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MUSÉE

Les Grecs appelaient musée (mouséion) un sanctuaire des Muses et, par suite, les endroits où les muses étaient honorées parce que l'on s'y occupait de lettres, de sciences ou d'art. Le musée d'Alexandrie, fondé par Ptolémée II (roi d'Égypte 285/246 av. J.-C.), était un centre culturel où les littérateurs et les savants étaient entretenus aux frais de l'État, prenaient leurs repas en commun, disposaient de salles de travail, de jardins et de portiques pour se promener en devisant, ainsi que d'un parc zoologique, d'un observatoire et d'une immense bibliothèque. Les musées, au sens actuel du mot, sont une création moderne. Dans l'Antiquité, des œuvres d'art étaient exposées dans les temples et les bâtiments publics, non pour satisfaire la pure curiosité artistique mais d'abord pour honorer les dieux ou célébrer la gloire de l'État. Au Moyen Âge et surtout à partir de la Renaissance, les papes, les rois et les grands eurent aussi leurs collections, qui furent à l'origine des plus célèbres musées d'Europe ; mais, jusqu'au XVIIIe s., les œuvres d'art rassemblées étaient réservées au plaisir de leur possesseur et de ses intimes. En 1759, on exposa à Londres les collections scientifiques et artistiques que venait de léguer au Parlement sir Hans Sloane, médecin célèbre : ce fut l'origine du British Museum. En France, de 1750 à 1785, le public fut admis à visiter une partie des collections royales exposées au palais du Luxembourg. La Révolution voulut faire du Beau le patrimoine de tous, et, en 1793, la Convention décida de transformer le Louvre en un « muséum des Arts » ; deux ans plus tard, s'ouvrit le musée des Monuments français, qui rassemblait surtout des objets provenant des églises désaffectées et parfois sauvés du vandalisme révolutionnaire.

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