MÔNS
Peuple mongol de l'Asie du Sud-Est, qui, dès le milieu du Ier millénaire de notre ère, était établi en basse Birmanie, avec pour principal centre Thaton, à l'embouchure du Sittang. Ils subirent profondément l'influence du brahmanisme indien et du bouddhisme du Petit Véhicule. Au VIIe s., ils formaient dans tout le bas Ménam le royaume hindouisé de Dvaravati, qui avait sa capitale à Lobpuri. Les Môns fondèrent au début du IXe s. une nouvelle capitale à Pegu. En 1057, le roi birman de Pagan Anawratha, s'étant emparé de Thaton, qui avait refusé de lui communiquer une collection du Tripitaka bouddhiste, déporta à Pagan quelque 30 000 Môns. Cet événement devait avoir une influence capitale sur le développement de la culture birmane ; les Môns conquirent les Birmans au bouddhisme du Petit Véhicule ; les Birmans adoptèrent l'alphabet môn et le pali devint leur langue sacrée. Avant même la chute de Pagan, les Môns se libérèrent dans la seconde moitié du XIIIe s. Leur nouveau royaume, dont la capitale fut à Martaban, puis à Pegu, connut de grandes heures sous la direction de chefs énergiques tels que Wareru (1287/96), Binnya U (1353/85) et Razadarit (1385/1423) ; en relations régulières avec l'Inde, la Malaisie, l'Indonésie et la Chine, il fit rayonner le message du Petit Véhicule dans toute l'Asie du Sud-Est. La lutte des Môns contre les Birmans se poursuivit sans trêve jusqu'au XVIIIe s. En 1740, ils réussirent à ressaisir leur indépendance, mais en 1757, ils furent complètement écrasés par le chef birman Alaungpaya. La civilisation môn ne se releva jamais de ce désastre.