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MONTAGNARDS

Nom donné par des journalistes, d'abord par dérision, à des députés de la Législative connus pour leurs opinions extrémistes et qui siégeaient sur les plus hauts bancs de l'assemblée. Les Montagnards ne formèrent jamais un groupe homogène et organisé. On y trouvait des hommes d'origines et de caractères très divers, idéalistes sincères ou aventuriers, avocats, journalistes, aristocrates ralliés à la Révolution, prêtres défroqués... Leur recrutement social était proche de celui des Girondins ; ils n'avaient pas de programme économique et social et ne songeaient nullement à supprimer la propriété ; ils représentaient, au contraire, la moyenne bourgeoisie d'acquéreurs de biens nationaux, dont la fortune était désormais liée à celle de la Révolution. Mais, à la différence des Girondins, les Montagnards, lors des élections à la Convention, qui eurent lieu en sept. 1792, bénéficièrent surtout des suffrages parisiens. D'abord peu nombreux (environ une centaine de députés sur 749), ils furent amenés à s'appuyer sur les sections parisiennes et les clubs pour intimider leurs adversaires, et à adopter certaines revendications populaires. Les Montagnards les plus célèbres furent Collot d'Herbois, Barras, Fouché, Billaud-Varenne, le peintre David, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Le Bas, Couthon, Saint-Just ; les grands chefs de la « Montagne » furent trois députés de Paris, Robespierre, Danton et Marat. Après avoir éliminé la Gironde (2 juin 1793), les Montagnards, dont le nombre s'était grossi par le ralliement de nombreux hommes du centre et même de Girondins, commencèrent à se déchirer entre eux. Robespierre triompha des hébertistes et des dantonistes (mars/avr. 1794), mais c'est au sein de la Montagne que se forma le complot qui aboutit à sa chute (9 thermidor an II, 27 juill. 1794).



MONTAGNARDS. Nom donné lors de la Révolution française aux députés de l'Assemblée législative de 1791 siégeant sur les bancs les plus hauts de l'Assemblée (la Montagne). Favorables à la République, dominés par Danton, Marat et Robespierre, ils connurent leur apogée au printemps de 1793 avec 300 députés à la Convention, pour la plupart élus de Paris et des grandes villes. Hostiles à la monarchie, favorables à une démocratie centralisée, les montagnards, proches de la petite bourgeoisie, s'appuyèrent sur les sans-culottes et combattirent les girondins, représentants de la bourgeoisie aisée, qu'ils finirent par évincer du pouvoir (juin 1793). Dominant la Convention et le Comité de Salut public, ils imposèrent une politique de Terreur et éliminèrent les Enragés favorables à Hébert et les Indulgents proches de Danton. Après la chute de Robespierre et de ses partisans (9 Thermidor), les montagnards tentèrent de s'opposer à la Convention thermidorienne. Sous la Deuxième République, les députés de l'extrême gauche (Barbés, Ledru-Rollin) reprirent le nom de Montagne pour désigner leur groupe politique. Voir Convention montagnarde.

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