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MYCÉNIENNE

Nom donné à la civilisation qui s'étendit sur une grande partie du monde égéen au bronze récent (ou helladique récent), entre 1600 et 1100 av. J.-C., et qui eut pour principal centre Mycènes (v.). Elle fut l'œuvre de l'aristocratie achéenne, un groupe d'envahisseurs venus des Balkans au début du IIe millénaire. Les Achéens entrèrent très tôt en relations avec les Crétois, comme en témoigne le riche mobilier funéraire trouvé dans les deux cercles de tombes à fosse de Mycènes (vers 1600/1500) et les tombes monumentales à tholos des rois de Mycènes aux XVe/XIVe s. avant notre ère. Mais les Achéens, se lançant à leur tour dans les entreprises maritimes, ont dominé les Crétois ; c'est à leur invasion qu'on attribue la ruine de la civilisation minoenne, vers 1450/1400. À la thalassocratie crétoise succéda une hégémonie maritime achéenne qui développa une activité commerciale mais aussi de pillage et de piraterie. Aventuriers et commerçants ont exercé leurs activités de la Syrie du Nord à la Sicile et l'Italie du Sud. Plusieurs villes ont alors témoigné de la puissance et de la richesse accumulée par les Achéens, comme Tirynthe et Pylos. Mais la grandeur de Mycènes a fait préférer le qualificatif de « mycénien » pour désigner cette civilisation dont la guerre de Troie (v.) fut peut-être la plus grande entreprise, au XIIIe s. av. J.-C. Elle a disparu au XIIe s., victime, comme tout le monde égéen et le Proche-Orient, des invasions des Doriens et des mouvements des Peuples de la Mer (v.). L'architecture mycénienne s'est caractérisée par sa massivité et sa puissance comme en témoigne la porte des Lionnes, à Mycènes, l'acropole de Tirynthe et les tombes à hautes chambres funéraires faites de blocs appareillés (tombes à tholos) ; les palais, dont la pièce principale est le mégaron, avec un foyer central correspondant à une ouverture du toit, devaient paraître d'une grande rusticité en comparaison des palais crétois aux centaines de pièces. Nos connaissances viennent des résultats des fouilles, de la lecture prudente des textes homériques postérieurs de quelque trois siècles à la fin du monde mycénien, enfin des tablettes d'argile où sont gravés des textes d'intérêt économique, dans l'écriture dite linéaire B.