MONROE James
Homme politique américain. Élu en 1816, il devint le cinquième président des États-Unis (1817/25). Son message au Congrès du 2 déc. 1823 définit la doctrine, dite de Monroe, qui stipulait que les États européens ne devaient pas intervenir sur le continent américain et que les États-Unis n'interviendraient pas dans les colonies européennes ni dans les conflits entre les États européens. Cette doctrine, qui fut momentanément abandonnée lors des interventions américaines dans les deux guerres mondiales, servit le développement de l'influence nord-américaine en Amérique latine et justifia encore les interventions à Cuba et à Saint-Domingue, à la Grenade et au Panamá.
Monroe, James (Westmoreland County, Virginie, 1758-New York 1831) ; président des États-Unis [1817-1825].
Quand il est élu cinquième président des Etats-Unis en 1816, M., partisan et ami personnel de Jefferson, a déjà derrière lui une longue mais cependant modeste carrière de diplomate et d’homme politique. Issu d’une famille de propriétaires fonciers de la Virginie, il interrompt ses études de droit pour participer à la guerre d’indépendance où il est blessé. Élu à vingt-quatre ans à la Chambre des représentants de la Virginie, il en est sénateur républicain de 1790 à 1794. En 1796, il est rappelé de son poste d’ambassadeur en France à cause de son attitude par trop francophile ; ses autres missions diplomatiques, exception faite des négociations pour l’acquisition de la Louisiane en 1803, restent peu convaincantes. Mais dans son État de Virginie, où il est deux fois gouverneur, il se taille malgré tout une place solide sur la scène politique, qui lui permet d’être nommé secrétaire d’État aux Affaires étrangères et durant la guerre contre l’Angleterre, à la Guerre dans le cabinet de Madison dont il constitue la personnalité la plus marquante. Après les déchirements qui accompagnent la guerre contre l’Angleterre (1812-1814), où il fait preuve d’énergie et de décision, ses deux mandats de président représentent une période de calme en matière de politique intérieure, si l’on excepte la brouille résultant de constantes divergences avec John Marshall, président de la Cour suprême. La menace de conflit à propos de l’extension de l’esclavage aux territoires de l’Ouest est repoussée à la génération suivante, grâce à la frontière tracée par le compromis du Missouri en 1820. En politique extérieure, l’achat de la Floride à l’Espagne (1819) précède la reconnaissance des républiques d’Amérique du Sud (1822). Un traité régule durablement les relations avec le Canada. Craignant que la Sainte-Alliance ne veuille soumettre à nouveau en Amérique du Sud les colonies récemment libérées, et devant les visées expansionnistes de la Russie sur la côte pacifique, le président M., dans son message annuel au Congrès de décembre 1823, prend clairement position contre toute nouvelle entreprise coloniale européenne en Amérique et contre les tentatives des puissances européennes pour transférer leur régime monarchique aux Etats américains. Par ailleurs, il renonce explicitement à intervenir dans les colonies déjà existantes et proclame la neutralité de principe des États-Unis dans toutes les guerres européennes. Cette déclaration, qui répond aux besoins d’une situation politique concrète et dont le secrétaire d’État aux Affaires étrangères John Quincy Adams est le principal auteur, devient sous le nom de « doctrine de Monroe » un des fondements de la politique extérieure américaine ; si les restrictions que les États-Unis s’imposent sont abandonnées dès la fin du XIXe siècle, la mise en garde contre toute ingérence étrangère dans les affaires du continent américain a encore cours aujourd’hui. La « doctrine » attachée au nom de ce président diligent et consciencieux, mais nullement exceptionnel, ne contient aucun élément qui soit réellement nouveau. Elle est importante dans la mesure où elle résume les principes de politique extérieure de Washington ainsi que la conviction d’une réalité distincte de l’Europe, et donne ainsi forme à l’affirmation de la jeune nation. M. quitte la présidence en 1825, à l’issue d’une visite triomphale de La Fayette. Il devient juge de paix, recteur de l’université de Virginie, et membre de la Convention constitutionnelle de Virginie qu’il préside. Il meurt à New York en 1831.
Bibliographie : D.K. Bruce, Les Présidents des USA de G. Washington à A. Lincoln, 1789-1863, trad. fr., 1954, p. 169-188.
MONROE, James (Monroe's Creek, Virginie, 1758-New York, 1831). Homme politique et président républicain des États-Unis (1817-1825). Il est resté célèbre pour le principe, qu'il développa au Congrès en 1823, de la non-intervention de l'Europe dans les affaires du continent américain (doctrine Monroe). Ami de Jefferson, député puis gouverneur de la Louisiane (1799-1802), il fut élu 5e président des États-Unis (1816) puis réélu en 1820. Sa présidence fut marquée à l'intérieur par l'apaisement des luttes entres fédéralistes et républicains, période de stabilité qu'on a appelée « l'ère des bons sentiments ». La question de l'esclavage qui commençait à opposer États du nord et du sud fut temporairement résolue par le compromis du Missouri (1820). À l'extérieur, la Floride fut rachetée à l'Espagne ( 1819) et les États-Unis reconnurent les nouvelles Républiques sud-américaines. Voir Fédéraliste (Parti), Indépendance de l'Amérique latine.