais dont on ignore cependant les limites géographiques et la durée. Ce fut au cours de cette période que, pour noter le nom de ces premiers rois, les Égyptiens inventèrent l'écriture hiéroglyphique. Les premières traces en furent découvertes dans la tombe royale Uj du cimetière d'Umm el-Qaab en Abydos ; elles remontent à 3300 av. J.-C. La naissance de l'écriture eut pour corollaire celle de l'art pharaonique dont elle inspira bien des conventions.